Salta et Cachi, calme et verdure en altitude

Route Salta-Cachi

Arrivés il y a deux jours à Salta, principale ville du nord-ouest argentin. Salta la linda (« la belle »), comme l’appellent les Argentins. Il est vrai que la ville, au coeur de la première route commerciale établie par les Espagnols au seizième siècle, a gardé de la période coloniale une architecture distinctive. Etonnant aussi d’arriver dans une « autre Argentine », qui commence à ressembler davantage à la Bolivie (ou l’idée que nous nous en faisons !) qu’au reste du pays : on monte progressivement en altitude (1 200 mètres), la population est nettement plus métissée et même la cuisine change : si les parrillas restent bien présentes, ce sont désormais les locros, humitas et tamales qui ont la vedette sur les cartes des restaurants.

Route Salta-Cachi

Un bus solide mais rustique

Mais ce qu’on aime surtout à Salta, c’est qu’on y retrouve un calme et un air pur qu’on avait perdus depuis la Patagonie. Buenos Aires et Cordoba, nos deux dernières étapes, étaient particulièrement agitées et plutôt bétonnées. Très agréable donc, mais ce n’est qu’une première étape puisque nous partons le lendemain pour Cachi, petite bourgade perdue dans les montagnes à 2 300 mètres d’altitude et environ 130km de Salta. Le voyage en bus dure quatre heures, soit une prometteuse moyenne d’environ 32km/h…. Arrivés de bonne heure à la gare routière, nous retrouvons une ambiance perdue depuis l’Asie du sud-est. Le bus est, comment dire, rustique, les gens s’entassent dans la carcasse aux vitres pleine de buée et une invraisemblable quantité de colis vient bientôt nous y rejoindre, dont une pile d’exemplaires du quotidien local que le chauffeur se chargera de distribuer à notre arrivée !

Route Salta-Cachi

Route Salta-Cachi, pause café

Par chance, nous sommes assis juste derrière le chauffeur, ce qui nous confère une relative tranquillité et surtout la possibilité de prendre quelques photos. Et cela en vaut la peine, tant les paysages de montagne que nous traversons sont exceptionnels. Notre vieux bus gravit tant bien que mal les lacets (plus de mille mètres de dénivelée tout de même !) et les paysages changent lentement sous nos yeux : plaines d’un vert intense, puis cactus gigantesques sur fond de roches rouges, auxquels succèdent des vallées pelées, puis des pâturages verdoyants et enfin une vallée lunaire aux roches multicolores. Entre temps, nous nous sommes arrêtés pour une pause café au milieu des chiens et des poules. Enfin un peu de dépaysement, et surtout un des plus beaux paysages depuis le début du voyage !

Trajet Salta-Cachi - que regardent-ils ?

Cachi le week-end

Le village de Cachi, où nous arrivons les reins broyés en fin de matinée, est lui aussi un complet dépaysement. Minuscule, il ne manifeste quasiment aucune activité en dehors de sa place centrale où les rares touristes somnolent aux terrasses de ses deux cafés pendant que les locaux bavardent ou jouent -pour les enfants- à l’ombre des arbres. Surtout, la siesta prend ici tout son sens, et ce qui ne s’est pas fait le matin devra attendre la fin de journée : commerces et office du tourisme affirment fièrement rouvrir à 16 heures mais à l’usage, ils le font quand ils en ont envie, et en aucun cas avant 18 ou 19 heures ! C’est alors que le village reprend vie : la température redevenue tolérable, les enfants sortent jouer, les commères commérer et les hommes prendre l’apéro…

Cachi

Route Salta-Cachi

D’abord saisis d’un étrange sentiment de vide après l’animation des étapes précédentes, nous sommes très vite apaisés par l’ambiance tranquille et nous mettons au rythme du village : assis à une terrasse où nous goûtons pour la première fois au mate de coca -excellent pour lutter contre les effets de l’altitude-, nous observons le lent déroulement de la vie locale. De l’arrivée du journal à la préparation d’un banquet en passant par la messe, l’apéro ou la réunion des supporters du club de foot, chaque événement prend une importance accrue. Non qu’il ne se passe rien, il se passe simplement une chose à la fois. Contrairement aux grandes métropoles où les sollicitations constantes incitent regard et attention à papillonner d’une scène à l’autre sans s’arrêter sur aucune, on peut ici poser son regard sur des choses plus anodines et prendre le temps de les suivre, regarder des interactions se développer, comprendre qui est qui dans le village… Une sorte de film au ralenti où on connaît moins vite la fin de l’histoire, mais où on remarque tous les détails amusants, étonnants ou parfois croustillants invisibles dans la version normale…

Plateau aux environs de Cachi

Trajet Salta-Cachi

Un vécu plus « qualitatif » facilité également par la proximité : lorsqu’une marche de trente mètres suffit à réserver un ticket de bus contre deux heures aller-retour à Buenos Aires, on a beaucoup plus de temps pour se détendre, réfléchir et surtout faire travailler son imagination… Plus facile à énoncer qu’à mettre en place au quotidien, mais une réflexion instructive et deux jours vraiment différents dont nous avons pleinement profité !

Plateau des environs de Cachi

En conclusion, la seule difficulté de ce petit séjour aura été de photographier les cactus sur la route. En neuf mois de voyage, nous avons appris à photographier un peu de tout pendant nos trajets en bus, à éviter tant bien que mal les reflets des vitres et même à prendre en compte la vitesse du bus pour déclencher au bon moment. Les montagnes, les maisons en bord de route, les chiens errants, les panneaux de signalisation, les couchers de soleil et les scènes à l’intérieur du bus, rien ne nous échappe. Mais le cactus, c’est vraiment un monde à part : si on ne zoome pas assez, il se fond dans le paysage et la photo est ratée ; si on zoome trop, le cactus tout en hauteur refuse de rentrer dans le cadre.. En plus, son temps de passage dans le viseur est très rapide puisqu’on doit cadrer verticalement – à peine entré dans le cadre, déjà disparu… Un vrai casse-tête ! Pas grave, on devrait pouvoir photographier des cactus stationnaires dans le désert de l’Atacama – on vous tient au courant !

© Anne and David Placet and https://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

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