Carnet de route patagonien, deuxième partie : eaux turquoise, chocolats et chalets suisses à Bariloche

Pampa au départ de Buenos Aires
Bariloche, première étape de notre périple patagonien. Ou plutôt deuxième en fait, tant l’incroyable trajet en bus depuis Buenos Aires (22 heures de pur confort, de détente et de paysages superbes) est déjà une étape à lui tout seul ! Après avoir testé toutes sortes de moyens de locomotion au cours de notre voyage, nous étions curieux, en embarquant vers 15 heures du terminal de Retiro, de voir si les bus argentins allaient être à la hauteur de leur excellente réputation.
Environs de Bariloche
Mission pleinement accomplie entre fauteuils confortables et entièrement inclinables, plats chauds, whisky et champagne pour le dîner, service sympa à bord et surtout une grande impression de sécurité avec des chauffeurs se relayant régulièrement et roulant tranquillement. Les bus australiens, avec leurs sièges préhistoriques et leurs chauffeurs surmenés devant s’arrêter trois quarts d’heure en plein milieu de la nuit pour se shooter au café (douze heures de trajet sans être relayé, ça use), sont bien loin !
On retrouve en fait le meilleur du voyage : aucune sollicitation extérieure hormis le paysage et suffisamment de confort pour être agréablement installé – le contexte idéal pour se détendre et réfléchir aux choses auxquelles on ne se donne habituellement pas le temps de penser. Après une excellente nuit et des paysages de plus en plus exceptionnels à l’approche de Bariloche, on arrive plus reposés que jamais, juste à temps pour le déjeuner !

Lac des environs de Bariloche

Environs de Bariloche

Vallée de Bariloche du Cerro Campanario

Retour au sujet après ce bref intermède : Bariloche, paisible station de sports (essentiellement) d’hiver située à 1 700 km au sud de Buenos Aires et au pied des Andes, est surnommée « la Suisse argentine » par les Argentins. Fondée en 1902 à l’initiative d’un Chilien d’origine suisse, « San Carlos de Bariloche » de son nom complet s’est réellement développée à partir des années 1930 avec l’arrivée du chemin de fer et le début d’un programme architectural ambitieux visant à donner à la ville un style alpin avec des bâtiments en pierre et en bois.

Beaucoup de vent...

Aujourd’hui, la ville vit essentiellement du tourisme, principalement des sports d’hiver (Cerro Catedral est une des principales stations de ski d’Argentine) mais aussi de la pêche à la truite et au saumon et de la randonnée autour des sept principaux lacs de la région. Pour une raison inconnue, c’est également l’endroit choisi par les étudiants argentins pour célébrer leurs examens ; ce qui met régulièrement un peu d’ambiance dans les boîtes de nuit de la ville (apparemment, ils se lèvent trop tard pour aller skier)… Difficile d’imaginer des hordes d’étudiants avinés déferler dans ce gros bonbon paisible qui dissout incongrûment l’originalité argentine dans une netteté et un conservatisme tout helvétiques, mais bon…

Lac Nahuel Huapi

Et notre séjour ? Pour la première fois en huit mois, nous n’avons vraiment pas été gâtés par le temps et il a plus tous les jours sauf un ! La bonne nouvelle est que quand il fait beau, les paysages, que nous avons pu observer du haut d’un des cerros (collines) environnants, sont réellement majestueux. Lacs d’un bleu turquoise somptueux contrastant avec le vert des forêts environnantes, air pur et chemins très préservés du parc national Nahuel Huapi : promenade superbe. Quand il fait moins beau par contre, ressortent les côtés les plus artificiels des stations de sports d’hiver : locaux invisibles dans le centre-ville, commerces et attractions entièrement dédiés aux touristes et ambiance étrange de restaurants à fondue et de magasins de vêtements de montagne.

Après-midi pluvieuse

Pas grave, on a pris les choses du bon côté et on s’est amusés à vivre au rythme de la ville en empruntant ses bus fous et surchargés, en testant les offres des chocolatiers (l’autre spécialité de la ville avec le ski et la truite) et en allant prendre un café à l’hôtel Llao Llao (prononcez chao chao), hôtel de luxe pompeux commis dans les années 1930 par l’architecte Alejandro Bustillo, qui a donné à la ville son architecture de « chalets suisses ». L’emplacement est aussi exceptionnel que l’intérieur est grand-guignolesque, avec des couloirs sombres qui rappellent le film Shining, agrémentés de bois de cerf sans doute destinés à impressionner les touristes américains🙂

Lac Nahuel Huapi

Rencontre étonnante sur un télésiège

Voilà, on a finalement beaucoup marché sous la pluie pour éliminer les 5 000 calories quotidiennes du petit déjeuner, version culinaire de la fusion argentino-germanique (apfelstrudel, alfajeros et croque-monsieur dans le même repas, ça laisse des traces !), et échapper aux vicieux conducteurs de bus locaux. Et si l’aspect faussement alpin de la ville peut paraître légèrement frelaté, les environs semblent vraiment exceptionnels lorsque le temps est correct – à voir donc si vous êtes dans les environs !

Suite de ce carnet de route dans quelques jours avec El Calafate et le glacier Perito Moreno…

© Anne and David Placet and https://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

4 Réponses to “Carnet de route patagonien, deuxième partie : eaux turquoise, chocolats et chalets suisses à Bariloche”

  1. Toujours de belles photos, des commentaires à la hauteur qui donnent envie …. de plus lorsque l’on est provisoirement quelque peu insomniaque et cloué dans son fauteuil.

    Continuez Bises à tous les deux

    • anneetdavid Says:

      Ravi de pouvoir distraire tes nuits d’insomnie – on espere vraiment que tu vas maintenant voir le bout de tout ça (vivement vendredi !) et que tu gambaderas à nouveau très vite !
      Bises à tous les deux, a&d

  2. Message pour David

    Ces lacs magnifiques peuplés de magnifiques truites et saumons …
    David, pas envie de tenter ta deuxième expérience de pêche à la première. La première doit remonter à près de 30 ans et s’est soldée par une grosse prise …. un hameçon fiché dans mon index.
    Mais tu ne dois pas t’en souvenir !
    A bientôt

    • anneetdavid Says:

      C’est vrai que je n’ai pas de souvenir direct de ce moment (dommage – j’aurais pu contacter le Guinness des Records !), mais ça a du me marquer parce que la pêche ne m’a jamais tentés, même dans des eaux aussi superbes. A bientôt !

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