Buenos Aires – Retour vers le présent

Après notre involontaire interruption chinoise pour cause de censure, nous nous étions promis de vite rattraper le décalage entre notre itinéraire et les articles que nous publions sur le blog. Mais nous nous sommes tant passionnés pour notre destination suivante, le Japon, que nous sommes toujours en train de poster sur ce pays au moment où nous arrivons en Amérique Latine après avoir parcouru l’Australie…

 Ce décalage commence tout de même à nous faire bizarre et, après quelques semaines mouvementées où nous avons eu peu de temps pour poster, il est temps de vous faire partager des nouvelles plus fraîches ! Nous sommes donc à Buenos Aires depuis quelques jours jours, point de départ des quatre à cinq derniers mois de notre voyage qui devraient nous voir visiter l’Argentine, le Chili, la Bolivie et le Brésil (et si on arrive à glisser le Pérou…). Nous tentons tant bien que mal de nous remettre du colossal décalage horaire (quatorze heures, une première pour nous !) entre Sydney et BA et une bonne partie de notre énergie y est passée ces derniers jours.

Comme on se sent de mieux en mieux et que nous avons tout de même bien parcouru la ville (qui, comme nous pour l’instant, ne dort jamais !), voici ci-dessous les premiers qualificatifs qui viennent à nos esprits encore embrumés après quelques jours de visite :

 

  • Bonne vivante : dès notre première sortie, nous avons été frappés par la quantité impressionnante de restaurants, de cafés et de pâtisseries. Il y en a absolument partout, on y prend son temps et ils sont pleins à longueur de journée. Nous nous habituons doucement à voir des porteňos attablés pour un café et une pâtisserie à huit heures du soir, histoire de couper l’après-midi en deux… Nourriture fraîche et goûteuse, vin, bière et café excellents, pourquoi se hâter ?

  • Patinée : pour la première fois depuis bien longtemps, nous retrouvons une architecture ancienne et des endroits qui portent la marque du temps. Immeubles superbes mais parfois décrépits, patine des tables, des cuivres et des sols carrelés de cafés centenaires, trottoirs cabossés, ça fait du bien !

  • Nocturne : petit déjeuner pas avant 8 heures, déjeuner à 14-15 heures, dîner à 22-23 heures, et tango ou boîte de nuit jusqu’à 5 heures du matin pour les plus en forme : la ville dort très rarement (ça tombe bien, nous non plus depuis une semaine !) et les horaires d’ouverture de certaines institutions s’en ressentent : les musées ouvrent rarement avant quatorze heures en semaine, pour fermer vers 20 ou 21 heures. On s’adapte !

  • Passionnée : après la retenue des Japonais et le coté faussement détendu des Australiens, c’est amusant de retrouver des gens qui gesticulent en parlant, expriment leurs émotions et des amoureux qui s’embrassent fougueusement dans les parcs ! Et puis il y a le tango, qui fait marcher le tourisme local mais semble aussi réunir un large éventail de passionnés de tous âges. Les photos ci-dessous évoquent l’aspect « professionnel » (démonstration au marché du dimanche à San Telmo) et la vidéo l’aspect plus populaire  (ambiance dans un bar d’habitués du quartier populaire de Boedo) :

Photos : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157622615087562/detail/

 

  • Gourmande et sucrée : plus encore que les cafés, la densité des pâtisseries est hallucinante. Il y en a partout, qui proposent toute une gamme de media lunas (croissants) et de beignets à la crème sucrée. Ceux-ci font leur apparition dès le petit-déjeuner en compagnie de l’incontournable dulce de leche (confiture de lait) et ne quittent le devant de la scène que vers 22 heures, lorsqu’il est temps de songer au dîner… Pas léger, mais tentant !

  • Canine : si Hong Kong nous était apparue comme la ville des chats, Buenos Aires est définitivement celle des chiens. Il y en a de toutes les tailles, des petits sacs à puces tenus en laisse par groupes de dix ou plus par des paseadores de perros (promeneurs de chiens professionnels) aux énormes dobermans pas tenus du tout (ou très symboliquement) par des femmes deux fois plus petites qu’eux… Etonnant, même si les trottoirs s’en ressentent, puisque le ramassage n’est manifestement pas à l’ordre du jour ici. On réapprend donc le slalom avec plus ou moins de succès…

  • Sachant prendre son temps : pour la première fois depuis bien longtemps, on ne voit plus trois tablées se succéder à coté de nous pendant le temps de notre déjeuner ! Au contraire, les gens prennent leur temps, savourent, et discutent avec animation dans les restaurants de quartier si accueillants. Puis les cafés, usés et pleins de caractère, prennent le relais pour occuper les longues fins d’après-midi. Quel bonheur de se poser pendant quelques heures pour lire, écrire ou regarder le spectacle de la rue avec une Quilmes (la bière locale) ou un café. Même les garçons de café, aussi grincheux qu’à Paris, s’intègrent parfaitement au décor…

  • Sanguine : pourrait sans doute s’appliquer au tempérament de certains habitants, mais plus encore à l’amour immodéré des Argentins pour la viande rouge. Elle domine sans partage la carte des parrillas (restaurants grills) où elle se consomme sans modération et avec délice, tant elle est juteuse et savoureuse. On a vraiment été impressionnés par la qualité des bifes de lomo, même si on se restreint – on a perdu l’habitude en Asie de consommer de la viande en grande quantité. Un vrai bonheur avec une bonne salade, mais attention au cholestérol, surtout après une planchette de fromage et de charcuterie et un verre de rouge (et j’oubliais les papas fritas) !

  • Littéraire : des cafés où plane l’ombre d’écrivains comme Borges ou Cortazar qui y ont (dit-on) passé des journées entières aux librairies magnifiques et superbement achalandées, on est manifestement dans une ville qui aime lire. Les sélections des librairies, classiques comme récentes, sont superbes et largement ouvertes aux écrivains étrangers, dont Haruki Murakami que nous avons découvert (et adoré) au Japon. Très peu de livres en anglais malheureusement – il va nous falloir accélérer notre apprentissage de l’espagnol🙂

 

Voilà, une ville finalement latine (par le tempérament de ses habitants, sa capacité à prendre son temps, ses horaires et son coté sympathiquement délabré) et européenne (par son architecture notamment, qui nous rappelle notamment Paris -en plus diversifiée encore-, mais aussi un certain traditionalisme). Un cocktail détonnant, qui pour l’instant nous plaît beaucoup !

2 Réponses to “Buenos Aires – Retour vers le présent”

  1. Les Dumas Says:

    Tout ce que vous décrivez dans cet article me donne envie… Ça doit donner quelques bonnes idées de dessin pour Anne, non ? C’est bien que vous donniez des nouvelles plus fraiches ! Ces derniers temps j’avais l’impression de lire un quotidien avec quelques semaines de décalage, ça faisait drôle😉
    Bises

    • anneetdavid Says:

      Merci d’être des lecteurs assidus, ça nous fait très plaisir ! C’est vrai que le décalage nous faisait de plus en plus bizarre à nous aussi, on va essayer de plus mélanger présent et « passé », l’Australie arrive🙂
      Ville effectivement pleine d’atmosphère, les séances dessins s’intensifient… Suis sur le point de publier un article sur ce thème d’ailleurs. Bien reçu votre email, on vous donne plus de nouvelles très vite mais c’est sympa de vous savoir tous en pleine forme.
      Bises à tous les cinq !

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