Asakusa, son temple et ses sushis – un peu de calme dans la tempête tokyoïte

Carrefour gigantesque de Shibuya, enseignes et signalisations omniprésentes à Shinjuku, lumières crues de néon, foules disciplinées mais pressées s’élançant pour traverser en choeur d’immenses passages piétons… Tokyo est une ville pressée et constamment baignée de lumière. Cris des hommes sandwich racolant pour des commerces divers, sirènes d’ambulances, corbeaux, jingles publicitaires lancinants des grands magasins qui envahissent les rues (cf. vidéo ci-dessous)… Tokyo est aussi une ville (très) bruyante. Amour des mangas et magasins d’électronique gigantesques à Akihabara, quartier futuriste d’Odaiba, quête sans cesse renouvelée de la dernière mode vestimentaire à Harajuku… Tokyo, enfin, est une ville assoiffée de modernité et de changement.

 

Une ville que nous avons adorée, donc, à l’atmosphère passionnante et stimulante, mais qui donne parfois envie de se ressourcer dans un quartier plus calme et à l’architecture ancienne mieux conservée… Heureusement, il suffit de tourner le dos aux dernières merveilles technologiques d’Akihabara et marcher quelques centaines de mètres pour gagner le sympathique quartier populaire d’Asakusa.

Situé dans l’ancienne shitamachi (ville basse des quartiers populaires), cet ancien quartier de plaisirs d’Edo puis Tokyo a longuement prospéré autour de ses parcs d’attractions, cinémas, théâtres de kabuki, cabarets et maisons closes avant de rater le tournant de la reconstruction en 1945. Il s’est apparemment recentré sur le commerce plus orthodoxe des ustensiles de cuisine et de restauration, à en croire les nombreuses échoppes de ce type qui peuplent aujourd’hui les principales rues du quartier. Des casseroles et couteaux à découper aux plats de service en passant par tabliers et pantalons, cet étonnant décor n’est perturbé que par quelques étalages incongrus d’objets publicitaires américains des années 1950, pompes à essence rouillées et autres verres de Coca Cola patinés.

Pour le reste, les habitations traditionnelles restent largement représentées, notamment aux alentours du temple bouddhiste de Senso-ji, construit en 645 et qui demeure le coeur incontesté de la vie du quartier. Erigé en l’honneur de Kannon, déesse de la miséricorde, Senso-ji est un lieu de pèlerinage extrêmement populaire. Le grand brûleur d’encens circulaire qui trône devant son entrée attire les nombreux fidèles qui brassent l’air de leurs mains pour s’asperger de sa fumée purificatrice. Le halo qui l’entoure produit une impression étrange qui ajoute à l’atmosphère unique de ce lieu où profond recueillement des pèlerins et joie de vivre des locaux vaquant à leurs occupations cohabitent le plus naturellement du monde.

 

Quelques allées plus loin, des bistrots minuscules accueillent des discussions animées, partiellement éclairées par une douce lumière qui filtre à travers des tonnelles. Attiré par cette lumière magnifique, notre regard croise bientôt celui d’un chien qui, installé sur une chaise en toile, tente sans succès d’attirer l’attention de son maître absorbé dans la lecture de son journal. Pas moyen de lier contact avec Fido, mais une tranche de vie paisible et rafraîchissante servie par une lumière exceptionnelle ; de bonnes images en perspective ? Le développement des rouleaux de pellicules nous le dira… Quelques images digitales ci-dessous pour commencer :

http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157622401625481/detail/

Encore quelques rues du même type, puis la modernité reprend ses droits à l’approche de la rivière Sumida. Sur sa rive est se dresse le bâtiment « La Flamme », siège des brasseries Asahi conçu par le prolifique Philippe Starck en 1989. L’énorme flamme dorée qui surmonte le bâtiment principal en granit noir est effectivement spectaculaire mais pas au goût de tout le monde, puisqu’elle a été surnommée « golden turd », ou crotte dorée… En tout cas, elle ne laisse pas indifférent ! Et si vous voulez vous faire une idée :

http://en.wikipedia.org/wiki/File:Asahi_Breweries_Head_Office.jpg

Après avoir passé un peu de temps dans une galerie photo très sympa, il est temps pour nous de nous restaurer. C’est alors que nous tombons sur un restaurant à l’enseigne de Sushi-Zanmai, mini-chaîne tokyoïte dont nous avons entendu beaucoup de bien. C’est notre dernière chance de nous régaler de sushis et sashimis, alors que nos tentatives en la matière nous ont un peu déçus, même si nous avons adoré la cuisine japonaise dans son ensemble. On tente ? Allons-y – accueil très sympa, on s’assoit au comptoir où on peut voir travailler les itamae (chefs sushi), on passe commande, on attaque… Et on est absolument bluffés ! L’encornet est merveilleusement doux, la coquille Saint-Jacques très goûteuse et le thon fond en bouche de manière incroyable. Enfin, les sushis dont nous nous régalons sont réellement différents de ceux que nous avions goûtés à Paris et Londres ! Le riz est parfaitement pressé, le wasabi pas trop présent et le gingembre très frais. Le bonheur, partagé d’ailleurs par les habitués qui prennent leur temps (assez incroyable dans un restaurant au Japon).

On déguste lentement nos nigiri, histoire de savourer jusqu’au bout ce moment unique, puis on part tranquillement retrouver les gratte-ciel et l’agitation de Shinjuku, ravis d’avoir découvert un Tokyo différent et des sushis incomparables… 

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