Une brique de thé à 15 000 euros : la spéculation autour du vieux Pu’er

Si vous flânez dans les grands magasins européens, peut-être verrez vous en rayon une brique de thé coûtant la « modique » somme de 15,000 euros. Pincez-vous… Non, vous ne rêvez pas !

Il s’agit du vieux Pu’er, produit dans le Yunnan depuis le 1er siècle après JC. Sa présentation est très versatile, puisqu’il revêt la forme d’une brique, ou devrais-je dire « meule » (il est en effet bien souvent rond). Cette caractéristique lui permit d’être facilement exportable notamment vers des provinces plus lointaines (comme le Tibet) et de pouvoir être stocké pour être vieilli plusieurs décennies (50 ans maximum).

brique de thé Pu'er

Une fois infusé, il a une belle couleur noir café et un goût très équilibré sans amertume (paraît-il, nous n’avons goûté que le jeune Pu’er sa version commune et bon marché – l’équivalent de ce qu’est un Beaujolais Nouveau pour le vin, si cela vous parle plus). Pour ne rien gâcher, il serait très bénéfique à la santé et pourrait aider à perdre du poids ou réduire le taux de cholestérol et de sucre dans le sang. En bref, une petite merveille de la nature !

 Mais, cela est-il suffisant à expliquer ce prix indécent ? Pour mieux comprendre cette flambée des prix, il faut regarder du côté de la spéculation, notamment sur les marchés de Hong-Kong et de Taïwan (peuplées majoritairement par des Chinois qui ont fui la Révolution Culturelle). La demande est devenue si forte, que les prix sont montés en flèche, entraînant une prolifération des faux, puis un retour à des niveaux de prix plus « raisonnables » ces derniers mois (à 10 000 euros, on se sent mieux, n’est-ce pas ?).

 Qu’en est-il du thé au quotidien en Chine ? Entre le Pu’er à 15 000 des riches et la déception du thé lipton en sachet tous les matins sur les buffets de petit-déjeuner, il semble qu’il n’y ait pas forcément de synthèse évidente, au moins dans les milieux urbains. Dans les plus petites villes, nous avons pu observer les locaux, souvent les personnes plus âgées, déguster le thé à la chinoise, c’est-à-dire en feuilles, dans des bocaux détournés de leur usage premier et débarrassés de leurs couvercles. Le même thé est infusé encore et encore tout au long de la journée et accompagne les déplacements. On sent dans ce cas que le thé fait partie de la culture quotidienne.

 Mais où sont donc passées les traditions chinoises dans la Chine moderne ? Comme d’habitude, la Chine a bien du mal à réconcilier son héritage millénaire avec d’une part la Révolution Culturelle qui a laissé le pays bien exsangue et d’autre part la réalité actuelle d’un quotidien devenu subitement trop moderne…

Pour en savoir plus sur le thé chinois :

  1. Quelques photos et des infos sur le Pu’er : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pu-erh

  2. Sur le thé chinois en général : http://www.chine-informations.com/guide/categorie-the-chinois-119.html

  3. Le musée du thé à Hangzhou (une petite merveille à ne pas manquer si vous êtes à Hangzhou) : http://www.hangzhou.com.cn/20030101/ca246452.htm et des informations sur comment s’y rendre de Hangzhou : http://www.travelchinaguide.com/attraction/zhejiang/hangzhou/tea_museum.htm

     

Prochain article à paraître : carnets photos de Beijing et ses environs (place Tianannmen, Cité Interdite et promenade sur la Grande Muraille entre Jinshanling et Mutianyu)

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