Un peu d’art vietnamien : bonnes et mauvaises surprises, première partie

Parmi les nombreux bons moments que nous a réservés notre séjour à Ho Chi Minh Ville, la visite du musée des beaux-arts a certainement été un des plus originaux. Peu connu et un peu à l’écart du centre, il vaut autant par ses collections de qualité variable -avec toutefois quelques perles- que par le lieu lui-même, aussi chaleureux que délabré.

Le lieu tout d’abord : ouvert en 1967, le musée occupe une magnifique résidence d’époque coloniale, plutôt délabrée mais tellement accueillante. Commençons par l’entrée : perron imposant, porte majestueuse encadrée de pierres craquelées et façade dont la peinture jaune paille écaillée contraste avec des moulures vernies bleu canard. Puis l’intérieur dont la fraîcheur et le silence s’opposent au tumulte des rues avoisinantes ; de ses hauts plafonds aux vitraux art nouveau colorés, tout rappelle la longue histoire du bâtiment, débutée bien avant l’ouverture du musée. Même le mobilier et l’antique cage d’ascenseur semblent être là depuis la construction du bâtiment, c’est finalement le ventilateur flambant neuf qui fait figure d’anachronisme… En suivant ensuite la rampe d’escalier en fer forgé patinée par le temps, on jette un oeil émerveillé sur l’arrière-cour et ses bâtiments tout aussi délabrés et réjouissants. L’espace d’un instant; on se croirait à La Havane, avant que les collections nous ramènent à la réalité locale…

Celles-ci, justement, se partagent entre art religieux ancien, pièces de céramique de la fin du 19ème et arts plastiques du 20ème à forte connotation patriotique. Cette dernière section est largement dominée par des peintures à l’huile anti-américaines dont les plus récentes (2000-02), largement postérieures au conflit avec les Etats-Unis, semblent nourrir un sentiment tenace. Malgré quelques emprunts surprenants au surréalisme, leur style hyper-réaliste est toutefois vite répétitif et ce sont les plus rares sculptures en bois et peintures en bois laqué qui nous ont le plus intrigués. Les sculptures notamment, peu nombreuses, dégagent une réelle force et une impression de mouvement qui rappellent les oeuvres cubistes et futuristes du début du 20ème, avec un traitement géométrique tout en angles – mais toujours réaliste. Ce dernier est d’ailleurs un signe distinctif de l’art vietnamien, l’abstraction n’ayant que peu de place dans un art longtemps au service d’une idéologie.

Lorsqu’enfin on s’aventure au fond des couloirs poussiéreux du dernier étage, on y trouve des salles condamnées et des couloirs ne menant nulle part ; presque déçus mais surtout sous le charme, on profite encore un peu de l’atmosphère avant de redescendre avec l’impression d’avoir découvert un vieux grenier plein de trésors…

La suite demain, avec une visite de galerie, et d’autres surprises bonnes et moins bonnes…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :