Une journée pas comme les autres sur le Mekong

A peine arrivés dans le delta du Mekong après un trajet court mais épuisant, nous avons été rapidement récompensés par la découverte fascinante de la rivière et de son environnement. Après avoir négocié -longtemps mais dans la bonne humeur- un tour en barque la veille au soir, nous nous sommes levés tôt hier matin pour visiter les marchés flottants, les canaux et les vergers des environs de Can Tho, une des principales villes de la province. Qu’y-a-t-il donc de si sympa ?

  • Le Mekong : long de plus de 4 000km, le Mekong prend sa source dans la province chinoise du Yunnan, avant de traverser la Birmanie, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Vietnam, dernière étape avant de se jeter dans la mer de Chine. Si la Chine et le Laos s’efforcent d’exploiter son potentiel de production hydroélectrique, le fleuve a gardé un visage beaucoup plus « commercial » au Vietnam (nous reviendrons plus en détail sur l’économie locale dans un autre article). En plus de l’irrigation des plaines rizicoles environnantes, le fleuve est exploité pour le transport de marchandises et le commerce avec les marchés flottants. Dès le début de notre promenade, nous avons été impressionnés par son animation.

  • Sur les rives, chaque pouce de terrain est méthodiquement occupé, et on observe en succession un étonnant mélange d’habitations, entrepôts et quais d’embarquement, carrières de sable, restaurants, ponts en construction,stations essence (pour bateaux !) et usines de fabrication de glace. Tout est par contre à petite échelle -pas d’usines ou d’entrepôts gigantesques-, ce qui renforce le coté « artisanal » et familial de l’ensemble. Le contraste est frappant avec l’environnement luxuriant mais déserté que nous avions observé au Laos, du coté de Luang Prabang.

  • Sur le fleuve même (ou plutôt la rivière Can Tho, un de ses nombreux affluents), l’activité est incessante, entre habitations flottantes assez rudimentaires, innombrables sampans qui acheminent marchandes et marchandises d’un marché à l’autre (il y en à trois aux environs de Can Tho), barques de pêcheurs, barges acheminant sable, foin et produits maraîchers… et les inévitables embarcations chargées de touristes, heureusement peu nombreuses

  • Les marchés flottants : en gros, imaginez un énorme marché où on trouve de tout, remplacez les stands par des bateaux et les bistros alentours par des bars et restaurants flottants, et vous y êtes presque. Il ne reste plus qu’à ajouter de petits mâts en bois servant d’enseignes, où chaque marchand suspend un échantillon des marchandises qu’il vend, ainsi que quelques stations-service flottantes, puis à grimper sur le toit d’un des bateaux pour contempler le tout, et le tour est joué ! C’est un vrai régal à la fois pour les yeux -entre sampans colorés et chapeaux coniques si graphiques et photogéniques- comme pour les papilles, lorsqu’on s’arrête pour goûter une mangue fondante ou un ananas sucré. Si nous en avons retenu l’aspect animé et poétique, ces marchés -qui mélangent selon les cas vente en gros et détail- ont pour les riverains une importance économique fondamentale, puisqu’ils sont le conduit principal d’acheminement des fruits et légumes produits dans la région et servent de « supermarché » à de nombreux locaux

  • Les canaux et vergers : après la joyeuse animation des marchés flottants, nous avons parcouru quelques-uns des canaux qui sillonnent les vergers, omniprésents dans la région de Can Tho. Les canaux sont très paisibles, ils offrent un aperçu intéressant de la vie des locaux et surtout permettent des arrêts réguliers dans les vergers et rizières, où on peut peut observer et se faire expliquer la culture du riz, ou simplement goûter un échantillon gigantesque de fruits et légumes : noix de coco, mangues, ananas, jackfruits, durians (ça, c’est la mauvaise surprise du lot… !) et pleins d’autres variétés encore. Tout semble pousser ici, et les fruits et le riz ainsi récoltés sont au choix consommés sur place, acheminés vers les marchés flottants les plus proches, ou encore transformés dans une des fabriques artisanales de bonbons à la noix de coco, voire de, nouilles, de papier ou d’alcool de riz…

Bref, un univers à part, et une journée particulière que nous avons décidé de pimenter encore un peu en lui donnant une thématique reptilienne : après avoir manipulé un (très inoffensif) serpent d’eau lors de notre promenade sur la rivière (rien d’impressionnant mais pour nous, c’est déjà pas mal !), nous avons testé en digestif l’alcool de serpent local. Les bocaux remplis de cobras bien imbibés étaient plus impressionnants que le tord boyaux qu’ils contenaient, finalement assez doux et apparemment inoffensif (enfin, après vingt-quatre heures, nous sommes toujours en vie…).

Quelques PHOTOS des marchés et de ce sympathique breuvage ci-dessous (peu de photos, on a atteint notre limite de téléchargement pour le mois !) :

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157617321838673/

http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157617413571356/

Une Réponse to “Une journée pas comme les autres sur le Mekong”

  1. Maurice-Quentin Says:

    Alors là, chapeau bas: l’alcool de serpent en digestif, ça doit être hard-core.
    C’est leur traitement de choc contre le ver solitaire?!

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