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L’année dernière à Valpo

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , , , , , on 17 janvier 2010 by Placet

Collines de Valparaiso

On avait presque oublié d’en parler, mais nous avons passé quelques semaines tranquilles au Chili en fin d’année dernière… Dans le désert de l’Atacama bien sûr -déjà évoqué ici- mais aussi dans la capitale chilienne, Santiago -à venir- et à Valparaiso. Ville portuaire située à une centaine de kilomètres au nord de Santiago, « Valpo » jouit d’une réputation touristique sulfureuse : étendard bohème d’un Chili plutôt conservateur pour les uns, piège à touristes digne de la butte Montmatre pour les autres, la ville ne laisse aucun de ses visiteurs indifférent…

Hauteurs de Valparaiso

Valparaiso

Nous avons décidé mi-novembre d’aller nous rendre compte par nous-mêmes, ayant besoin de repos après un séjour patagonien éprouvant. La première chose qui étonne à Valparaiso, c’est sa topographie : au-delà d’une fine bande de terre (El Plan) hébergeant la zone portuaire et commerçante, la ville est hérissée d’une quarantaine de cerros (collines) abrupts sur lesquels réside la quasi-totalité de la population. Pas le site idéal pour un port a priori, et c’est pourtant pour assurer la desserte maritime de Santiago que la ville a été créée en 1544, les eaux propices étant rares le long de la côte pacifique.

Valparaiso

Valparaiso - calle Pierre Loti

Si la topographie particulière de Valpo peut aujourd’hui surprendre, elle a régulièrement rendu de fiers services à une ville à l’histoire tumultueuse : en l’aidant à repousser les assauts de pirates anglais qui lorgnaient sur les stocks d’or du port, puis un bref bombardement espagnol en 1866. Le port connut son « âge d’or » au 19ème siècle suite à la fin de l’exclusivité commerciale avec l’Espagne, s’imposant comme une escale privilégiée pour les navires allant de l’Atlantique au Pacifique via le détroit de Magellan. Son activité ayant décliné après l’ouverture du canal de Panama en 1914, les collines de la ville vinrent une seconde fois à son secours : c’est en effet leurs pittoresques maisons colorées aux murs en tôle ondulée qui, combinées aux quinze ascensores (funiculaires) qui les desservent, ont donné à Valpo son allure si caractéristique et sa seconde vocation – le tourisme.

Valparaiso - Cerro Concepcion

Valparaiso - Centro Cultural Carcel

Ce changement de priorité, soutenu par une activité culturelle intense, a toutefois été difficile à intégrer pour une ville réputée pour son côté désordonné – son plus célèbre habitant, le poète Pablo Neruda, l’a qualifiée de « port fou aux collines échevelées n’ayant même pas de peigne ». Si l’on en croit les ambitieux travaux publics en cours sur le Cerro Concepcion (réfection totale du réseau de canalisations, bonjour le bruit et la boue…), Valpo a décidé de s’acheter une respectabilité. Comme souvent, ces efforts sont malheureusement concentrés sur la zone touristique des cerros, et le contraste avec la ville basse est parfois choquant.

Valparaiso - ville basse

Valparaiso - Cerro Concepcion

Heureusement, les travaux de réfection viennent seulement de commencer et le haut de la ville garde un aspect cabossé et biscornu, entre murs décrépits, graffitis et peintures murales bien exécutés et routes en hauteur formant des angles toujours plus surprenants. Plus que les couleurs vives de la partie la plus touristique, c’est cette atmosphère déglinguée qui nous a séduits et vus passer de longs moments à déambuler en tous sens, de la prison reconvertie en espace culturel et ateliers d’artistes aux ruelles hyper-vivantes de la ville basse. Ces longues promenades nous ont aussi permis de croiser un nombre impressionnant de chiens particulièrement inactifs, dont l’oisiveté contribue à renforcer l’ambiance très détendue de la ville.

Graffito mural - rue de Valparaiso

Campagne électorale ou "festival teatro" ?

« Chiens / tôle / graffitis omniprésents », un triptyque gagnant agrémenté dans le bas de la ville par l’intensité de la campagne électorale en vue des élections présidentielle et législatives de décembre. Beaucoup plus animée qu’à Santiago, celle-ci battait son plein au moment de notre séjour. Grandes pancartes présentant les candidats, distribution de tracts, et camionnettes équipées de haut-parleurs sillonnant la ville en hurlant des slogans électoraux, impossible d’y échapper ! Juste avant notre départ, nous avons d’ailleurs pu observer depuis le petit restaurant cubain où nous déjeunions cette scène étonnante où un musicien de rue jouait (à dessein ?) « Imagine » alors que des partisans d’un des candidats agitaient tracts et pancartes sous le regard d’un groupe de chiens endormis… En conclusion de notre séjour dans la « vallée du paradis », une allégorie malicieuse des attentes folles nées de tout campagne électorale et de la défiance d’électeurs à qui on ne la fait plus ?

Chien oisif - Valparaiso

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