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Hong Kong, Happy (?) Valley

Posted in Voyage - Hong Kong & Macao with tags , , , , on 2 août 2009 by Placet

Après Ho Chi Minh City, nos pas nous ont à nouveau menés vers un champ de courses lors de notre séjour à Hong Kong. La ville dispose en effet de deux hippodromes dont le plus récent -Sha Tin, vieux d’une trentaine d’années et situé en dehors de la ville- accueille les courses de jour alors que les sessions de nuit ont lieu au vénérable Happy Valley, qui a ouvert ses portes en 1846. En notant le chiffre d’affaires colossal des deux hippodromes (environ 6 milliards d’euros par an, un des plus élevés du monde dans ce secteur), on s’est dit que décidément la réputation de parieurs invétérés des Chinois n’était pas usurpée et qu’il y allait avoir de l’ambiance !

Après un rapide dîner, nous sommes donc montés dans un des antiques tramways à deux étages qui sillonnent Hong Kong Island à une allure de tortue et donnent à cette partie de Hong Kong une allure « rétro » pleine de charme. Direction Happy Valley, afin de profiter de l’ambiance nocturne apparemment unique.

 

On se rend très vite compte que l’ambiance est très différente d’Ho Chi Minh City ; le stade est nettement plus grand (55 000 places !) et l’ambiance moins familiale ; alors que les courses n’ont pas encore commencé, les parieurs sérieux sillonnent déjà la galerie intérieure où ils pourront déposer leurs paris. Ce sont pour la plupart des Chinois d’un certain âge qui suivent fiévreusement l’évolution des cotes ou tentent de récolter un dernier tuyau avant de rejoindre les écrans sur lesquels ils pourront suivre les courses. L’atmosphère est fébrile, on sent les parieurs tendus et hésitants.

Alors que le début des courses approche, nous sortons de la tribune pour tenter de dénicher une place en bordure de piste d’où nous pourrons prendre quelques photos. L’ambiance à l’extérieur est nettement plus détendue, quelques stands d’alcools font manifestement recette auprès d’une clientèle essentiellement constituée d’expatriés de sortie où de businessmen en train de consolider leurs relations d’affaires. Beaucoup d’Anglais et d’Australiens très rouges et éméchés (presque émouvant lorsqu’on a habité à Londres, on se croirait à la maison !), quelques touristes intrigués, et -surprise !- un petit groupe de jeunes banquiers français (très faciles à reconnaître, pas même besoin de les entendre), puis deux, puis trois… L’expérience est amusante, jusqu’au moment où on saisit en passant quelques bribes de conversation et que les premiers mots qu’on entend sont « HEC » puis « math sup » puis « et toi, tes notes au concours »… A quoi bon s’installer à 10 000 km de Paris, dans une ville si différente où l’occasion est unique de s’ouvrir à un univers nouveau, pour reste focalisés sur notes de prépa et vie d’école ? Simple coïncidence, ou bien quelque chose ne tourne-t-il pas rond ?

Pas grave, nous retournons suivre une nouvelle course, puis quelques autres avant de refaire un tour des galeries où l’activité bat son plein et les parieurs les plus désespérés ramassent les bulletins jetés par d’autres. Retour ensuite au tram juste avant la dernière course, et c’est avec une impression mitigée que nous quittons l’hippodrome. Pas franchement dépaysant comme ambiance, mais après tout, c’est çà aussi, Hong Kong !

Quelques PHOTOS sur le lien suivant :

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157621912389664/detail/

Auteuil ? Vincennes ? Epsom ? Non, Phu Tho !

Posted in Voyage - Vietnam with tags , , , , , , , on 6 mai 2009 by Placet

Loin des monuments touristiques, nous avons voulu, lors de notre séjour à Ho Chi Minh, partager une tranche de vie avec les locaux et nous sommes allés assister aux courses de chevaux à l’hippodrome de Phu Tho. Il nous a été difficile de nous fondre dans la masse étant donné que nous étions les seuls touristes présents et que les Vietnamiens sont extrêmement curieux… nous reviendrons sur leur surprenante curiosité dans un prochain article. Pourtant, l’expérience fut absolument passionnante.

Après la "réunification" du pays en 1975, courses et paris ont été bannis pendant de nombreuses années car ils représentaient aux yeux du pouvoir communiste une manifestation de la bourgeoisie décadente. Lorsque le pays s’est progressivement ouvert au libéralisme à la fin des années 80, l’hippodrome a réouvert et depuis attire en masse spectateurs et parieurs tous les samedis et dimanches après-midi. Mais ici, pas de chapeau ni de robe haute couture, le public est essentiellement masculin et populaire.

Même si, heureusement, nous ne l’avons pas vu de nos propres yeux, il paraît que l’implication des Vietnamiens est telle qu’ils jettent parfois des pierres sur les chevaux pour influencer les résultats… Il est dit également que les pots de vin aux jockeys en début de course sont fréquents afin qu’ils retiennent leurs chevaux.

Nous avons d’ailleurs été étonnés par l’âge des jockeys, qui pour la plupart ne semblaient pas encore avoir atteint l’âge de l’adolescence. Voyez par vous-même, lors de leur présentation au public avant la course :

Plus généralement, un autre fait a retenu notre attention. Si la folie des parieurs vietnamiens n’est plus à prouver, les tribunes ne s’enflamment pourtant pas comme on pourrait le croire à l’arrivée des chevaux. Nous sommes bien loin du tempérament latin passionné, car au Vietnam, comme dans le reste de l’Asie, cela ne se fait pas de manifester très fortement une émotion. On reste donc impassible, dans la victoire, comme dans la défaite, sous risque de perdre la face ! Seule preuve tangible de l’émotion, le niveau sonore monte :

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