Archives de Nagoya

Toyota City – voyage au coeur de l’industrie japonaise

Posted in Economie & Finance, Voyage - Japon with tags , , , , , , , , , , on 14 octobre 2009 by Placet

Changement de décor ce matin : après avoir découvert des centre-villes agités, des îles propices à la méditation et des coins de nature verdoyants, c’est vers les trains de banlieue de Nagoya que nous dirigeons nos pas. Plus aucun touriste en vue, mais pas non plus d’indication en anglais. Pas grave, le staff est incroyablement serviable et après (tout de même) trois changements et une heure et demi d’un trajet très lent (le Shinkansen est loin !), nous arrivons à Toyota-shi où nous venons visiter le siège et une des principales usines de Toyota.

La visite débute avec une demi-heure « libre » pour visiter un show room et une petite exposition sur l’histoire et la stratégie du groupe. On se croirait revenus à l’école, lorsqu’on nous expliquait la stratégie des keiretsu ,ces conglomérats qui dominaient dans les années 80 l’industrie japonaise et mondiale. On retrouve notamment les méthodes de production alors présentées comme révolutionnaires (juste-à-temps / zéro stock, kanban, management participatif) ainsi que la très forte diversification caractéristique des keiretsu : aujourd’hui encore, nous sommes surpris de voir qu’en plus de son métier principal de constructeur automobile, Toyota est également présent dans des métiers connexes comme la robotique, les activités de financement où les économies d’énergie mais aussi des secteurs ou le lien est moins évident (biomasse, résidences de vacances et même horticulture !).

En plus de ces thèmes très « japonais », la galerie de présentation des activités du groupe, colorée et interactive, aborde aussi les problématiques clés du secteur automobile.

  • L’internationalisation tout d’abord de l’outil de production du groupe, qui produit désormais la moitié de ses véhicules à l’étranger et a dédié une catégorie de véhicules à chaque région du globe (Asie, Amérique Latine et Afrique du Sud notamment)

  • Les véhicules hybrides (double propulsion électrique et thermique) ensuite, qui sont présentés avec force détails techniques ; l’exposé est très clair et pour nous fort instructif, mais l’état des lieux plutôt déprimant : malgré tous les efforts dont se targue Toyota, le groupe a produit moins de 500 000 véhicules hybrides en 2008 (5% de sa production totale) et son objectif d’un million pour 2010 ne représente que 10% environ de ses ventes ; de même, l’hydrogène semble un carburant très peu polluant une fois dans le réservoir, mais son processus de fabrication le plus courant, générateur de C02, tempère largement son efficacité énergétique globale

  • Le groupe s’étend nettement moins sur ses activités de financement, mais nous soupçonnons qu’elles représentent comme pour la plupart des constructeurs automobiles une part significative de ses profits. A vérifier…

Après ce bref tour d’horizon, rendez-vous à l’accueil où un bus rutilant nous emmène pour une visite guidée de l’usine proche. Après nous avoir donné une liste interminable de conseils de sécurité, l’attachée de presse qui mène la visite dans un anglais très appliqué nous propose immédiatement de découvrir avec elle la brochure qui présente le groupe et ses données chiffrées ; nous progressons pas à pas et sommes sans cesse sollicités pour s’assurer que nous suivons et comprenons bien tout ce qui est dit. Ce très long exposé va nous amener quasiment jusqu’à notre destination (20 minutes en bus tout de même !) ; « sit back and relax, we will be there in ten minutes » (reposez-vous, nous arrivons dans dix minutes) nous dit finalement notre guide après que nous avons consciencieusement acquiescé. Dans une définition toute japonaise du temps, nous entrons trente secondes plus tard dans la cour de l’usine où la visite va pouvoir reprendre ! Après avoir subi un cours magistral similaire au retour (« savez-vous pourquoi le nom de la société est différent de celui du fondateur, M. Toyoda ? »), nous imaginons avec terreur le sort des écoliers japonais, constamment sollicités et à qui pas une seconde ne doit être laissée pour s’évader et laisser aller leur imagination. De l’organisation parfaite à la courtoisie sans faille de notre guide en passant par l’exposé très minutieux (aucun espoir de repartir sans avoir TOUT enregistré !), la visite nous offre un condensé intéressant de la société japonaise…

La visite se poursuit bientôt par un aperçu de l’atelier d’assemblage (un des quatre étapes de la production avec le moulage, la peinture et la soudure). C’est ici l’aspect largement manuel de cette opération qui retient notre attention ; très peu de machines et de robots, et de nombreux ouvriers chargés aussi bien du montage que de l’acheminement des pièces détachées. Un défaut est détecté, une lumière rouge s’allume qui indique le poste de travail correspondant, la chaîne s’arrête et un superviseur se hâte ; quelques instants plus tard, tout est solutionné, la chaîne reprend son mouvement et une lumière verte s’allume. Il est temps pour nous d’aller visiter l’atelier de soudure.

Décor très différent ici – de notre plate-forme surélevée, nous observons d’énormes robots en action, dont les bras articulés se saisissent à une cadence soutenue de pièces qu’ils déposent devant des postes à soudure eux aussi automatisés. Un arc soudain, un bruit étrange et l’opération est terminé Le bras géant s’active à nouveau et entraîne la pièce vers le poste suivant, où elle est prise en charge par un robot-confrère. Un peu plus loin, des carrosseries défilent lentement entre une haie d’honneur de robots métalliques qui se penchent sur elles avec une régularité de métronome, un vrai ballet se déploie ; arcs de fers à souder, étincelles virevoltant en tous sens, grésillements en cadence, décor noir et métallique, procession automatisée. L’audience est fascinée et le groupe observe sans voix pendant de nombreuses minutes On se croirait dans un film de science fiction. Il est vrai que 98% de l’activité de soudure est prise en charge par des robots, ce qui en fait l’étape la plus automatisée du processus de production.

Après un retour en bus studieux qui marque la fin de la visite, nous décidons de tester l’excellente cantine archi-subventionnée avant de nous diriger vers une sorte de salle commune où de nombreux hommes sont assemblés pour assister à un match de baseball inter-entreprises entre les équipes Toyota et… Nissan. Forte rivalité donc et implication étonnante des téléspectateurs, dont la plupart sont manifestement des retraités. Un autre symbole d’un phénomène social japonais cette fois-ci en voie de disparition – l’emploi à vie et le rôle essentiel de l’entreprise dans la vie privée des salariés. On a pu par ailleurs observer la disparition brutale de cette tradition avec la montée du chômage et la mise en place d’un tissu social nettement plus élastique, mais pour les personnes âgées qui nous entourent auprès de cet écran de télévision, la fidélité à l’entreprise reste pleinement de mise… Il faut dire qu’à Toyota City, construite par, pour et autour de Toyota (400 000 habitants, dont la plupart travaillent pour le groupe), il n’y a pas grand-chose d’autre à faire…

Yokoso Japan – festival de danse de Nagoya (30 août 2009) !

Posted in Voyage - Japon with tags , , , on 8 septembre 2009 by Placet

Nous débutons notre chronique japonaise avec cet accueil en danse et musique capturé au festival de danse de rue de Nagoya .

Initialement venus pour visiter les usines Toyota, nous avons eu l’excellente surprise de croiser cet évenement haut en couleur. Un accueil chaleureux, plein d’énergie, et la gente masculine ne manquera pas de trouver les japonaises charmantes, n’est-ce pas ? Vous noterez aussi au passage une référence marquée aux Manga dans les costumes et maquillages des danseuses.

A l’heure où cet article paraît, nous concluons notre séjour de 6 semaines au Japon avant de nous envoler pour l’Australie. Nous allons vous faire partager nos découvertes nippones au cours de semaines à venir, beaucoup plus d’action et moins de réflexion qu’avec la Chine (nombreuses vidéos et de photos au programme, ainsi que quelques dessins et collages) .

En bref, un coup de coeur nippon que nous souhaitons vous  faire partager : pays étrange, culture difficile à saisir, mais expérience très sympathique. L’occasion également de rencontres très étonnantes…

 

Prochain article à paraître : petit compte rendu d’une visite matinale à Tsukigi Market (marché aux poissons de Tokyo)

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