Archives de Cordillère des Andes

Les lagunes de l’Altiplano bolivien : un arc-en ciel !

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 janvier 2010 by Placet
Nous venons de passer une nuit bien fraîche à San Antonio de Lipez, et il nous faut nous lever aux aurores pour ne pas manquer le lever de soleil sur la Laguna Colorada, la première qu’il nous sera donné de voir aujourd’hui.

Le ronron du générateur, qui se remet en marche à 4h00, nous sert de réveil matin. Nous voilà à bord de la jeep après un petit déjeuner rapide. Des paysages splendides nous attendent aujourd’hui, alors en route !

Cette partie du voyage nous fait découvrir deux types de formations géologiques : les salars (lacs salés que nous avions déjà croisés dans le désert chilien de l’Atacama) et les lagunes.

Un petit rappel s’impose, avant de vous laisser découvrir ces petites merveilles en images.

Le salar est un lac de 2 à 20 mètres de profondeur recouvert d’une très solide couche de sel dont l’épaisseur varie de 10 cm à quelques mètres. L’eau du lac est une solution saturée de sel, lithium (très utile pour la fabrication des batteries en tout genre) et chlorure de magnésium… Autant dire que cette eau n’est pas potable. Certains salars comportent en leur centre des îles qui ne sont autres que les sommets d’anciens volcans submergés. Pour les passionnés de géologie, c’est tout un programme !

Nous verrons aujourd’hui le Salar de Chalviri :

Salar de Chalviri

Salar de Chalviri

Salar de Chalviri

Puis viendront les lagunes, petites merveilles de couleurs car chacune a sa propre identité en fonction des substances contenues dans ses eaux. Vert émeraude pour la Laguna Verde dû à l’arsenic, rouge orangé pour la Laguna Colorada du fait de micro algues, ou bleu clair pour la Laguna Celeste provenant de sa haute concentration en magnésium. Les flamants roses ont trouvé là un environnement qui leur plaît particulièrement puisque leurs silhouettes majestueuses s’affichent fièrement sur les eaux colorées. Quelques lamas paissent aux alentours.

Quand les touristes sont encore rares, c’est un vrai spectacle de calme et de sérénité. On développe la conscience d’être dans un lieu à part, au sein des plus beaux paysages croisés ces derniers mois. Difficile à décrire avec des mots. Alors je vous laisse, en silence, avec les images :

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Colorada

Laguna Colorada

Laguna Verde et volcan Licancabur

A la fin de cette belle journée, nous avons des couleurs plein les yeux en arrivant à l’hôtel de sel. Il a été construit avec des briques de sel découpées dans le salar d’Uyuni. Bâtiment étonnant, où l’isolation contre le froid est finalement bien meilleure que ce que nous espérions. 

Hôtel de sel aux portes du salar d'Uyuni

La nuit tombe et l’impatience nous saisit, car nous sommes à présent aux portes du Salar d’Uyuni, immensité de sel unique au monde, que nous découvrirons aux aurores demain matin.

Lever de soleil sur le Salar d'Uyuni

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2010. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Vie dans les hauteurs boliviennes et rencontre avec la petite Anna

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2010 by Placet

Nous sommes à la fin de ce premier jour de voyage sur la route entre Tupiza et Uyuni. Nous nous apprêtons à passer la nuit chez l’habitant dans le minuscule village de San Antonio de Lipez. Une rare occasion de partager le quotidien de ces familles isolées dans l’altiplano bolivien en plein coeur de la Cordillères des Andes. 

Une autre jeep de touristes nous rejoint, nous serons donc huit au total partagés entre deux dortoirs. En à peine quelques minutes nous faisons la visite des chambres et des sanitaires, comprenant 2 WC et un évier d’eau froide, construits exclusivement pour les touristes, la famille n’en ayant pas à sa disposition. Le confort est précaire…  

Les sanitaires exclusivement pour les touristes

Les dortoirs pour les hôtes

La maison est construite en terre, recouverte d’un toit de tôle ondulée : l’isolation générale est bien maigre, puisque les rares fenêtres sont au mieux fêlées, voire franchement cassées et réparées avec des matériaux de fortune (carton, papier, etc.). L’aile réservée à la famille est composée de deux petites pièces et équipée d’un poêle. Fort utile dans un tel climat, puisque les nuits d’été affichent des températures proches de -10°C et le thermomètre passe largement sous les -20°C pendant les nuits d’hiver. Quand la nuit tombe, nous sommes bercés pour trois heures par le ronron mécanique du générateur d’électricité qui place cette famille au-dessus de bien d’autres de la région : 99% de la population de la province du Sur Lipez n’a pas l’électricité. 

Maison en pisé et au toit en tôle ondulée... Piètre isolation contre le grand froid

Ici encore, comme à beaucoup d’étapes de notre voyage, ce sont les enfants qui vont nous permettre d’aller un peu plus loin que les simples observations matérielles. En effet, David, sportif invétéré, se lance dans une partie de basket éprouvante à 4,200m d’altitude avec trois fillettes du village. Elles ne sont pas aussi curieuses des étrangers que d’autres enfants rencontrés en Asie par exemple. Seule la plus jeune est gaie et spontanée, les deux plus grandes, âgées d’une dizaine d’années, affichent une grande réserve mêlée de réprobation. Finalement elles se laisseront tenter par une partie sur ce terrain de sport au panorama exceptionnel. 

Terrain de basket à 4200m d'altitude. Imprenable vue sur les Andes !

 Lors du dîner, la plus enhardie viendra nous rendre visite sous le prétexte de nous vendre des bracelets artisanaux. Ses vêtements élimés et son petit visage espiègle teinté de poussière en disent long sur les conditions de vie. Grâce aux quelques mots d’espagnol appris ces dernières semaines, nous arrivons à communiquer. Vite, elle laisse les bracelets de côté et se lance dans une série de questions. Elle est curieuse de nos pays, de notre façon de vivre.

On apprend qu’elle s’appelle Anna, a neuf ans et huit frères et soeurs qui se partagent les deux petits pièces voisines. Elle nous demande s’il pleut beaucoup dans nos pays. Un couple d’Anglais, gêné, répond par l’affirmative. Puis veut savoir si on peut boire l’eau de pluie, car ici elle rend malade dit-elle en nous montrant son ventre, il faut la faire chauffer avant de s’en servir. Elle nous apprend que dans l’altiplano la pluie peut se faire rare. On éprouve un certain malaise à lui expliquer que nous avons l’eau potable à domicile…

Elle nous explique ensuite que les pompons colorés que l’on a vus aux oreilles des lamas signalent l’appartenance à un éleveur. Ceux de sa famille -100 lamas au total- ont les pompons vert et jaune. Est-ce un gros cheptel pour une famille de 11 ? Difficile à évaluer. Elle nous apprend que son oncle en possède 1 000 et ajoute « qu’en plus il n’a ni femme, ni enfant ». Nous rions tous de bon coeur. Puis elle veut savoir d’où nous venons, nos âges, nos métiers…

Lamas en troupeau

C’est la seule discussion animée que nous ayons réussi à avoir en Bolivie en près d’un mois de voyage. Les gens ici sont extrêmement distants, quand ils ne sont pas, en de rares occasions, franchement hostiles. Par conséquent, ils n’engagent pas la conversation avec des étrangers facilement. Ce ne fut pas le cas dans les autres pays d’Amérique du Sud où nous avons toujours réussi à lancer quelques joyeuses conversations avec les locaux. Le passé colonial aurait-il en Bolivie laissé davantage de séquelles qu’en Argentine, au Chili ou au Pérou ? Incontestablement : la Bolivie est hors norme dans son repli sur soi. Il nous a semblé que la curiosité et l’envie de s’ouvrir aux autres cultures n’étaient malheureusement que peu présentes au sein des populations amérindiennes, celles que nous rêvions tant de mieux connaître.

Quelles en sont les raisons ?

  • Faut-il l’imputer aux rapports sociaux qui apparemment font que les amitiés se nouent difficilement hors du contexte familial ?
  • Au ressentiment très présent d’avoir été exploités par les grands groupes occidentaux à qui l’Etat bolivien a vendu une partie des ressources naturelles (gaz, minerais…) ?
  • A un très long passé politique où des présidents « blancs », avocats ou militaires, se sont partagé le pouvoir et où les Amérindiens n’ont été finalement représentés qu’en décembre 2005 par un des leurs, Evo Moralés, cultivateur de coca ?
  • A un pays coupé en deux, où les riches de descendance occidentale vivent en bas et les pauvres d’origine amérindienne peuplent les hauteurs de la Cordillère des Andes ?

La liste de griefs est incontestablement assez longue. Mais elle n’est que la conséquence d’un mal qui a des origines bien plus lointaines : l’invasion et la colonisation espagnoles. 500 ans après l’arrivée des premiers Européens, les effets d’une politique coloniale aussi brutale qu’irrespectueuse des traditions et de la spiritualité locales se font toujours ressentir dans un pays où la majorité de la population demeure d’origine amérindienne, contrairement à certains pays voisins (où elle a malheureusement été décimée…). Les cyniques diront que les Français n’ont aucune leçon à donner, et je ne peux qu’acquiescer…

Alors, laissons là ces considérations et remontons sur nos hauteurs « altiplaniennes ». Demain nous partons à la découverte de lagunes d’une beauté rare. Elles resteront pour nous les paysages les plus grandioses croisés en un an.  

Laguna Colorada

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2010. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Palette d’ocres et de verts : l’ascension vers l’altiplano bolivien et la découverte du Sur Lipez

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 janvier 2010 by Placet
Nous voilà au départ de ce périple de quatre jours à Tupiza, ville bolivienne à une soixantaine de kilomètres de la frontière argentine. A bord du 4×4, nous sommes six : deux locaux, notre chauffeur Wilmer et notre cuisinière Talia, petite femme pétillante d’une cinquantaine d’années qui s’est présentée comme notre « mama de Bolivia » pour la durée du voyage, et quatre touristes, dont un charmant couple franco-argentin avec qui nous avons déjà planifié des retrouvailles européennes.

Talia jouant avec une petite fille dans un village

Tout d’abord, il nous faut prendre de la hauteur et nous élever de 1,200 m aujourd’hui. La route tourne follement mais, au fur et à mesure de notre ascension, les canyons rouge et ocre s’offrent à la vue et les cactus deviennent de plus en plus nombreux. Si on regarde bien, on a parfois la chance de découvrir une fleur rouge ou jaune à leur sommet : plaisir rare, puisque celle-ci fanera dès le lendemain de sa floraison. Ces cactus géants, si souvent représentés dans les dessins animés, sont réellement impressionnants. Ils peuvent atteindre plus de 5 mètres de haut – après toutefois de longues années, puisqu’ils ne poussent que de un à deux centimètres par an… Je vous laisse faire le calcul.

Canyons et cactus

Fleur de cactus

Progressivement les canyons cèdent la place à de grandes étendues plates et poussiéreuses. Un ciel immense les surplombe, dans lequel les nuages semblent prendre vie. Puis viendra le tour de prairies peuplées de lamas en troupeaux. Nous roulerons douze heures au total ce premier jour et ne croiserons que deux hameaux. Inévitablement naît le sentiment troublant mais reposant d’être soi-même un grain de sable au milieu de cette infinitude… 

Altiplano

Prairies de l'altiplano

Vizcachas bondissant dans les pierres

Ciel immense et nuages prenant vie

Quelle est donc cette terre étrange et changeante, à peine l’ai-je mentalement qualifiée de désert qu’elle se change en pâturage, de plaine qu’elle offre des flancs de montagne à gravir ? Quelle est donc cette contrée qui nous gâte de tous ces contrastes ? Nous sommes dans le Sur Lipez, province située au sud-ouest de la Bolivie et où la densité de population n’est que de 0,3 habitant au km2, où 99% de la population n’a pas accès à l’électricité, 90% ne dispose pas de sanitaire et tous ne parlent pas l’espagnol. Ses habitants vivent exclusivement de l’agriculture et de l’élevage et les lamas forment une grande partie du cheptel.

Un des deux hameaux traversés est en fait la capitale de cette province. Il se nomme San Pablo de Lipez, et nous en visiterons malheureusement l’infirmerie car l’un d’entre nous souffre cruellement de l’altitude. Le lieu est intéressant, on y entre par la rue principale (l’unique rue pour être exact) et on aperçoit, avant même ses premières maisons, son terrain de foot sur lequel quelques joueurs s’entraînent à la course. Mais où trouvent-ils donc tant d’énergie ? A 4,200m d’altitude, pour nos organismes fatigués chaque effort est une bataille, et chaque bouffée d’air aspirée se fait prier à rentrer dans nos poumons. Leur tonus leur vient de la mastication des feuilles de coca qui dilatent les alvéoles pulmonaires et rendent (bien agréablement) euphorique.

San Pablo de Lipez - capitale de la province du Sur Lipez

L’infirmerie est, avec l’église, un des pôles centraux du village et le vieux bâtiment recèle d’affiches incitant à la prévention (planning familial, tuberculose, cancers féminins, etc.).

Les murs de l'infirmerie de San Pablo de Lipez et ses affichages sur la prévention en tout genre

Rappelons que l’espérance de vie moyenne en Bolivie est d’environ 66 ans, ce qui la place au 154ème rang mondial (sur 221 pays répertoriés). Comme nous sommes ici dans une des provinces les plus pauvres du pays, on imagine que les chiffres sont encore plus déplorables, vraisemblablement parmi les plus bas au monde.

Nous reprenons la route et parcourons de nouveaux espaces immenses avec en toile de fond d’impressionnants sommets enneigés se dressant au-dessus de l’altiplano. Notre premier jour est couronné par un soleil couchant aux teintes rougeoyantes.

Sommet andin enneigé

Coucher de soleil

Finalement nous arrivons fourbus par les secousses au deuxième hameau San Antonio de Lipez, où nous nous apprêtons à passer la nuit et faire la rencontre de la petite Anna.

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2010. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Première traversée des Andes…

Posted in Voyage - Argentine, Voyage - Chili with tags , , , , , , , on 1 décembre 2009 by Placet
Peu de temps ces derniers jours pour écrire tranquillement, alors nous vous proposons quelques photos de notre première traversée des Andes (en bus, rien de particulièrement sportif :-)…). Trajet très agréable entre Santiago de Chile et Mendoza, avec une symétrie amusante de part et d’autre des Andes puisque nous avons débuté notre trajet au milieu des vignes chiliennes et l’avons terminé par la traversée de leurs concurrentes argentines.

Cordillère des Andes - versant chilien

Cordillère des Andes - versant chilien

Si les vignobles de la région sont sans doute plus spectaculaires en automne ou en hiver, le passage des Andes est particulièrement impressionnant. Route de montagne rugueuse et très abrupte côté chilien, avec beaucoup de lacets serrés dans un décor de roches et de neige assez gris. On passe devant la station de ski de Portillo, célèbre pour avoir accueilli les championnats du monde de ski alpin en 1965 et pour servir désormais de terrain d’entraînement estival à plusieurs équipes nationales. Le terrain se fait de plus en plus gris et « lunaire » à l’approche de la frontière, on n’est pourtant qu’à 3 000 mètres d’altitude à peine.

Cordillère des Andes - versant argentin

Cordillère des Andes - versant argentin

Après un passage de douane amusant et des contrôles plus procéduriers que stricts, le paysage change immédiatement sur le versant argentin, avec une plaine buissonneuse et des massifs montagneux plus colorés que du côté chilien – ou est-ce le soleil qui s’est levé ? Les enseignes usées des quelques auberges et hôtels en bord de route nous rappellent dans un joyeux désordre que nous sommes (pour notre plus grand plaisir !) de retour en Argentine. Le contraste est net avec l’aspect sérieux ascendant rigide de Portillo et symbolise de façon amusante l’ambiance profondément différente de deux pays pourtant voisins – nous y reviendrons. Encore quelques heures de voyage tranquilles et nous arrivons dans la chaleur étouffante de Mendoza, ville plus calme et jolie que passionnante.

Cordillère des Andes - versant argentin

Cordillère des Andes - versant argentin

Un peu de repos avant de passer la journée du lendemain à sillonner en vélo les vignobles des environs. Rien de particulier à signaler à ce propos, les vignobles sont agréables et les vignerons très accueillants, mais les vins que nous avons goûtés ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable (peut-être avions nous des attentes trop élevées ?). Il a par contre, sur le chemin du retour, donné des ailes à Anne qui pédalait fort difficilement avant nos premières visites de caves. La prochaine fois, nous programmerons notre première dégustation après cent ou deux cents mètres, et nous devrions avoir le temps d’en faire beaucoup plus !

Bodega La Rural - Mendoza

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Carnet de route patagonien, troisième partie : El Calafate, immensité battue par le vent, chiens errants et glaciers bleutés

Posted in Voyage - Argentine with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 23 novembre 2009 by Placet

Vol Bariloche - El Calafate : Cordillère des Andes

Après un incroyable trajet en bus entre Buenos Aires et Bariloche, nous aurions volontiers renouvelé l’aventure pour nous rendre à El Calafate, située à 1 500km au sud, en direction de la Terre de Feu. Ceci nous aurait en plus permis de suivre la Ruta 40, réputée à la fois pour son aspect particulièrement sauvage et pour avoir été dans les années 50 l’épine dorsale de la traversée de l’Amérique Latine du jeune Ernesto Guevara, qui a relaté la naissance des son idéal révolutionnaire dans les Diarios de Motocicleta (« journal à moto »). Las, les liaisons en bus étant extrêmement longues et malaisées, nous nous sommes résolus à voler. Bien nous en a pris, nous avons eu la chance de survoler la Cordillère des Andes pendant plus d’une heure et demi sous un soleil superbe. Sympa !

Vol Bariloche - El Calafate : Cordillere des Andes

El Calafate

L’histoire et le développement d’El Calafate, étrange petite ville perdue au milieu d’une immense étendue (plus de 300 km la séparent de la localité la plus proche), sont étroitement liés à ceux de la Patagonie dans son ensemble. El Calafate fut officiellement fondée en 1927 pour servir de plate-forme à l’élevage et au commerce ovins, alors activités principales de la région. L’âge d’or de ceux-ci (1890-1920) étant derrière eux, la ville s’est développée lentement jusqu’au dernier quart du vingtième siècle, lorsque la Patagonie a décidé d’axer son développement sur le tourisme au détriment de l’élevage ovin, pénalisé par l’effondrement des prix de la laine.

El Calafate

Paradoxalement, c’est la crise financière de 2001 qui a donné son véritable essor à la population de la ville, qui a triplé en huit ans. De nombreux habitants de Buenos Aires, sans perspectives dans la capitale, sont venus dans le sud pour tenter de profiter de la manne touristique engendrée par la dévaluation du peso en ouvrant des bed and breakfasts et des restaurants. La ville qui compte désormais 20 000 habitants et est desservie par un (minuscule) aéroport, est devenue un point de passage quasi-obligé pour les randonnées vers le glacier Perito Moreno et le massif montagneux d’El Chalten et offre même des excursions vers le parc chilien de Torres del Paine. Pas mal pour une ville affublée du nom d’une baie sauvage (le « calafate », sorte de grosse myrtille) et qui a mis vingt ans à compter plus de cent habitants permanents !

Lac d'El Calafate

Jeu de cerf-volant à El Calafate

Miracle de ce développement effréné, la ville a conservé un aspect désordonné et sauvage qui prend tout son sens dès qu’on sort du minuscule centre-ville. Les maisons sont petites, clairsemées et souvent construites à la va-vite -mélange de tôle et de bois-, et moins de cinq minutes de marche suffisent pour se retrouver en pleine nature. Pour la première fois, nous avons eu l’impression de découvrir un espace réellement sauvage, une immensité battue par le vent et où seuls les chiens semi-errants et néanmoins sympathiques venaient accompagner notre promenade. Un sentiment de liberté difficile à décrire, mais qui nous a saisis et donné l’impression d’être de vrais aventuriers alors que nous avions marché à peine un ou deux kilomètres, le temps de nous égarer du côté du cimetière et de la décharge municipale !

El Calafate

El Calafate

Un paysage magnifique donc, immense et libérateur, mais aussi brutal et sans merci. Presque autant que de nous promener chaque jour dans la plaine environnante, nous avons apprécié de regagner le petit hôtel en rondins tranquille et bien isolé dans lequel nous logions. Le calme et la chaleur ont une tout autre saveur lorsqu’on revient d’une longue promenade dans un vent glacial :-) Un séjour magique et apaisant, rendu plus spécial encore par les journées très longues (pas de coucher de soleil avant 22h00) qui permettaient de sortir et profiter d’un éclairage différent à de nombreuses reprises – on serait bien restés plus longtemps !

 

Glacier Perito Moreno

Glacier Perito Moreno

Enfin, nous nous sommes arrachés au confort d’El Calafate pour rendre visite au superbe glacier Perito Moreno, célèbre pour ses énormes blocs de glace bleutés. Un des plus vastes glaciers de Patagonie, Perito Moreno présente effectivement un front immense (près de 5 km) pour une hauteur émergée de plus de 60 mètres, qu’on peut au choix observer d’une plate-forme terrestre ou d’un bateau ou y randonner en crampons. Nous avons choisi l’option la plus simple, étant avant tout curieux d’observer les étonnantes couleurs du glacier. Difficile à transcrire en images, le bleu n’étant traditionnellement pas la couleur la mieux captée par les appareils photo, mais nous avons fait de notre mieux avec une lumière changeante…

Glacier Perito Moreno

Glacier Perito Moreno

Point notable en ces temps de réchauffement climatique, Perito Moreno est également un des rares glaciers de Patagonie à croître régulièrement, nourri par la fonte des neiges des Andes. D’un point de vue touristique toutefois, l’attrait principal du glacier réside dans les énormes blocs de glace qui se détachent régulièrement de sa façade dans un bruit de tonnerre ; si les ruptures totales du front du glacier sont rares (tous les quatre ans environ), les détachements de blocs sont en effet réguliers et font la joie des touristes présents ; nous aurions volontiers enregistré un film pour en partager les bruits avec vous, mais ceux-ci, souvent lointains, sont systématiquement couverts par les « Ooohh », « Aaahh » et « C’est beau » (les Français étant apparemment les plus nombreux ou les plus vocaux) des touristes présents, ce qui n’est pas particulièrement dépaysant…

Enfin, pour ceux et celles que ce cet article a alléchés, les chaînes montagneuses proches d’El Chalten (côté argentin) et Torres del Paine (au Chili) offrent des randonnées exceptionnelles. Le mauvais temps nous a empêché d’en profiter cette fois, mais nous avons depuis appris que quiconque goûte au calafate durant son séjour reviendra en Patagonie. A en croire la quantité de confiture de calafate que nous avons ingurgitée à Ushuaia, ce n’est pour nous que partie remise !

Et pour Ushuaia et la Terre de Feu, rendez-vous dans quelques jours…

Glacier Perito Moreno

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.