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Australie – Uluru : terre sacrée, roche de mystères

Posted in Nos créations, Voyage - Australie with tags , , , , , , , on 30 octobre 2009 by Placet

Le désert australien et la roche d'Uluru

Changement de décor aujourd’hui avec la découverte du désert australien, de la roche d’Uluru et du sentiment étrange d’être perdus au milieu de nulle part.

Isolée en plein coeur de l’Australie, à plus de 500km de la ville la plus proche (Alice Springs), la roche d’Uluru est pourtant une curiosité qui attire les touristes australiens et étrangers. Elle tient aussi une place à part dans la culture et spiritualité aborigènes, car elle représente pour eux un lieu sacré de culte et de cérémonies initiatiques. Uluru a une histoire mouvementée et représentative de la colonisation de l’Australie dans son ensemble.

En 1873, les colons se sont approprié la roche et l’ont baptisée alors du nom anglicisé d’Ayers Rock.  Au départ, ils ont installé sur le territoire des troupeaux, mais les réserves d’eau étant bien maigres dans le désert, l’accès à l’eau et donc les conditions de vie sont devenus de plus en plus difficiles pour les populations indigènes de la région, les Anangu (ou Pitjantjatjara). Coup de grâce quand en 1930 l’exploitation touristique du lieu a commençé. Pour les Anangu, la roche étant sacrée, elle est comme souillée lorsqu’elle est gravie hors d’un contexte spirituel, ce qui malheureusement n’est pas très bien compris et même accepté de la part de nombreux touristes…

Il a fallu attendre 1985 ppour que l’Etat australien rende enfin la propriété du lieu aux Aborigènes, ainsi que son nom d’origine : fini Ayers Rock et retour d’Uluru !  Mais  l’attrait financier reste encore trop fort, puisque même si les Anangu en sont les propriétaires officiels, on leur a imposé d’en concéder l’exploitation commerciale à une société publique pour 99 ans. Le résultat : un accord de polichinelle, puisque la pierre est toujours régulièrement souillée par les visiteurs et la manne financière tombe directement dans la poche de l’Etat… Et quelle manne : les touristes sont très nombreux et les prix des logements exorbitants (comptez plus de 70 euros pour une nuit sous une tente dans un camping de troisième zone…).

"Les colons et les aborigènes australiens", Anne Placet 2009, pastel à l'huile

Mais laissons là les considérations économiques et repartons à l’exploration de cette roche mystérieuse.

Elle jaillit à l’horizon dans toute sa couleur orangée, du haut de ses 350 mètres et avec une circonférence de 9,4 km. Point culminant et improbable sur une étendue désertique tout à fait plate par ailleurs. Ce contexte lui donne une présence irréelle, à tel point que j’ai cru tout d’abord, un peu naïvement, qu’il s’agissait d’une météorite qui se serait écrasée sur terre il y a des millions d’années. En creusant un peu, nous avons compris que sa génèse fut un peu moins poétique, mais tout aussi violente puisqu’il s’agit d’un ancienne zone volcanique. Cette roche, qui me donnait l’impression d’un éléphant couché, n’a donc rien d’extraterreste…

"Uluru graffiti style - l'éléphant couché", Anne Placet 2009, acrylique sur toile

Mais ces explications géologiques n’enlèvent rien au mystère. Les Anangu, eux, y ont vu un lieu mythique où la création du monde a pris place et expliquent par de nombreuses fables comment la pierre est née, ainsi que chaque irrégularité à sa surface. Tout cela est présenté dans le petit musée au pied de la roche, ainsi que beaucoup d’éléments sur le mode de vie traditionnel aborigène. Fascinant de voir comment ils se sont servis des ressources rares du désert pour créer un mode de vie plein de coutumes et de rites. Ce qui amène malheureusement à faire rapidement un constat bien plus sombre : leur culture est aujourd’hui en voie de disparition…

On trouve également dans le musée des témoignages d’anciens touristes repentants, qui n’ont pas résisté et sont partis avec dans leurs poches un peu de poussière de roche et des gravats. Ils expliquent comment en désobéissant aux lois Anangu, ils ont souffert des pires malheurs depuis leur retour (morts subites et maladies graves dans leurs familles) et renvoient les « objets » volés à leurs propriétaires, espérant ainsi chasser la terrible malédiction.

Pour notre part, nous avons trouvé la roche et le ciel du désert bien fascinants et sommes repartis sans gravas et poussières, mais avec des photos à l’atmosphère mystérieuse. A vous de juger de la magie du lieu :

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

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