Archives de Cambodge

Asie du Sud-Est, lexique du voyageur

Posted in Voyage - Divers with tags , , , , , , , , , on 18 juin 2009 by Placet

Hong Kong, son ambiance lisse, ordonnée et cosmopolite… Un répit, tout d’abord, et le retour à un univers plus familier après trois mois passionnants mais parfois épuisants en Asie du Sud-Est ; puis, après quelques jours, la réalisation a posteriori du « choc culturel » auquel la première partie de notre voyage nous a exposés. Pour notre premier séjour en Asie, nous avons pris soin de nous plonger autant que possible dans l’environnement local avec le seul souhait de le vivre et de l’observer, laissant -pour une fois- l’analyse pour plus tard. Quelques semaines plus tard, nous aurons beaucoup négocié (nous y reviendrons), rencontré des personnages passionnants et découvert des paysages fantastiques mais aussi pataugé dans des stations de bus sordides et combattu quelques blattes, et enfin beaucoup appris sur nous-mêmes et les pays que nous avons parcourus, non sans avoir traversé de longs moments de perplexité… De façon intéressante,c’est en nous déplaçant constamment par nos propres moyens et en compagnie des locaux que nous commencé à les comprendre un petit peu, en tout cas à développer un « vécu » et un ressenti qui se précisent seulement maintenant. Pour le pire et le meilleur, chaque trajet a été passionnant et instructif, parfois réjouissant (en Thaïlande notamment), souvent troublant (Cambodge) et presque toujours long et épuisant. Plus prosaïquement, voyager au contact des locaux et d’autres globe trotters nous a également permis de nous familiariser avec un nouveau langage où les mots n’ont pas toujours la signification qu’on leur connaît habituellement. Nous avons regroupé ci-dessous les expressions que nous avons entendues ou utilisées le plus souvent dans le cadre de nos déplacements ou de nos transactions commerciales avec les locaux – situations où le statut de touriste se fait le plus cruellement sentir. Certaines sont très claires, mais il nous a fallu des semaines pour en déchiffrer d’autres. En avant pour le « lexique du voyageur », du plus simple au plus compliqué ! « Marijuana? » : pas besoin de traduction. On m’en a proposé à peu près cent cinquante fois à Ho Chi Minh City, sans que je sache si j’avais l’air soudainement très cool ou simplement plus naïf que la moyenne ? Affaire non élucidée, nous n’avons pas poussé plus avant les négociations… « Special price for you! » : une proposition parfaitement honnête, puisque le prix qu’on nous propose est effectivement très « spécial » – à la hausse malheureusement. Ca nous a beaucoup fait sourire, et quelques commerçants ont même convenu avec nous de l’aspect amusant de cette offre. « Where you go (today/tomorrow)? » : où vas-tu (aujourd’hui / demain) ? En Thaïlande, premier pays que nous avons visité, c’est apparemment la façon préférée des locaux d’engager la conversation, et pas seulement avec les touristes – une sorte de salutation assez proche du « comment ça va? » des Occidentaux, question un peu convenue mais sans malice particulière. Au Vietnam par contre (alors que nous avions relâché notre garde !), l’idée est « dis-moi où tu vas et je t’y emmène », ! voire « je t’y emmène de toute façon, même si tu ne veux pas y aller ! ». Entame assez visible, facilement esquivée d’un standard : « on se promène ! ». « Where you from? » : plus subtil, le « d’où viens-tu ? » a une triple fonction. Dans son rôle le plus simple, il sert à celui qui pose la question à vous sortir quelques mots dans votre langue ou des allusions à la culture nationale (pour les Français, ça commence immanquablement par « Paris » puis « Zidane »…). Une version un peu plus élaborée des chauffeurs de rickshaw (pousse-pousse) vietnamiens consiste à vous sortir un carnet avec une litanie de « recommandations » de touristes de même langue vantant les mérites de votre nouvel ami et de ses fantastiques tours de la ville – sympa, mais pas très utile quand vous préférez marcher ! Enfin, l’usage le plus subtil de la question consiste à déterminer un tarif de départ lors d’une négociation ; très pratique quand vous êtes français (cf. un précédent article), nettement moins si vous êtes allemand ou américain (pour les Canadiens, nous n’avons pas testé, mais le « Français » est une valeur sûre, vraiment tout en bas de l’échelle !). « Which hotel you stay? » : même fonction que la question précédente dans sa dernière version – évaluer votre pouvoir d’achat. Si vous logez dans un hôtel miteux, dites-le ! Sinon, repérez sur un guide l’adresse d’un hôtel à cinq dollars ou bien répondez évasivement, vous ferez de grosses économies… « No, thanks » : très mauvais et à éviter absolument, surtout avec lorsqu’on le dit avec le sourire ! Au Vietnam, nous nous sommes longuement agacés de voir les chauffeurs de moto et autres rabatteurs refuser de prendre nos « non, merci » pour une réponse et continuer à nous harceler. Si des versions moins courtoises permettent à coup sûr de se défaire des importuns, c’est régulièrement au prix de longs efforts. Ce n’est qu’après trois semaines que nous avons compris, en fréquentant de plus près des locaux, qu’ignorer (de préférence hautainement) est la seule façon efficace d’exprimer un refus ou une absence d’intérêt, et qu’elle semble parfaitement acceptée (ou en tout cas subie) ! Nous nous sommes donc empressés d’appliquer cette nouvelle méthode et notre vie a radicalement changé : notre TPSDDE (« temps pour se débarrasser des emmerdeurs ») à la sortie des bus est passé de cinq minutes à moins de vingt secondes, sans que les « victimes » de cette nouvelle stratégie n’en semblent blessées. Changement de contexte culturel sans doute, où il est plus gênant de faire « perdre la face » à son interlocuteur en acceptant de lui parler puis de repousser son offre que de simplement l’ignorer ? A voir, mais en tout cas, n’hésitez pas, vous vous économiserez bien des efforts ! « Maybe later » : avec le silence, c’est l’arme fatale au Vietnam. Ca ne veut rien dire et ça n’engage à rien, mais c’est une façon parfaitement acceptée de repousser une sollicitation. Puisque l’important (cf. ci-dessus) est de ne pas opposer un refus définitif, « peut-être plus tard » est une façon formidable et sans appel de décliner une offre, à laquelle nos interlocuteurs n’ont pas (encore) trouvé de parade. A consommer sans modération ! « How long you been married? » ou « Are you on honeymoon? » : question très répandue au Vietnam, qui précède souvent « déjà des enfants ? ». Comme « sept ans de mariage, pas d’enfants » ne manque jamais de provoquer un grand silence, Anne a décidé de changer de stratégie et de nous déclarer en honeymoon. Inspiration de génie – la « lune de miel » est, dans une société encore très « familiale » où les jeunes mariés, installés souvent avec les parents de monsieur, ont une intimité limitée, une opportunité unique de, bref… Chaque personne nous croyant en honeymoon semblait faire son devoir de nous choyer, nous faire des réductions et nous mettre ainsi dans les meilleures conditions pour… Personnellement, je persiste à penser qu’il est très vilain de mentir ainsi, mais ça marche !

A la découverte d’Angkor: ses temples… et ses enfants

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , , on 19 avril 2009 by Placet

Première étape de notre itinéraire cambodgien : les temples d’Angkor et la ville de Siem Reap.

Je ne vous cache pas notre très grande impatience et notre fébrilité à l’idée de visiter ce lieu mythique. Nous en avions tellement entendu parler, pourtant nous ne savions pas très bien à quoi nous attendre. Dans un reportage, certaines photos nous avaient laissé imaginer un lieu sauvage et perdu au milieu d’une jungle foisonnante ; mais le flux touristique important nous poussait à croire que de nombreux aménagements avaient rendu le lieu très praticable. Dilemme : faillait-il emmener une machette pour se frayer un passage au milieu d’une végétation dense, craindre cobras (nombreux dans la région) et araignées à taille déraisonnable ? Pas nécessaire, loin de là. Nous avons certes trouvé une forêt tropicale, mais largement manucurée.

Il faudrait au moins une semaine pour presque tout visiter, tellement les vestiges sont nombreux et dispersés. Mais une boucle de deux jours intensifs nous a permis de voir beaucoup de temples : des plus sauvages comme Ta Phrom où des arbres gigantesques ont littéralement poussé au milieu des murs (voir les photos – lien au bas de l’article), aux plus sublimes comme Angkor Wat (un des plus récents datant du 12ème, alors que les plus anciens datent du 9ème siècle). Nous avons été étourdis par la beauté du lieu ! Notre coup de coeur va incontestablement au lever de soleil sur Angkor Wat . Je vous laisse admirer le site par vous même.

 PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157616855605479/show/

Autre aspect étonnant et tout à fait inattendu de cette visite, les rencontres avec « les enfants des temples ». Ils sont nombreux à vivoter du tourisme depuis leur plus jeune âge (3 à 4 ans !). Ils sont toujours présents sur les sites, en groupe, des panières de cartes postales, de T-shirts, de bracelets, accrochées à l’épaule. Ils sont trop pauvres pour aller à l’école (qui coûte 1 à 2 US$ par jour, une vraie fortune pour les locaux) et leurs maigres revenus sont essentiels à la survie de leurs familles. Pourtant, ils sont étonnants d’intelligence, car dès le plus jeune âge, ils apprennent à parler l’anglais au contact des touristes (le coréen, le chinois et le japonais, nous a-t-on dit également, mais nous n’avons pas pu tester), et  certains sont capables de tenir une longue conversation. Même si systématiquement elle commence par : « achète moi des cartes postales, 1US$ les 10 » ou encore « 5 bracelets, 1$, lady please… », si on prend patience, qu’on leur demande leur nom et qu’on pose quelques questions, parfois on est récompensé par de joyeuses conversations. Leur masque rigide de business man ou woman fond enfin et laisse échapper une joie toute enfantine, espiègle et spontanée, malgré la misère si présente. C’est ainsi que nous avons rencontré Amine, jeune fille de 13 ans, flirteuse et pleine de vie. Vous la verrez en photo auprès de Silam, sa petite copine de 6 ans. Ou encore, cette longue conversation avec Ly, 14 ans, aîné d’une fratrie de 8 et orphelin de père. Dans un anglais presque parfait, il nous a expliqué la pauvreté d’un pays qui a tant souffert, exterminant 2 millions de ses 7 millions d’habitants de 1975 à 1979. Selon lui, il n’y a aucun espoir pour les jeunes ne venant pas des quelques familles devenues riches grâce à la corruption. Il était très amer face à un pouvoir politique qui détourne les fonds publics et qui n’assure aucune protection sociale, ni système de santé, ni éducation efficace à ses citoyens. Aucune chance, nous a-t-il dit, pour lui de s’en sortir ici. Il rêve de partir ailleurs, peut-être en Malaisie pour vivre mieux, mais il n’arrive pas à réunir l’argent nécessaire pour le voyage, car il doit prendre soin de sa famille.

Des paroles trahissant des conditions de vie plus que précaires, qui  malheureusement poussent  ces familles à trouver des solutions de court terme et sacrifier toute chance de se construire un meilleur avenir…

Don’t worry, be happy…

Posted in Cuisine, Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , on 17 avril 2009 by Placet

Un petit mot pour partager avec vous une amusante découverte que nous avons faite à Phnom Penh… Comme c’est ici la Nouvelle Année (en passant, Joyeuses Pâques à tous !), de nombreux commerces sont fermés et les options pour déjeuner ou dîner sont tout à coup bien limitées – notamment les cafés et restaurants khmers dont les propriétaires sont partis passer quelques jours en famille. Heureusement, un type de restaurants reste largement ouvert sur le quai Sisovath, seul endroit encore animé d’une Phnom Penh quasi-déserte : les pizzerias. Et pas n’importe lesquelles : les « Happy » pizz(eri)as, ou pizzerias « heureuses ».

Sympa comme programme, nous sommes écrasés par la chaleur, un petit remontant ne fait pas de mal… Sauf que, bizarrement, il semble possible de commander des pizzas « happy » ou non. A ce stade, un horrible soupçon nous saisit – qu’est-ce que la « happy pizza » peut receler, qui puisse pousser des clients masochistes à commander des pizzas autres qu’heureuses ? En regardant d’un peu plus près les clients autour de nous, on leur trouve effectivement l’air plutôt détendu, mais l’oeil vitreux et le regard étrange. A cet instant, nous connectons nos trois neurones pas encore fondus par la chaleur cambodgienne : le « happy herb », c’est de la marijuana… C’est donc pour ça que le méchant monsieur à la tête de voyou nous en proposait à l’entrée !

Plus sérieusement, ce type d’offre est tout à fait légal ici (au Laos aussi, même si on le voit moins), et pas dangereux dès lors que vous êtes au courant de sa signification (ça marche essentiellement avec les pizzas et les fruit shakes). Pensez-bien à préciser par contre (si c’est bien le cas !) que vous ne voulez pas un plat « happy » car ca pourrait bien être sinon le choix par défaut ! Et même si vous souhaitez ajouter -si j’ose dire-un peu de piment à votre séjour, renseignez-vous bien sur la nature du « happy ingredient » : apparemment, il peut parfois s’agir d’opium, d’amphétamines ou de champignons…

Nous, on a pris des pâtes – option « triste » !

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