Archive for the Voyage – Laos & Cambodge Category

La production de la soie en image: toutes les étapes du ver à l’écharpe!

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , on 19 avril 2009 by Placet

Nous avons profité de notre séjour à Siem Reap au Cambodge pour visiter les Artisans d’Angkor, une association qui forme les jeunes à des métiers de l’artisanat, et notamment à la production de la soie.

Pour moi, le processus de fabrication de cette matière a toujours été un grand mystère, alors j’ai décidé de capturer les différentes étapes à l’aide de petits films. Si vous êtes comme moi et vous demandez comment un ver peut produire une magnifique écharpe, j’espère que la lecture de ce qui suit vous éclairera.

  • La genèse : l’accouplement des deux papillons (dont le petit nom savant est les bombyx du mûrier) à leur sortie du cocon (la petite boule jaune duveteuse que vous découvrirez sur le film).

     

  • De la larve au ver : chaque femelle pond en moyenne 300 à 700 oeufs qui vont se transformer en appétissants petits vers. Ils sont nourris plusieurs fois par jour avec des feuilles de mûrier, cueillies à la main spécialement pour eux. Sur ce film vous voyez le renouvellement des feuilles.

 

  • Du ver au cocon : la chenille s’enferme dans un magnifique cocon jaune (au Cambodge en tout cas, la couleur est un peu différente en Chine et en Inde), qui va être trempé dans l’eau chaude et déroulé à l’aide d’une machine pour former le fil de soie

 

  • La teinture du fil: ici vous voyez l’usage d’une teinture naturelle mélangée à de l’eau bouillante dans laquelle le fil de soie est plongé.

  • Le tissage de la soie sur métier manuel:

Enfin, un petit truc : pour reconnaître la vraie soie du nylon ou autres imitations synthétiques, faites brûler un petit fil (pas plus !), il doit s’il est en soie sentir le cheveu brûlé, pas le plastique fondu (apparemment, on ne peut pas se tromper, même si on ne se fait pas souvent brûler le scalp !).

A la découverte d’Angkor: ses temples… et ses enfants

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , , on 19 avril 2009 by Placet

Première étape de notre itinéraire cambodgien : les temples d’Angkor et la ville de Siem Reap.

Je ne vous cache pas notre très grande impatience et notre fébrilité à l’idée de visiter ce lieu mythique. Nous en avions tellement entendu parler, pourtant nous ne savions pas très bien à quoi nous attendre. Dans un reportage, certaines photos nous avaient laissé imaginer un lieu sauvage et perdu au milieu d’une jungle foisonnante ; mais le flux touristique important nous poussait à croire que de nombreux aménagements avaient rendu le lieu très praticable. Dilemme : faillait-il emmener une machette pour se frayer un passage au milieu d’une végétation dense, craindre cobras (nombreux dans la région) et araignées à taille déraisonnable ? Pas nécessaire, loin de là. Nous avons certes trouvé une forêt tropicale, mais largement manucurée.

Il faudrait au moins une semaine pour presque tout visiter, tellement les vestiges sont nombreux et dispersés. Mais une boucle de deux jours intensifs nous a permis de voir beaucoup de temples : des plus sauvages comme Ta Phrom où des arbres gigantesques ont littéralement poussé au milieu des murs (voir les photos – lien au bas de l’article), aux plus sublimes comme Angkor Wat (un des plus récents datant du 12ème, alors que les plus anciens datent du 9ème siècle). Nous avons été étourdis par la beauté du lieu ! Notre coup de coeur va incontestablement au lever de soleil sur Angkor Wat . Je vous laisse admirer le site par vous même.

 PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157616855605479/show/

Autre aspect étonnant et tout à fait inattendu de cette visite, les rencontres avec « les enfants des temples ». Ils sont nombreux à vivoter du tourisme depuis leur plus jeune âge (3 à 4 ans !). Ils sont toujours présents sur les sites, en groupe, des panières de cartes postales, de T-shirts, de bracelets, accrochées à l’épaule. Ils sont trop pauvres pour aller à l’école (qui coûte 1 à 2 US$ par jour, une vraie fortune pour les locaux) et leurs maigres revenus sont essentiels à la survie de leurs familles. Pourtant, ils sont étonnants d’intelligence, car dès le plus jeune âge, ils apprennent à parler l’anglais au contact des touristes (le coréen, le chinois et le japonais, nous a-t-on dit également, mais nous n’avons pas pu tester), et  certains sont capables de tenir une longue conversation. Même si systématiquement elle commence par : « achète moi des cartes postales, 1US$ les 10 » ou encore « 5 bracelets, 1$, lady please… », si on prend patience, qu’on leur demande leur nom et qu’on pose quelques questions, parfois on est récompensé par de joyeuses conversations. Leur masque rigide de business man ou woman fond enfin et laisse échapper une joie toute enfantine, espiègle et spontanée, malgré la misère si présente. C’est ainsi que nous avons rencontré Amine, jeune fille de 13 ans, flirteuse et pleine de vie. Vous la verrez en photo auprès de Silam, sa petite copine de 6 ans. Ou encore, cette longue conversation avec Ly, 14 ans, aîné d’une fratrie de 8 et orphelin de père. Dans un anglais presque parfait, il nous a expliqué la pauvreté d’un pays qui a tant souffert, exterminant 2 millions de ses 7 millions d’habitants de 1975 à 1979. Selon lui, il n’y a aucun espoir pour les jeunes ne venant pas des quelques familles devenues riches grâce à la corruption. Il était très amer face à un pouvoir politique qui détourne les fonds publics et qui n’assure aucune protection sociale, ni système de santé, ni éducation efficace à ses citoyens. Aucune chance, nous a-t-il dit, pour lui de s’en sortir ici. Il rêve de partir ailleurs, peut-être en Malaisie pour vivre mieux, mais il n’arrive pas à réunir l’argent nécessaire pour le voyage, car il doit prendre soin de sa famille.

Des paroles trahissant des conditions de vie plus que précaires, qui  malheureusement poussent  ces familles à trouver des solutions de court terme et sacrifier toute chance de se construire un meilleur avenir…

Don’t worry, be happy…

Posted in Cuisine, Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , on 17 avril 2009 by Placet

Un petit mot pour partager avec vous une amusante découverte que nous avons faite à Phnom Penh… Comme c’est ici la Nouvelle Année (en passant, Joyeuses Pâques à tous !), de nombreux commerces sont fermés et les options pour déjeuner ou dîner sont tout à coup bien limitées – notamment les cafés et restaurants khmers dont les propriétaires sont partis passer quelques jours en famille. Heureusement, un type de restaurants reste largement ouvert sur le quai Sisovath, seul endroit encore animé d’une Phnom Penh quasi-déserte : les pizzerias. Et pas n’importe lesquelles : les « Happy » pizz(eri)as, ou pizzerias « heureuses ».

Sympa comme programme, nous sommes écrasés par la chaleur, un petit remontant ne fait pas de mal… Sauf que, bizarrement, il semble possible de commander des pizzas « happy » ou non. A ce stade, un horrible soupçon nous saisit – qu’est-ce que la « happy pizza » peut receler, qui puisse pousser des clients masochistes à commander des pizzas autres qu’heureuses ? En regardant d’un peu plus près les clients autour de nous, on leur trouve effectivement l’air plutôt détendu, mais l’oeil vitreux et le regard étrange. A cet instant, nous connectons nos trois neurones pas encore fondus par la chaleur cambodgienne : le « happy herb », c’est de la marijuana… C’est donc pour ça que le méchant monsieur à la tête de voyou nous en proposait à l’entrée !

Plus sérieusement, ce type d’offre est tout à fait légal ici (au Laos aussi, même si on le voit moins), et pas dangereux dès lors que vous êtes au courant de sa signification (ça marche essentiellement avec les pizzas et les fruit shakes). Pensez-bien à préciser par contre (si c’est bien le cas !) que vous ne voulez pas un plat « happy » car ca pourrait bien être sinon le choix par défaut ! Et même si vous souhaitez ajouter -si j’ose dire-un peu de piment à votre séjour, renseignez-vous bien sur la nature du « happy ingredient » : apparemment, il peut parfois s’agir d’opium, d’amphétamines ou de champignons…

Nous, on a pris des pâtes – option « triste » !

Au fil du Mékong, ou quel avenir pour le Laos ?

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , , on 16 avril 2009 by Placet

Les trois pays que nous sommes en train d’explorer (Laos, Cambodge et Vietnam) sont tous traversés par le Mékong. Ce fleuve de 4 000 km de long, classé 12ème plus long fleuve au monde, tient ou a tenu une place importante dans leur vie économique ou leur organisation géographique. Il sera pour nous un lien essentiel dans notre voyage et un axe de communication que nous emprunterons partiellement à chaque étape.

La première en date fut au Nord du Laos à Luang Prabang, lors d’une excursion touristique. Au Laos, le Mékong a perdu son rôle d’affrètement, depuis que le pays a amélioré ses voies de communication terrestres. Il nous a pourtant semblé que les déplacements par la route étaient extrêmement lents et dangereux à cause du relief très montagneux, notamment dans la moitié Nord du pays. Les routes ont la caractéristique d’être à flanc de montagne, et d’offrir systématiquement à la vue un précipice vertigineux, qui pourrait très bien se transformer en pente savonneuse pendant la saison des pluies. Le panorama est saisissant à condition de ne pas souffrir du vertige !

En ce qui concerne le Mékong, même s’il a perdu la large majorité de son trafic, il reste néanmoins un excellent moyen d’observer la vie locale sous un angle assez différent, dans ce pays qui reste essentiellement rural (plus de 75% de la population vit à la campagne).

Lors de notre voyage en bateau, le vert a été la couleur dominante, la gamme s’étalant du vert très sombre de l’eau à celui très éclatant de la végétation. De temps à autre, les pirogues des pêcheurs solitaires attrapent le regard, et soudain vous êtes surpris de voir qu’ils portent des T-shirts sur lesquels des marques célèbres ou des mots en anglais interpellent le chaland. Conservatisme étrangement mêlé au consumérisme capitaliste et à la contrefaçon : un paradoxe inattendu dans ce lieu où le temps semble s’être arrêté il y a quelques décennies déjà !

Puis, vous apercevez des cabanes en bambou assemblées par grappe à flanc de colline, surplombant la rive. Chacune utilise comme jardin potager un bout de terrain, sableux et instable, bordant le fleuve. De temps à autre, une femme bêche, un homme revient de la pêche, des enfants qui font l’école buissonnière jouent sur la rive.

Des paysages superbes qui contiennent tout de même une dose de mélancolie très perceptible, notamment dans le regard des conducteurs de bateau navette. Malgré la décroissance rapide du trafic fluvial (essentiellement les occasionnels touristes à présent), ces hommes semblent figés dans un avenir incertain, sans volonté apparente de quitter ce métier, qui se transmet de génération en génération, pour s’assurer un avenir plus florissant ailleurs. Le fleuve les a-t-il conquis à jamais, ou est-ce le poids de soixante ans de communisme qui a anéanti en eux toute prise d’initiative ?

C’est un sentiment malheureusement qui nous a saisi trop fréquemment durant notre exploration du Laos. De nombreux visages marqués par l’empreinte de la fatalité, des regards tristes et résignés, trahissant l’absence d’envie de lutter, de faire changer un destin trop dur à assumer. Drame humain dont la population aura du mal à se relever. Où donc est passée la joie de vivre laotienne, dont nous avions tant entendu parler avant notre voyage ? Nous ne l’avons perçue que trop rarement, est-elle à jamais enterrée sous le poids très lourd de la colonisation, d’une guerre sanglante et d’un régime totalitaire… Quel peut être l’avenir du Laos ?

Quelques PHOTOS : 

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157616768272629/

Des méfaits du tourisme…

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , on 15 avril 2009 by Placet

Sans nous étendre davantage tant le sujet a déjà été débattu, nous avons malheureusement constaté à de nombreuses reprises depuis notre départ combien le tourisme biaise (pourrit ?) les relations entre individus et déséquilibre les environnements économiques et sociaux. Heureusement, ce triste phénomène prend parfois un coté (tragi)-comique, comme lors de notre visite à Luang Prabang, ville du nord du Laos réputée pour ses temples.

Comme Anne l’a évoqué dans un précédent article, les moines ont pour habitude de recueillir, très tôt dans la journée, les offrandes de nourriture des habitants qui leur procurent ainsi le premier de leurs deux repas quotidiens. Cette coutume, très répandue dans les pays bouddhistes d’Asie du Sud-Est, est remarquable à Luang Prabang en raison de la très forte concentration de temples dans une ville par ailleurs assez petite (en termes mathématiques, on pourrait dire que le ratio moine par habitant est nettement au-dessus de la moyenne). Résultat – la procession matinale des moines, qui viennent avec leur urne recevoir les offrandes des habitants installés le long des rues, est devenu un événement touristique essentiel de la ville. Il est même possible d’acheter (pour la modique somme de $3 !) des petits paniers de riz que l’on pourra offrir aux moines (pas de problème si vous n’avez aucune idée de la signification de tout celà, l’important n’est-il pas de participer !).

Dilemme donc, à l’heure d’aller me coucher pour ma première nuit à Luang Prabang : l’événement semble clownesque, mais le photographe en moi se dit qu’il y a peut-être quelques beaux moments à saisir, et qu’à 6 heures du matin, les touristes ne seront peut être pas si nombreux, aidant à préserver un peu d’authenticité à la scène. Allons-y, réveil…

Lendemain matin, réveil difficile à 5 heures 45, toilette rapide, j’attrape quelques pellicules, et nous nous mettons en route ! A peine dans la rue, de vieilles dames tentent de nous vendre les fameux panier de riz. « No, thanks ». Puis un premier cortège de moines arrive – la lumière est mauvaise, mais je fais quelques réglages avant de regarder autour de moi : raté, il y a bien des touristes. Beaucoup, beaucoup de touristes d’ailleurs, et les appareils photo ne manquent pas. Le genre de situation qui ne m’inspire pas franchement. Pas grave, on s’est levés, on va tenter de capter quelques instants sympas. D’ailleurs, une nouvelle colonne de moines arrive. Je trouve un point de vue intéressant, observe les différents cadrages possibles, et m’apprête à me fondre dans la scène quand j’entends derrière moi un dialogue entre deux femmes d’un certain âge (en français dans le texte) :

-« Pff, ce truc est vraiment trop touristique… Quand je pense que je ne sais même pas prendre de belles photos…

- Ben, pourquoi tu t’es levée alors ?

- C’est Jean-Pierre qui m’a envoyée – d’habitude, c’est lui qui prend les photos, mais là, il a mal aux intestins, alors il a dû rester couché !

- Oh la la, c’est embêtant ça !

- Oui, mais que veux-tu, il a les intestins fragiles, et comme il fait pas du tout attention à ce qu’il mange, forcément… »

Moment de réelle authenticité que j’ai choisi, dans un bref mais intense accès de découragement, pour poser mon appareil, m’éloigner un peu et observer de plus loin cette scène effectivement surréaliste… Décidément, le tourisme, c’est dur !

PS: pour les photos, voir l’article précédent !

Les étranges hommes en robe orange

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , on 10 avril 2009 by Placet

 

En Asie du Sud Est, la spiritualité est fortement présente dans la vie quotidienne et il est difficile de vraiment comprendre les différentes cultures que nous traversons sans quelques rudiments de Bouddhisme. Pour ce faire, nous avons donc décidé de participer à une retraite de deux jours dans un monastère. Il n’était ni question de se faire raser le crâne, ni de porter la fameuse robe orange, mais juste d’apprendre quelques techniques de méditation et de profiter de l’occasion pour discuter avec les moines de leur spiritualité. Nous n’avons pas atteint le Nirvana et sommes loin de l’état d’Eveil, mais avons eu une introduction très intéressante au Bouddhisme.

Ce qui a particulièrement retenu notre attention et que je vais développer ici concerne la vie des moines.

Il est possible de devenir moine très jeune, certains ont à peine une dizaine d’années. Les enfants sont même fortement incités à vivre auprès des moines pendant leurs vacances afin de s’ouvrir à la spiritualité. Certains jeunes moines viennent de milieux très défavorisés et voient l’ordination comme un moyen d’échapper à leur condition, ou y sont poussés par leur famille après avoir eu des démêlés avec la justice.

Plus étonnant encore, il est possible d’être ordonné jusqu’à trois fois dans sa vie ; en effet, un moine peut sortir des ordres et revenir dans la vie civile, pour travailler, se marier… Puis rentrer dans les ordres à nouveau, à condition que sa femme l’autorise par écrit (cela brise le mariage, bien entendu).. Et ainsi de suite. La « vocation » est donc un concept qui revêt une définition très différente de la nôtre !

L’organisation de la société civile et religieuse est également bien étonnante. A l’image de Bouddha, le rôle des moines est d’atteindre l’état de Nirvana, c’est à dire un état de conscience absolu où l’ego disparaît et l’individu rentre en communion avec le Tout, la force de Vie suprême qui habite tout être et toute chose. Même si cela reste bien difficile à comprendre pour nous, pauvres occidentaux, il semble que cela demande également beaucoup d’heures de concentration pour un moine: la pratique de la méditation est quotidienne et intensive. Ainsi, les moines prennent en charge la vie spirituelle de la société, et en échange les civils pourvoient à leur subsistance au moyen de donations mais surtout d’offrandes quotidiennes de nourriture .

(un peu renversant, mais il se fait tard ici et on n’a toujours pas réussi à faire pivoter la vidéo…)

Tous les matins autour de 6h00, les moines se promènent en file indienne dans les rues avec un grand récipient pendu à l’épaule. Les fidèles ont préparé quelque chose à manger, et attendent agenouillés, pieds nus sur le trottoir, que la colonne orange se rapproche d’eux. Puis, un par un, les moines présentent leurs bols qui seront remplis successivement, chaque civil offrant une cuillère de nourriture à chaque moine. Cette aumône représente le total des deux repas quotidiens (matin et midi) qu’un moine est autorisé à prendre, lentement et en se rappelant à chaque bouchée que la nourriture ne sert qu’à assurer leur subsistance. Vous trouverez ci-joint une petite vidéo montrant l’aumône faite aux moines à Luang Prabang, ville du Nord du Laos, connues pour ses nombreux temples classés par l’UNESCO comme patrimoine mondial de l’humanité.

 PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157616542417552/

Bonne année 2553 : un nouvel an bien arrosé

Posted in Nos créations, Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , , , on 9 avril 2009 by Placet

Nous assistons depuis notre arrivée à Luang Prabang -par ailleurs particulièrement tranquille- à un phénomène étonnant et très amusant : chaque après-midi, des groupes de petits enfants (de cinq à dix ans) postés sur les trottoirs arrosent cyclistes et passants avec une variété surprenante d’instruments allant de simples seaux et gamelles en plastique à des pistolets à eau surpuissants, en passant par des coques de noix de coco. Très amusant (surtout tant qu’on passe entre les gouttes ), mais ils ne font tout de même pas ça toute l’année ?

Hélas non – ce que nous avons observé est l’échauffement avant les célébrations de Songkran, le « festival de l’eau », déclinaison laotienne du Nouvel An bouddhiste. Celles-ci durent quatre jours – chacun ayant une signification et un protocole spécifiques-, pendant lesquels le pays s’arrête littéralement, et tout le monde participe à la fête ! La semaine prochaine, c’est le 2 553e anniversaire de la naissance du Bouddha qui sera célébré (le calendrier est différent ici), au Laos comme dans les autres pays bouddhistes d’Asie du Sud-Est (Thaïlande, Cambodge et Birmanie notamment) – mais apparemment, c’est au Laos que c’est le plus animé !

Et les enfants dans tout ça ? Apparemment, ils ont le droit d’arroser absolument tout le monde, d’eau essentiellement, mais aussi de farine, de suie, voire d’oeufs (moins répandu tout de même) ! Tout le monde ? Après vérification, oui, même les moines et les personnes âgées -même si, dans ce dernier cas, on nous a concédé « viser plutôt les pieds » ! Ces jours-ci, ils semblent se limiter aux cibles faciles et consentantes -essentiellement les jeunes et les touristes-, mais ce n’est qu’une mise en jambe avant le grand événement qui débutera ce lundi (13 avril).

Le photographe en moi ayant repris le dessus, je me suis demandé comment approcher les fauves sans me faire doucher de la tête aux pieds. Ayant constatés qu’ils ne ciblaient pas les gens qui circulent sur les trottoirs mais seulement au milieu de la route, je me suis donc approché des enfants par ce biais, avant de m’asseoir tranquillement à deux ou trois mètres d’eux. Ayant décidé après un bref examen que je ne méritais pas qu’ils gaspillent des munitions, ils se sont recentrés sur leurs cibles favorites et m’ont ignoré pendant un moment. C’était assez fascinant de les voir se démener ainsi, choisissant leurs cibles, se répartissant les positions stratégiques, retournant remplir les bassines dans lesquelles ils stockent l’eau, et balançant de l’eau comme si leur vie en dépendait ! Amusant aussi d’observer une hiérarchie bien établie entre les trois petits enfants postés à coté de moi, une petite fille (six sept ans au plus) à l’oeil noir et au caractère bien trempé ayant manifestement mis au pas les deux petits garçons qui jouaient avec elle.

Après m’avoir laissé le temps de prendre de nombreuses photos, les enfants ont profité d’une baisse du trafic pour venir vers moi, d’abord pour m’interroger sur mon bras droit -très pratique pour lier connaissance avec les enfants-, savoir d’où je venais et m’expliquer le Songkran. Après un long moment, une petite fille qui nous avait rejoints entre temps et s’étonnait manifestement de me voir encore sec m’a demandé avec un grand sourire si vraiment, elle ne pouvait pas m’arroser juste un peu. Pas de problème, mais « just a little bit »… Deux secondes plus tard, j’étais trempé – mais ayant passé un excellent moment, et avec (enfin j’espère) des photos sympas !

Et merci à Anne pour les petits films qui illustrent l’enthousiasme d"une de ces bandes de terreurs…

 

Bizarre, vous avez dit bizarre ? Premières impressions laotiennes

Posted in Voyage - Laos & Cambodge with tags , , , , , , on 3 avril 2009 by Placet

 Après un mois passé en Thaïlande, nous venons d’arriver dans le petit pays voisin du Laos. Malgré leur proximité géographique et ethnique, difficile de faire plus différents que ces deux pays : monarchie thaïlandaise et république populaire du Laos, Etat historiquement souverain d’une part, perpétuelle colonie de l’autre, .économie industrialisée et ouverte s’opposant à une autre plus autarcique… Même la circulation est différente – on roule à gauche en Thaïlande, à droite au Laos !

Premier constat, donc : le pays évolue, et il évolue vite. Après un paysage de carte postale (rizières et écolières à bicyclette) sur la route menant de la frontière à Vientiane, le décor change brusquement en arrivant dans la capitale. On sent que la ville connaît un développement rapide, et que celui-ci l’a largement prise de court – beaucoup de nouveaux bâtiments et enseignes, mais des infrastructures à la traîne… Apparemment à l’abandon il y à dix ans, Vientiane a depuis crû très rapidement ; les capitaux étrangers ont repris le chemin du Laos (tourisme, mines, hydro électricité), le parc de voitures a été multiplié par dix en 7-8 ans, et les prix ont doublé sur les trois dernières années (sympa pour les touristes !). Les nombreux Thaïlandais qui nous avaient donné du Laos l’image d’un pays vivant au ralenti et très bon marché devraient sans doute revenir faire un tour ! L’économie laotienne est attendue en croissance de 5% cette année (taux le plus élevé en Asie du Sud-Est), aidée paradoxalement par la faible ouverture du pays qui le protège de la crise économique mondiale (par opposition, le PIB de la Thaïlande, dont les exports représentent plus de 60% de l’économie, est attendu en baisse de 2% en 2009).

Quelques photos bien touristiques en passant :  http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157616295722726/

Deuxième constat : le Laos recèle au moins deux trésors, hérités (cocorico !) de la présence française :

  • le khao-jii paa-te, un énorme sandwich baguette garni avec une sorte de pâté et une gamme invraisemblable de crudités, le tout relevé avec des feuilles de coriandre (à votre prochain sandwich, essayez absolument le coriandre, ça change tout !). Divin !

  • La bière locale Beerlao, excellente et à peine plus chère que l’eau. Initialement lancée grâce à des investissements français, la brasserie est repassée en 1975 sous le contrôle de l’Etat laotien, qui en a récemment ouvert le capital à des partenaires étrangers. 99% de part de marché locale (!), et une courbe des ventes aussi alléchante que la bière elle-même (http://www.beer-lao.com/image/products/graph010220072-big.jpg). Ne cherchons pas plus loin, l’investissement parfait nous tend les bras… Sauf que c’est donc l’Etat qui en profite avec 75% du capital. Une lueur d’espoir sur les 25% restants, détenus par le brasseur danois Carlsberg, coté à la bourse de Copenhague, mais avec près de 8 Mds d’€ de chiffre d’affaires, je doute que le marché laotien ait un gros impact sur les résultats. Pas grave, on se consolera en consommant !

En apparence donc, tout va bien. En creusant un (tout petit) peu, Vientiane nous renvoie tout de même l’image d’un pays ayant complètement perdu son identité à force d’être ballotté entre des influences extérieures et contradictoires. L’architecture locale offre un mélange plus surprenant que réussi de bâtiments de l’époque coloniale française, de temples et d’immeubles modernes d’inspiration thaïlandaise, le tout parsemé de quelques cubes de béton témoins de l’influence soviétique… Coté finances, on a le choix pour régler ses achats entre le kip laotien, le baht thaïlandais et le dollar US ! La cuisine hésite entre influences thaïe et vietnamienne (avec quelques vestiges français comme la baguette et les crêpes), les jeunes écoutent des groupes de rock thaïlandais, et les voitures sont japonaises… Quant aux magasins d’alimentation, nous sommes orphelins des 7/11 thaïlandais qui nous permettaient d’acheter pour rien soupes de nouilles et plats préparés locaux. Le Laos n’ayant (hormis Beerlao !) aucune industrie agro-alimentaire, on ne trouve ici que des produits importés, à des prix bien sûr exorbitants qui segmentent sérieusement la clientèle… Pas forcément surprenant pour un si petit pays (6 millions d’habitants), mais un manque d’âme certain qui contraste avec la forte identité thaïlandaise…

Heureusement, il semble que la bouillie d’ambiance de Vientiane est limitée à cette capitale par défaut; et que les gens sont nettement plus sympas et ouverts dans le reste du pays. On noie donc notre chagrin dans la bière et on croise les doigts avant de partir ce soir vers le Nord (Luang Prabang, puis une brève remontée du Mékong, avant de redescendre vers le Sud puis le Cambodge), et on revient avec quelques éclaircissements dès qu’on en sait un peu plus !

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