Archive for the Voyage – Chine Category

A propos de martiens et d’un éléphant cycliste

Posted in Marketing & Tendances, Voyage - Chine with tags , , on 7 septembre 2009 by Placet

Nous rencontrons un féroce succès auprès des Chinois qui n’ont pas le loisir de croiser des occidentaux tous les jours, à cela ajoutez des cheveux blonds et des yeux bleus et vous comprendrez vite que vous leur donnez à voir un « couple de martiens ».

Couple de martiens en Chine

Chaque promenade devient vite un vrai remake de Big Brother. Il faut s’y faire, il y a toujours au moins cinq paires d’yeux posés sur vous à chaque instant. On devient vite blasé de ces marques d’intérêt, qui parfois sont franchement désagréables (on vous montre du doigt en se gaussant), mais très souvent juste une marque de curiosité pour ce qui est différent.

 Après tout, la Chine a été tellement refermée sur elle-même depuis plusieurs siècles (et plus encore depuis 1949) que les Chinois ne sont pas habitués, voire même pas très ouverts (et c’est un euphémisme) à la différence physique. Le nombre d’étrangers vivant en Chine est extrêmement faible. Par exemple, Shanghai forte de 18 millions d’habitants se vante d’être un centre business presque comparable à New York, mais ne compte pas plus de 100 000 expatriés, soit près de 0,5% de sa population. Ajoutez à cela une industrie cinématographique purement nationale et une TV 100% maison : les écrans deviennent des miroirs et pas des fenêtres sur l’ailleurs.

La Chine a été forcée à s’ouvrir très vite d’un point de vue économique et est devenue en moins de 20 ans une puissance économique mondiale majeure. Mais les mentalités et les habitudes sociales ne changent pas si vite, il faudra des décennies, voire des générations, d’autant plus que la culture chinoise est basée sur la continuité. Tout leur monde est sens dessus-dessous. Dans quel sens évoluer ? Faut-il suivre la tradition de la fermeture ou la rejeter au profit d’une nouvelle représentation du monde ?

Pour ceux qui ont grandi dans la vieille Europe, il est difficile de comprendre l’étendue du problème. La Chine doit intégrer des bouleversements colossaux en l’espace d’à peine quelques années, là où notre continent a eu des décennies entières, voire des siècles, pour s’adapter progressivement aux changements amenés par la révolution industrielle. D’un point de vue économique et social, c’est un vrai raz de marée qui déstabilise la population et laisse derrière lui beaucoup de marginaux. On connaît ici les mêmes maux que nous avons vu sur notre sol au cours des 19ème et 20ème siècles, à la différence près que ceux-ci sont concentrés sur quelques années à peine. Ils se nomment : exode rural massif et surpopulation urbaine, fracture sociale et segmentation de la population, pollution extrême de l’air, des sols et de l’eau, système de protection sociale qui a bien du mal à suivre… Et il y a aussi l’aspect moins visible de cette évolution sociale : la remise en cause profonde des mentalités, comme un mouvement incessant de balancier entre préservation de la tradition et intégration de la modernité. Le ciment de la société chinoise est plein de fissures !

 Le challenge pour la Chine est donc énorme, dans une société qui à la base était peu être moins préparée que les autres du fait de son passé politique et de ses croyances séculaires. Mais cela ne veut pas dire qu’il est impossible et j’espère que le nombre d’étrangers qui se sentent « comme des martiens » lorsqu’ils visitent la Chine va rapidement diminuer, car cela indiquera que la Chine a trouvé sa voie vers l’ouverture et la stabilité, bénéfiques à elle-même ainsi qu’à l’économie mondiale. Quelqu’un, dont j’ai oublié le nom, a dit que la Chine est comme un éléphant sur un vélo, si elle tombe, elle va faire chavirer le reste du monde avec elle… Pourvu que les roues du vélo ne crèvent pas !

Partie d’échecs enflammée à Xi’an

Posted in Voyage - Chine with tags , , , , on 4 septembre 2009 by Placet

Ci-dessous une petite vidéo que nous avons tournée dans une petite ruelle de Xi’an, à l’écart de la foule. Un large groupe d’hommes est assemblé autour d’un échiquier est engagé dans une partie d’échecs animée :

Illustration intéressante des relations sociales en Chine traditionnelle, où le groupe reste omniprésent. Contrairement aux apparences, ce jeu se joue en effet à deux, mais on peut voir ici que les deux joueurs "principaux" (assis) ne sont pas les plus impliqués. Leurs amis, séparés en deux camps "assistant" chacun un joueur, sont particulièrement vocaux et semblent avoir des opinions bien tranchées -et souvent contradictoires- sur la stratégie à suivre ! On n’a rien compris de la conversation mais sa forme était passionnante,  et nous avons suivi une partie entière. 

Certaines manifestations de cette culture de groupe subsistent d’ailleurs au quotidien de façon étonnante (illustration à venir dans l’article suivant, à paraître lundi). Pour l’anecdote, assis dans le lobby de notre hôtel à Beijing pour dessiner ou taper des articles, nous avons eu plusieurs fois la surprise de voir des familles entières regroupées derrière nous, regardant tranquillement et pendant quelques minutes ce que nous faisions par dessus nos épaules avec force commentaires… Surprenant après l’Angleterre où lire le journal de son voisin est un affront impardonnable !

 

Prochain article à paraître : « A propos de martiens et d’un éléphant cycliste »

Puis à ne pas manquer : début de notre chronique japonaise mercredi (09/09)

L’armée de terre cuite à Xi’an revisitée en dessins

Posted in Nos créations, Voyage - Chine with tags , , , on 3 septembre 2009 by Placet

Nous n’avons pas manqué l’incontournable visite de l’armée de terre cuite à Xi’an.

Quelle fut la surprise des fermiers qui en 1974 sont tombés par hasard sur ce surprenant ensemble alors qu’ils creusaient un puits. Les statues sont impressionnantes à la fois par leur nombre (8,000 découvertes à ce jour) et par la beauté des traits des guerriers et les détails de leurs tenues (armures, coiffes, chaussures, foulards noués autour du cou).

Le projet semble un peu fou : les guerriers de terre cuite ainsi que leurs chevaux et leurs chars furent enterrés autour du mausolée du premier empereur de la dynastie Qin en 210 avant notre ère, avec pour "mission" de l’aider à diriger un nouvel empire dans sa prochaine vie.

Ceci m’a inspiré quelques dessins-collages avec les guerriers remis au goût du jour, en voici un avant goût :

Guerrier de  terracota "revisité"

Si vous souhaitez en voir davantage, cliquez sur ce lien :

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157622215527754/detail/

Et vous pouvez voir les guerriers originaux en cliquant ci-dessous :

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157622215431638/detail/

 

Prochain article à paraître : « Partie de jeu d’échecs chinois enflammée »

 

Les travaux pharaoniques chinois en images

Posted in Voyage - Chine with tags , , , , , on 2 septembre 2009 by Placet

David vous en a parlé d’un point de vue économique en utilisant Vil Coyote, un des personnages de Warner Bros ; à mon tour de vous en montrer brièvement quelques images.

  • La Place Tiananmen

Pour l’anecdote, nous avions discuté avec un groupe d’Australiens pendant notre vol vers Beijing. A la question "comment avez-vous trouvé la place Tiananmen ?", une des femmes avait répondu : « C’est grand, il y a du monde et qu’est-ce qu’il fait chaud ! ». Un peu surprenant a priori mais finalement tellement vrai ! L’endroit reste tout de même impressionnant par sa taille ; avec les différents symboles du pouvoir disséminés autour de la place, celle-ci incarne sans peine des rêves de grandeur dans lesquels l’individu ne peut que ressentir sa petitesse… Admirez enfin le ciel, qui contribue largement à l’ambiance étrange (contrairement aux apparences, il faisait beau ce jour là !)

PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157621950133619/detail/

  • La Grande Muraille

Il est très difficile de l’observer loin des foules sans aller loin vers l’intérieur du pays. Nous avons toutefois eu la chance de parcourir la section entre Jinshanling et Mutianyu, sans doute la plus sauvage et la moins « remise à neuf » des tronçons raisonnablement accessibles de Beijing sur une journée. Le panorama est superbe et la marche plutôt sportive avec d’incessantes montées et descentes d’escaliers abrupts autour des nombreuses tours de guet (une trentaine au total sur cette section de huit kilomètres !). La nature et la végétation très touffue sont également surprenantes et devaient déjà constituer une barrière naturelle fantastique pour d’éventuels assaillants ! Très belle visite en tout cas, et avis aux voyageurs : n’oubliez pas crème solaire et bonnes chaussures de marché, et vous passerez un excellent moment !

PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157622069952083/detail/

  • La Cité Interdite

Logique finalement similaire, à une autre époque, à la place Tiananmen : dimensions impressionnantes et symbole de pouvoir et de grandeur. Les deux se sont d’ailleurs face, comme si l’une répondait à l’autre : la place Tiananmen, créée au 17è siècle, a été agrandie en 1958 par le pouvoir communiste, comme une surenchère au pouvoir impérial des siècles passés. Très bel endroit de « pélerinage » pour les familles chinoises que vous apercevrez sur les photos ;dommage que l’odeur de peinture fraîche domine et que les personnes en charge de la restauration aient eu la main un peu lourde !

PHOTOS : http://www.flickr.com/photos/10301605@N04/sets/72157622074647154/detail/

 

Prochain article à paraître : Xi’an et l’armée de Terracotta revisitée par Anne en dessins

Une brique de thé à 15 000 euros : la spéculation autour du vieux Pu’er

Posted in Cuisine, Voyage - Chine with tags , , , , , , on 1 septembre 2009 by Placet

Si vous flânez dans les grands magasins européens, peut-être verrez vous en rayon une brique de thé coûtant la « modique » somme de 15,000 euros. Pincez-vous… Non, vous ne rêvez pas !

Il s’agit du vieux Pu’er, produit dans le Yunnan depuis le 1er siècle après JC. Sa présentation est très versatile, puisqu’il revêt la forme d’une brique, ou devrais-je dire « meule » (il est en effet bien souvent rond). Cette caractéristique lui permit d’être facilement exportable notamment vers des provinces plus lointaines (comme le Tibet) et de pouvoir être stocké pour être vieilli plusieurs décennies (50 ans maximum).

brique de thé Pu'er

Une fois infusé, il a une belle couleur noir café et un goût très équilibré sans amertume (paraît-il, nous n’avons goûté que le jeune Pu’er sa version commune et bon marché – l’équivalent de ce qu’est un Beaujolais Nouveau pour le vin, si cela vous parle plus). Pour ne rien gâcher, il serait très bénéfique à la santé et pourrait aider à perdre du poids ou réduire le taux de cholestérol et de sucre dans le sang. En bref, une petite merveille de la nature !

 Mais, cela est-il suffisant à expliquer ce prix indécent ? Pour mieux comprendre cette flambée des prix, il faut regarder du côté de la spéculation, notamment sur les marchés de Hong-Kong et de Taïwan (peuplées majoritairement par des Chinois qui ont fui la Révolution Culturelle). La demande est devenue si forte, que les prix sont montés en flèche, entraînant une prolifération des faux, puis un retour à des niveaux de prix plus « raisonnables » ces derniers mois (à 10 000 euros, on se sent mieux, n’est-ce pas ?).

 Qu’en est-il du thé au quotidien en Chine ? Entre le Pu’er à 15 000 des riches et la déception du thé lipton en sachet tous les matins sur les buffets de petit-déjeuner, il semble qu’il n’y ait pas forcément de synthèse évidente, au moins dans les milieux urbains. Dans les plus petites villes, nous avons pu observer les locaux, souvent les personnes plus âgées, déguster le thé à la chinoise, c’est-à-dire en feuilles, dans des bocaux détournés de leur usage premier et débarrassés de leurs couvercles. Le même thé est infusé encore et encore tout au long de la journée et accompagne les déplacements. On sent dans ce cas que le thé fait partie de la culture quotidienne.

 Mais où sont donc passées les traditions chinoises dans la Chine moderne ? Comme d’habitude, la Chine a bien du mal à réconcilier son héritage millénaire avec d’une part la Révolution Culturelle qui a laissé le pays bien exsangue et d’autre part la réalité actuelle d’un quotidien devenu subitement trop moderne…

Pour en savoir plus sur le thé chinois :

  1. Quelques photos et des infos sur le Pu’er : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pu-erh

  2. Sur le thé chinois en général : http://www.chine-informations.com/guide/categorie-the-chinois-119.html

  3. Le musée du thé à Hangzhou (une petite merveille à ne pas manquer si vous êtes à Hangzhou) : http://www.hangzhou.com.cn/20030101/ca246452.htm et des informations sur comment s’y rendre de Hangzhou : http://www.travelchinaguide.com/attraction/zhejiang/hangzhou/tea_museum.htm

     

Prochain article à paraître : carnets photos de Beijing et ses environs (place Tianannmen, Cité Interdite et promenade sur la Grande Muraille entre Jinshanling et Mutianyu)

Quand les Pékinois s’amusent !

Posted in Voyage - Chine with tags , , , , , on 28 août 2009 by Placet

Beijing est une ville immense quadrillée par des artères très larges et qui ne laisse pas voir facilement la vie de quartier.

Alors quelle fut notre surprise lorsque nous sommes allés passer un dimanche après-midi dans le parc du Temple du Paradis. Dès l’entrée nous avons entendu de la musique et avons cherché, intrigués,  d’où elle pouvait venir. C’est ainsi que nous avons trouvé un petit bal populaire rassemblant les habitués qui se trémoussaient gaiment.

Puis un peu plus loin, c’est une chorale improvisée qui a attiré notre attention :

Une rare occasion où nous avons eu la chance de voir les Pékinois s’en donner à coeur joie ! Emerveillés par tant d’enthousiasme, nous nous sommes tout simplement assis et nous sommes laissés bercer…

voir PHOTOS :  http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157621788096553/detail/

La chanteuse de Pingtan à Suzhou

Posted in Voyage - Chine with tags , , , on 23 août 2009 by Placet

Ce petit bout de femme à la voix très haut perchée (oreilles sensibles aux aigus s’abstenir !) nous a fait découvrir une forme d’art peu connue : le pingtan. Malgré une attitude physique très statique, sa présence sur scène était très intense. C’est avec un flot continu de chansons et d’histoires déclamées avec fortes intonations et des expressions faciales étonnantes que cette artiste nous a "bercés", ainsi que le public d’habitués, pendant une heure.

 

L’atmosphère de la salle a largement renforcé l’impression d’être admis dans un autre monde. Nous nous sommes immédiatement sentis intégrés par l’audience, composée essentiellement des personnes âgées du quartier, assemblées autant par goût pour le pingtan que par l’envie de se retrouver entre amis. Nous avons été amusés par ces groupes jouant aux cartes en attendant le début de la performance, tous armés de bocaux en verre au fond duquel trônait l’ingrédient culturel essentiel à la longévité, les feuilles de thé vert, arrosées régulièrement d’eau chaude à l’aide de grands thermos chromés posés sur les tables.

Puis, lorsque la lumière s’est éteinte et que le spectacle a commencé, nous avons vu les éventails, si utiles jusque-là à apporter une légère brise dans cette chaude moiteur estivale, devenir de surprenants métronomes. Ainsi supportée, notre chanteuse de pingtan a pu donner le meilleur d’elle-même et s’est vue récompensée à la fin de chaque chant par une foule d’applaudissements et de battements d’éventails.

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