Archive for the Voyage – Chili Category

En visite chez Don Pablo

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , , , , , , , , , , , , on 2 février 2010 by Placet

Santiago et Valparaiso : deux villes au caractère bien différent, voire franchement opposé. L’une est aussi rangée, bien entretenue et affairée que l’autre est exubérante, déglinguée et artistique. Un point commun toutefois -toutes deux ont eu pour résident le poète Pablo Neruda, héros littéraire du pays, Prix Nobel en 1971 et dont le fort engagement politique a marqué une vie variée et tumultueuse. Petite visite guidée de ses maisons, avec pour commencer une brève biographie du propriétaire.

Pablo Neruda, graffito mural, Valparaiso

Né en 1904 dans une famille modeste, Neruda va très vite s’engager dans la voie de l’écriture. Il prend à l’âge de seize ans son nom de plume -nom emprunté à un poète tchèque et prénom à Verlaine-, s’installe à Santiago et publie en 1923 ses premiers volumes de vers (Crépusculaire puis Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée). En quête de réussite matérielle, il entame en 1927 une longue carrière diplomatique comme consul honoraire en Asie du sud-est. En poste en Espagne au commencement de la guerre civile, il va s’y lier avec de nombreux artistes et prendre publiquement parti pour le camp républicain. Son engagement communiste grandit après l’exécution de Garcia Lorca par les forces franquistes et ne le quittera plus. Le retour de Neruda au Chili en 1945 marque une étape colorée de sa vie : élu sénateur pour la région de l’Atacama, il doit entrer dans la clandestinité en 1948 lorsque le président González Videla (dont Neruda avait dirigé la campagne électorale !) bannit le parti communiste. D’abord caché par des amis à Valparaiso, il passe finalement en Argentine puis en Europe, d’où il voyage notamment en URSS, en Inde et au Mexique. Son séjour sur l’île de Capri sera par ailleurs relaté dans le film Il Postino. Suite à la chute de González Videla, Neruda retourne en 1952 au Chili où il passera l’essentiel des vingt dernières années de sa vie. Il en profite au passage pour divorcer de sa seconde femme et s’installer avec sa maîtresse, Matilde Urrutia, qu’il ne (qui ne le ?) quittera plus. Engagé politiquement auprès de Salvador Allende, il décède (de mort naturelle !) quelques jours après le coup d’état de Pinochet en septembre 1973, deux ans après avoir enfin reçu le Prix Nobel de littérature.

Valparaiso - vue de "La Chascona", maison de Pablo Neruda

Une vie et une personnalité hautes en couleurs donc, qu’on retrouve -avec leurs paradoxes- en visitant les maisons du poète. Neruda en possédait trois dans le centre du Chili – une dans l’Isla Negra près de Valparaiso (sa « résidence principale », la première qu’il a construite et la seule que nous n’avons pas visitée), une autre dans le quartier de Bellavista à Santiago (construite en 1953 pour sa maîtresse Matilde) et la dernière (achetée en 1959) sur les hauteurs de Valparaiso. Des endroits étonnants, dont les nombreux points communs illustrent la personnalité complexe de Don Pablo, comme ses amis l’appelaient :

  • De véritables organismes vivants à la forme et au contenu évolutifs : souvent en voyage ou en exil, Neruda a pris son temps pour construire et aménager ses trois maisons -une aile en plus par ci, un étage par là… La maison d’Isla Negra s’est étendue pendant trente ans, alors que La Chascona à Santiago a gagné une aile entière lorsque Don Pablo s’y est installé officiellement avec Matilde. A Santiago comme à Valpo, l’intérieur est un vrai bric-à-brac d’objets recueillis au gré des séjours à l’étranger du poète, d’oeuvres reçues (ou troquées) d’amis artistes ou de souvenirs chinés dans des marchés ou des ventes aux enchères. Porcelaine, verreries, tableaux, manuscrits, sculptures, affiches publicitaires et même un oiseau empaillé qui orne le salon de La Sebastiana à Valparaiso… La salle de travail de La Chascona accueille par ailleurs un hideux portrait de femme du 17ème siècle, dont Neruda disait qu’il l’incitait à rester concentré ! En grand enfant (gâté), Neruda disait avoir « assemblé une collection de jouets dont il ne peut se passer et une maison dans laquelle il peut jouer du matin au soir »
  • Une fascination pour l’océan et les navires : les trois maisons de Neruda partagent à la fois des vues exceptionnelles (notamment à Valpo, où la maison surplombe la ville) et une architecture ou une décoration sur le thème marin. Isla Negra naturellement, qui surplombe le Pacifique et dont le salon est entièrement recouvert de bois prélevé sur des épaves de navires, mais aussi La Chascona et La Sebastiana, dont plusieurs pièces ont été conçues pour rappeler la cabine d’un bateau et hébergent lampes-tempête, figures de proue et fenêtres en hublot. Ironiquement, Neruda était fasciné par l’océan mais avait peur de l’eau – ses demeures lui ont donc servi de « navire de substitution », d’où il jouissait d’une vue imprenable sur l’océan sans jamais avoir à s’y risquer… 
  • La maison d’un bon vivant aimant recevoir : le plan de La Chascona est révélateur des (pré-)occupations du maître des lieux puisque la maison se compose de trois bâtiments distincts – l’« estomac » où l’on mange et fait la fête, le « coeur » où l’on aime et la « tête » où l’on travaille. Toutefois, l’aménagement des lieux laisse entrevoir une hiérarchie intéressante, si l’on en croit la place centrale tenue dans chaque maison par la salle à manger et le bar. Don Pablo était d’ailleurs très fier de ses zincs, tous magnifiques et derrière lesquels il aimait à préparer pour ses invités des cocktails sophistiqués. Bref, une ambiance festive et décontractée, épicée parfois d’une touche de clandestinité (La Chascona a d’abord été construite pour héberger les amours de Neruda et de Matilde, qui n’était alors que sa maîtresse). S’il aimait recevoir et vivre dans le confort, il semble d’ailleurs que Neruda tenait aussi à son statut : hors de question de le déranger pendant ses heures d’écriture -à l’encre verte, couleur de l’espoir-, mais aussi d’interrompre sa sieste quotidienne…

 

Banquet chez Don Pablo - graffito mural, Valparaiso

Finalement, le contraste entre l’engagement communiste fort et jamais renié du poète et son mode de vie plus que luxueux n’est pas le moindre des paradoxes de ce personnage étonnant. Doit-on retenir de lui l’enfant gâté, ne se refusant rien ni matériellement ni sentimentalement – si Matilde, sa troisième épouse, fut incontestablement la femme de sa vie, il semble qu’elle ne fut pas sa dernière maîtresse !- ou l’écrivain engagé qui toute sa vie a pris le parti des classes opprimées d’Amérique du Sud, s’exposant fréquemment à la censure et l’exil ?

Pas évident de trancher -il n’en est d’ailleurs pas besoin-, mais l’application de Neruda à trouver dans le quotidien une grande joie de vivre me semble intéressante. Comme beaucoup d’artistes du milieu du 20ème siècle, il a su dans sa vie comme dans son oeuvre déceler ou créer espoir et bonne humeur, et c’est quelque chose qui me semble souvent manquer dans l’art contemporain, volontiers narcissique et fréquemment névrotique. Même constat par exemple qu’à propos des mouvements dada ou surréaliste -on peut ou non aimer leur travail et le trouver parfois superficiel, mais la bonne humeur et la joie de vivre qui s’en dégagent sont aussi contagieuses que rafraîchissantes ! 

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Diversion « graffitesque »

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , on 18 janvier 2010 by Placet

 La Bolivie, c’est sympa et très joli, mais il n’y est pas toujours évident d’y trouver le temps et l’espace pour dessiner, peindre ou assembler des collages… Pour alimenter la rubrique « Créations » du blog, nous allons donc tricher un peu et substituer aux nôtres (enfin, à celles d’Anne !) celles qui ornent les murs de Valparaiso. Simples graffiti ou peintures murales, sauvages ou « commanditées », ces créations omniprésentes sur les murs de la ville font des hauteurs de Valparaiso un véritable musée urbain. Elles ornent également les murs de l’ancienne prison -reconvertie en centre culturel- sur des thèmes rappelant essentiellement la vocation précédente du bâtiment.

Qu’on approuve ou non la démarche, elle a à Valpo le mérite de se fondre dans le décor défraîchi et d’être en parfaite symbiose avec l’aspect multicolore de la ville haute. Elle marque aussi la singularité de la ville par rapport notamment à la plus traditionnelle Santiago et apporte une bouffée d’air frais dans un pays qui peut parfois sembler un peu « coincé ». Nous, on a en tout cas beaucoup aimé l’esprit de la démarche ainsi que certaines des réalisations, et nous vous en présentons donc une sélection ci-dessous, prélevée au hasard de nos promenades. Et si vous n’aimez pas les graffiti, nous vous donnons rendez-vous dans quelques jours pour les paysages plus naturels -et tout aussi colorés- de l’altiplano bolivien !

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L’année dernière à Valpo

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , , , , , on 17 janvier 2010 by Placet

Collines de Valparaiso

On avait presque oublié d’en parler, mais nous avons passé quelques semaines tranquilles au Chili en fin d’année dernière… Dans le désert de l’Atacama bien sûr -déjà évoqué ici- mais aussi dans la capitale chilienne, Santiago -à venir- et à Valparaiso. Ville portuaire située à une centaine de kilomètres au nord de Santiago, « Valpo » jouit d’une réputation touristique sulfureuse : étendard bohème d’un Chili plutôt conservateur pour les uns, piège à touristes digne de la butte Montmatre pour les autres, la ville ne laisse aucun de ses visiteurs indifférent…

Hauteurs de Valparaiso

Valparaiso

Nous avons décidé mi-novembre d’aller nous rendre compte par nous-mêmes, ayant besoin de repos après un séjour patagonien éprouvant. La première chose qui étonne à Valparaiso, c’est sa topographie : au-delà d’une fine bande de terre (El Plan) hébergeant la zone portuaire et commerçante, la ville est hérissée d’une quarantaine de cerros (collines) abrupts sur lesquels réside la quasi-totalité de la population. Pas le site idéal pour un port a priori, et c’est pourtant pour assurer la desserte maritime de Santiago que la ville a été créée en 1544, les eaux propices étant rares le long de la côte pacifique.

Valparaiso

Valparaiso - calle Pierre Loti

Si la topographie particulière de Valpo peut aujourd’hui surprendre, elle a régulièrement rendu de fiers services à une ville à l’histoire tumultueuse : en l’aidant à repousser les assauts de pirates anglais qui lorgnaient sur les stocks d’or du port, puis un bref bombardement espagnol en 1866. Le port connut son « âge d’or » au 19ème siècle suite à la fin de l’exclusivité commerciale avec l’Espagne, s’imposant comme une escale privilégiée pour les navires allant de l’Atlantique au Pacifique via le détroit de Magellan. Son activité ayant décliné après l’ouverture du canal de Panama en 1914, les collines de la ville vinrent une seconde fois à son secours : c’est en effet leurs pittoresques maisons colorées aux murs en tôle ondulée qui, combinées aux quinze ascensores (funiculaires) qui les desservent, ont donné à Valpo son allure si caractéristique et sa seconde vocation – le tourisme.

Valparaiso - Cerro Concepcion

Valparaiso - Centro Cultural Carcel

Ce changement de priorité, soutenu par une activité culturelle intense, a toutefois été difficile à intégrer pour une ville réputée pour son côté désordonné – son plus célèbre habitant, le poète Pablo Neruda, l’a qualifiée de « port fou aux collines échevelées n’ayant même pas de peigne ». Si l’on en croit les ambitieux travaux publics en cours sur le Cerro Concepcion (réfection totale du réseau de canalisations, bonjour le bruit et la boue…), Valpo a décidé de s’acheter une respectabilité. Comme souvent, ces efforts sont malheureusement concentrés sur la zone touristique des cerros, et le contraste avec la ville basse est parfois choquant.

Valparaiso - ville basse

Valparaiso - Cerro Concepcion

Heureusement, les travaux de réfection viennent seulement de commencer et le haut de la ville garde un aspect cabossé et biscornu, entre murs décrépits, graffitis et peintures murales bien exécutés et routes en hauteur formant des angles toujours plus surprenants. Plus que les couleurs vives de la partie la plus touristique, c’est cette atmosphère déglinguée qui nous a séduits et vus passer de longs moments à déambuler en tous sens, de la prison reconvertie en espace culturel et ateliers d’artistes aux ruelles hyper-vivantes de la ville basse. Ces longues promenades nous ont aussi permis de croiser un nombre impressionnant de chiens particulièrement inactifs, dont l’oisiveté contribue à renforcer l’ambiance très détendue de la ville.

Graffito mural - rue de Valparaiso

Campagne électorale ou "festival teatro" ?

« Chiens / tôle / graffitis omniprésents », un triptyque gagnant agrémenté dans le bas de la ville par l’intensité de la campagne électorale en vue des élections présidentielle et législatives de décembre. Beaucoup plus animée qu’à Santiago, celle-ci battait son plein au moment de notre séjour. Grandes pancartes présentant les candidats, distribution de tracts, et camionnettes équipées de haut-parleurs sillonnant la ville en hurlant des slogans électoraux, impossible d’y échapper ! Juste avant notre départ, nous avons d’ailleurs pu observer depuis le petit restaurant cubain où nous déjeunions cette scène étonnante où un musicien de rue jouait (à dessein ?) « Imagine » alors que des partisans d’un des candidats agitaient tracts et pancartes sous le regard d’un groupe de chiens endormis… En conclusion de notre séjour dans la « vallée du paradis », une allégorie malicieuse des attentes folles nées de tout campagne électorale et de la défiance d’électeurs à qui on ne la fait plus ?

Chien oisif - Valparaiso

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Désert de l’Atacama, à la découverte de paysages lunaires

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , , , , , on 3 janvier 2010 by Placet

Avant de vous conter notre superbe périple de quatre jours dans l’Altiplano bolivien, voilà le dernier volet de notre saga chilienne à la découverte du désert le plus aride au monde : l’Atacama.

Souvenez-vous : avant que chacun prenne la route des réveillons successifs de Noël et du Jour de l’An, nous vous avions menés à 4,830m au sommet d’une route en lacets qui relie le nord de l’Argentine et le Chili, jusqu’à San Pedro de Atacama, puis repris cette ascension folle jusqu’aux geysers d’El Tatio, véritable décor de film de science fiction.

Pour restituer complètement l’atmosphère de ce désert bien étrange, nous vous emmenons aujourd’hui à la découverte de paysages lunaires et martiens. Alors, enfilez votre combinaison spatiale et attachez vos ceintures… 3… 2… 1… Décollage !!!

Cette fois-ci, c’est un jeu d’enfant : la route est simple et droite, puisque seulement 13 petits kilomètres de piste poussiéreuse permettent d’accéder de San Pedro de Atacama, notre oasis extra-planétaire, à la Vallée de la Lune. Au fur et à mesure du trajet, le paysage se fait de plus en plus vallonné, les falaises ocres, sorties de nulle part, se dressent le long de la route et finissent par surplomber notre véhicule spatial (rien de très fantaisiste, juste un petit minibus). Je ne suis jamais allée sur la lune :-) , pourtant c’est comme cela que je l’imagine : successions d’à pics, de crevasses, de dunes de sable, de roches blanchâtres et grises, de flaques de sel desséchées… Seule la couleur (un ocre délavé par un soleil brûlant) apporte une note d’harmonie à cet ensemble de formes dissonantes. Après avoir vu le désert australien définitivement plat et rouge, les canyons du Nevada et de la Californie, cet endroit n’est comme nulle part ailleurs.

Désert de l'Atacama - Valle de la Luna

Désert de l'Atacama - Valle de la Luna

Désert de l'Atacama - Valle de la Luna

Le climat y est exceptionnellement sec, puisqu’aucune goutte d’eau n’y est tombée depuis des siècles. De vie, il n’y a aucune trace, à part peut-être quelques rares bactéries.

Ceci en fait le lieu parfait autant pour tester les engins motorisés avant de partir en expédition sur Mars qu’installer des télescopes pour observer les étoiles au mieux. Fascinant !

A part ça que fait on dans un tel endroit ? Une activité touristique hautement recherchée consiste à descendre des dunes de sable gigantesques en courant… Pourquoi pas ?! Ici vous aurez l’occasion d’étudier deux styles différents sur les dunes de la vallée voisine (celle de Mars cette fois-ci, que certains s’amusent à appeler la Vallée de la Mort… Allez savoir pourquoi…). Même les plus sceptiques se sont laissés prendre au jeu. Grisant !

Désert de l'Atacama - vallée de la mort, descente de dune !

Désert de l'Atacama - vallée de la mort

 Finalement, une autre activité très terrienne s’impose également : s’asseoir tranquillement au sommet d’une falaise et regarder le soleil se coucher sur cette immensité étrange.

Atacama - coucher de soleil sur la Valle de la Luna

Atacama - coucher de soleil sur la Valle de la Luna

Atacama - coucher de soleil sur la Valle de la Luna

Là où certains ouvrent leur bouteille de champagne, je ne peux toutefois m’empêcher de ressentir une certaine tristesse face à ce spectacle de désolation qui donne un aperçu poignant de ce que pourrait devenir la petite planète bleue si on la laisse un peu trop se réchauffer…

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Les 80 geysers d’El Tatio : incroyable bouillonnement au lever du soleil

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , on 23 décembre 2009 by Placet

Le désert de l’Atacama couvre une superficie de plus de 100 000 km2 et regorge de petites merveilles. Les 80 geysers d’El Tatio en sont incontestablement une, mais pour les découvrir, il faut les mériter !

En effet, le lever du soleil est le moment le plus propice pour les observer et de San Pedro de Atacama il faut suivre une piste sinueuse pendant deux heures et gagner près de 2 000 m d’altitude… Tout un programme.

Réveil programmé donc à 3h30 dans la fraîcheur nocturne du désert. Le mini-bus prend le chemin de el Tatio, le plus grand site de geysers de l’hémisphère sud et le 3ème au monde (le parc de Yellowstone aux Etats-Unis étant le premier). La piste est cahoteuse et les virages secs, mais par la fenêtre on aperçoit une nuit étoilée impressionnante. Jamais le ciel n’a compté autant d’étoiles, un scintillement incroyable dans cette immensité noire. La  Nuit étoilée  de van Gogh ne serait donc pas qu’une fantaisie de l’artiste ?

L’altitude se fait soudain de plus en plus sentir, on montera presqu’aussi haut que le sommet du Mont Blanc… Les oreillers gonflables placés derrière nos têtes avec l’espoir vain de nous faire gagner quelques minutes de sommeil se mettent progressivement à gonfler. Phénomène physique étonnant, qui affecte aussi nos jambes. Par chance, nous ne serons pas plus incommodés, échappant ainsi aux nausées, migraines et étourdissements si caractéristiques de la haute altitude.

Soudain en haut de la piste, l’entrée du Parc National d’El Tatio et au loin la promesse de voir une activité géophysique des plus impressionnantes. Au fur et à mesure de l’avancée, les geysers se profilent, sous la forme de longues colonnes de vapeur, hautes de quelques mètres. Un vrai décor de science fiction, mais aucune équipe de tournage n’est là pour nous accueillir… Seuls des mini-bus déversant les heureux et fatigués touristes dans le froid glacial du petit matin. Surprenant décalage entre la chaleur écrasante de la journée et un thermomètre qui annonce -8°C à notre arrivée sur le site vers 5h30.

Le spectacle indéniablement récompense le lever matinal, la route sinueuse et la morsure du froid. Appréciez par vous-mêmes :

Désert Atacama - El Tatio Geysers

Désert Atacama - El Tatio Geysers

Désert Atacama - El Tatio Geysers

Muy frio ! -8°C à 4321m d'altitude...

Désert Atacama - El Tatio Geysers source thermal... les fous se baignent!

Désert Atacama - El Tatio Geysers

Désert Atacama - El Tatio Geysers

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Le désert de l’Atacama : l’endroit le plus sec au monde

Posted in Voyage - Chili with tags , , , , , , , , on 21 décembre 2009 by Placet

Nous avons quitté le nord de l’Argentine pour quelques jours, le temps de traverser la frontière chilienne et de partir à la découverte du fameux désert de l’Atacama à la jonction de l’Argentine, du Chili et de la Bolivie.

Nous étions tous les deux très impatients de découvrir ce lieu étrange dont nous avions tant entendu parler : l’endroit le plus sec au monde (50 fois plus que la vallée de la mort aux Etats-Unis), haut perché en altitude dans la cordillère des Andes (de 2400m à 4800m), regorgeant de merveilles de la nature tels que lacs salés asséchés, vallées lunaires, geysers crachant à plus de 10 m, dans lequel la vie animale est extrêmement rare à part quelques vicunas (lamas des hautes montagnes), petits lapins et mini autruches…

Aujourd’hui, nous allons partager avec vous quelques photos de ce trajet un peu fou de 10 heures de bus qui nous a fait passer de 1200m d’altitude (de Salta en Argentine) à 4830m et mener finalement à San Pedro de l’Atacama, oasis au milieu du désert peuplée de maisons en adobe ou en pisé et qui est maintenant essentiellement un lieu d’accueil touristique.

- Nombreux virages : il faut avoir le coeur bien accroché !

Route entre Salta et la douane argentine - de 1200 à 4800m d'altitude : ça tourne !!!

 – Paysages désertiques :

Désert de l'Atacama - nuages, Andes et poussière Désert Atacama où il pleut 2 fois dans l'année !

- Les lacs salés ou parfois juste une immense empreinte blanche dans le sol sont une des caractéristiques géologiques de ce désert, où le sel provient de l’érosion de la montagne  et non de la présence ancienne d’une mer intérieure. Par conséquent le sel n’a pas de fonction alimentaire et même bien au contraire, puisqu’il ne contient pas d’iode mais des traces d’arsenic…

Désert de l'Atacama, lac salé - bleu, blanc, ocre

Lac salé - petite exploitation

Lac salé en miroir

Désert de l'Atacama - lac salé asséché

- Les vicunas vivent en groupe, un mâle et un"harem", et restent dans les quelques zones où des petits buissons réussissent à pousser :

Les rares habitants du désert - les vicunas (petits lamas)

- La ville de San Pedro de Atacama : écrasée par le soleil et une luminosité qui vous brûle la peau en quelques minutes. Il est indispensable de sortir avec une crème écran total, chapeau et lunettes… Et bien sûr l’incontournable bouteille d’eau. L’air est tellemment sec qu’il déssèche la george en quelques minutes et fait saigner le nez. Bien étonnante cette ville au milieu d’un endroit si inhospitalier.

San Pedro de Atacama - rues écrasées par le soleil

San Pedro de Atacama - maison en pisé

San Pedro de Atacama et ses nombreux chiens

San Pedro de Atacama - petite église en pisé

Dans les prochains articles, vous aurez l’occasion de découvrir en images et film les geysers à el Tatio, puis la Vallée de la Lune et la Vallée de Mars ou de la Mort. Alors à bientôt !

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Première traversée des Andes…

Posted in Voyage - Argentine, Voyage - Chili with tags , , , , , , , on 1 décembre 2009 by Placet
Peu de temps ces derniers jours pour écrire tranquillement, alors nous vous proposons quelques photos de notre première traversée des Andes (en bus, rien de particulièrement sportif :-)…). Trajet très agréable entre Santiago de Chile et Mendoza, avec une symétrie amusante de part et d’autre des Andes puisque nous avons débuté notre trajet au milieu des vignes chiliennes et l’avons terminé par la traversée de leurs concurrentes argentines.

Cordillère des Andes - versant chilien

Cordillère des Andes - versant chilien

Si les vignobles de la région sont sans doute plus spectaculaires en automne ou en hiver, le passage des Andes est particulièrement impressionnant. Route de montagne rugueuse et très abrupte côté chilien, avec beaucoup de lacets serrés dans un décor de roches et de neige assez gris. On passe devant la station de ski de Portillo, célèbre pour avoir accueilli les championnats du monde de ski alpin en 1965 et pour servir désormais de terrain d’entraînement estival à plusieurs équipes nationales. Le terrain se fait de plus en plus gris et « lunaire » à l’approche de la frontière, on n’est pourtant qu’à 3 000 mètres d’altitude à peine.

Cordillère des Andes - versant argentin

Cordillère des Andes - versant argentin

Après un passage de douane amusant et des contrôles plus procéduriers que stricts, le paysage change immédiatement sur le versant argentin, avec une plaine buissonneuse et des massifs montagneux plus colorés que du côté chilien – ou est-ce le soleil qui s’est levé ? Les enseignes usées des quelques auberges et hôtels en bord de route nous rappellent dans un joyeux désordre que nous sommes (pour notre plus grand plaisir !) de retour en Argentine. Le contraste est net avec l’aspect sérieux ascendant rigide de Portillo et symbolise de façon amusante l’ambiance profondément différente de deux pays pourtant voisins – nous y reviendrons. Encore quelques heures de voyage tranquilles et nous arrivons dans la chaleur étouffante de Mendoza, ville plus calme et jolie que passionnante.

Cordillère des Andes - versant argentin

Cordillère des Andes - versant argentin

Un peu de repos avant de passer la journée du lendemain à sillonner en vélo les vignobles des environs. Rien de particulier à signaler à ce propos, les vignobles sont agréables et les vignerons très accueillants, mais les vins que nous avons goûtés ne nous ont pas laissé un souvenir impérissable (peut-être avions nous des attentes trop élevées ?). Il a par contre, sur le chemin du retour, donné des ailes à Anne qui pédalait fort difficilement avant nos premières visites de caves. La prochaine fois, nous programmerons notre première dégustation après cent ou deux cents mètres, et nous devrions avoir le temps d’en faire beaucoup plus !

Bodega La Rural - Mendoza

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