Archive for the Voyage – Bolivie Category

Couleur rouille : le cimetière de trains d’Uyuni

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , on 30 janvier 2010 by Placet

Aujourd’hui, nous partons en quête de notre dernière couleur pour achever cette chronique sur l’altiplano bolivien. Après le vert et l’ocre de l’altiplano, l’arc-en-ciel des lagunes et le blanc du salar, nous allons découvrir la rouille d’un étonnant cimetière de trains…

Il est localisé à l’extérieur de la ville d’Uyuni, au milieu d’une grande étendue aride. Il est toujours tristement connecté à la ville par la vieille voie ferrée rouillée, qui reliait les mines locales aux ports de l’Océan Pacifique.

La Bolivie, comme tout le continent américain, a connu la colonisation et ce sont donc les étrangers qui ont pris en charge la gestion de ses ressources et la construction des voies de communication destinées à les acheminer hors du pays. C’est ainsi qu’une communauté d’ingénieurs anglais invités par la compagnie de train bolivienne et par Antofagasta, une société financée par les Britanniques, est venue s’installer à Uyuni à la fin du 19ème siècle. Leur mission était de développer un réseau ferroviaire, projet qu’ils ont mené à bien en tout juste quatre ans de 1888 à 1892.

Le président bolivien de l’époque a très largement soutenu le projet, car il était convaincu qu’un système de transport efficace assurerait une bonne croissance économique au pays. Malheureusement pour lui, cela ne fut pas l’avis de tous, puisque la population locale d’Améridiens, les Aymara, le considérèrent comme une intrusion sur leur territoire et organisèrent une ardente campagne de sabotage. On ne peut s’empêcher de penser aux images du far west américain…

Finalement le chemin de fer bolivien connut son coup de grâce dans les années 1940 lorsque l’industrie minière, alors son unique client, s’effondra en raison de l’épuisement des ressources. C’est ainsi que les locomotives et les wagons échouèrent dans le désert aux portes de la ville d’Uyuni, pour le plus grand plaisir des touristes.

Cimetière de train d'Uyuni

Cimetière de trains d'Uyuni

"Besoin d'un mécanicien"

Cimetière de trains d'Uyuni

"Ainsi va la vie"

Cimetière de trains d'Uyuni

Après une session photo des plus amusantes, nous voilà de nouveau sur la route pour les six dernières heures du périple, qui nous ramèneront à la ville de Tupiza. Il est temps de dire au revoir à nos compagnons de route et de se diriger vers Sucre et La Paz, que David vous a déjà décrites.

Talia, notre pétillante "mama de Bolivia"

Nous avons décidé dans nos prochains articles de vous ramener dans un environnement plus urbain, et c’est par les étonnantes maisons de Pablo Neruda à Santiago du Chili et Valparaiso que nous commencerons. Voilà, pour vous mettre l’eau à la bouche, un portrait de son étonnant propriétaire, croisé sur les murs de Valparaiso :

Pablo Neruda, graffito mural, Valparaiso

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Salar d’Uyuni : désert de sel et explosion de lumière

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , on 28 janvier 2010 by Placet

Après notre journée à la découverte des lagunes multicolores de l’altiplano, nous nous sommes arrêtés pour la nuit aux portes du désert de sel : le salar d’Uyuni. L’impatience est forte. Nous avons maintenant vu les salars de l’Atacama, celui de Chalviri, alors pourquoi Uyuni est-il celui qui attire le plus les foules ? Dans quelques heures nous en connaîtrons la raison…

Le salar est à la fois le plus grand au monde (il couvre une superficie de 10580 km2) et le plus haut (à 3656m d’altitude). Sa surface est absolument plate. Vu du ciel, il ressemble à un énorme miroir et c’est le lieu où la réverbération du soleil est la plus forte au monde… Cela se sent, les lunettes de soleil ne suffisent pas toujours à s’en protéger.

Il faut savoir aussi que c’est un lieu très convoité, et pas seulement pour des raisons touristiques. En effet, comme nous l’avons vu hier, le salar est constitué d’une couche de sel agrégé sur quelques mètres d’épaisseur recouvrant un immense lac. C’est justement sa surface qui attire les convoitises de certains grands groupes industriels car elle regorge d’un élément qui les fait saliver : le lithium, qui joue un rôle essentiel dans la fabrication des batteries.

Un groupe français, Bolloré, est d’ailleurs en pleines discussions avec Evo Morales, le président bolivien, depuis environ 3 ans. Il veut s’assurer un approvisionnement en lithium pour la construction des batteries qui alimenteront la voiture électrique qu’il développe avec Pininfarina, un designer automobile italien.

Les négociations seront longues pour deux raisons. Tout d’abord, parce qu"Uyuni est un point stratégique dans l’acquisition de cette ressource naturelle : ce salar représente 50 à 70% de la réserve mondiale en lithium… Un vrai Eldorado ! La seconde raison vient des choix politiques d’Evo Morales, premier président d’origine amérindienne, qui souhaite s’affranchir de la mainmise des grands groupes occidentaux sur les ressources énergétiques et minières de son pays (gaz, minerais, etc). La concession du gisement d’Uyuni ne sera donc pas accordée sans conditions. Un transfert de technologie est déjà prévu au bout de deux ans et les enchères montent, avec entre autre la candidature d’un groupe japonais. La fin des négociations avec Bolloré est prévue pour février 2010. Affaire à suivre très prochainement !

On peut également noter qu’il est assez rare que des ressources naturelles soient exploitées pour le bénéfice de l’environnement. C’est quasiment une première dans l’histoire ! En effet, Bolloré a présenté sa voiture électrique à la presse en octobre 2008 (voir ce petit clip sur youtube de France Soir Videos : http://www.youtube.com/watch?v=jT9Y6OnQd4I&feature=related). On y apprend que les batteries au lithium ne sont pas polluantes comme les anciennes batteries électriques et qu’elles sont même recyclables. Une technologie qui, si elle parvient à générer l’intérêt escompté, pourrait également contribuer à un assainissement de l’air des centres urbains saturé par les gaz d’échappement.

Il n’en reste pas moins que les amoureux de grands espaces naturels devront se dépêcher d’aller visiter le Salar d’Uyuni, qui risque fort de changer de visage dans les années à venir.

Pour ceux qui n’auront pas cette chance, voici une petite description en images de ce que nous y avons vu : 

Tableau abstrait ou lever de soleil ?

Saison des pluies, le salar est en partie recouvert d'eau et le soleil levant s'y projette

Lever de soleil sur le Salar d'Uyuni, réverbérations !

On confondrait presque le sel avec une pellicule de givre

Du sel, du sel, rien que du sel

Comme une banquise

Autoportrait sur l'immensité de sel

Isla del Pescadores, l'île aux cactus millénaires hauts de 12m, se dresse au milieu de l'immensité de sel

Isla del Pescadores - seule pointe d'ocre au milieu du blanc

Sel et eau du salar - effet réfléchissant maximal

On roule sur l'eau pendant des heures, et on en perd nos repères visuels... sauf pour cette jeep que nous suivons

Elle s'éloigne tant et plus

Lorsqu'elle disparaît, on glisse finalement dans une dimension parallèle : nous flottons littéralement entre terre, eau, sel et ciel

Et les touristes éblouis, mais heureux, en profitent pour prendre la pose :

Salar d'Uyuni - touristes en action !

Demain, nous partirons en quête de notre dernière couleur. Après le vert et l’ocre de l’altiplano, l’arc-en-ciel des lagunes et le blanc du salar, nous découvrirons la rouille d’un étonnant cimetière de trains…

Cimetière de trains d'Uyuni

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Les lagunes de l’Altiplano bolivien : un arc-en ciel !

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 26 janvier 2010 by Placet
Nous venons de passer une nuit bien fraîche à San Antonio de Lipez, et il nous faut nous lever aux aurores pour ne pas manquer le lever de soleil sur la Laguna Colorada, la première qu’il nous sera donné de voir aujourd’hui.

Le ronron du générateur, qui se remet en marche à 4h00, nous sert de réveil matin. Nous voilà à bord de la jeep après un petit déjeuner rapide. Des paysages splendides nous attendent aujourd’hui, alors en route !

Cette partie du voyage nous fait découvrir deux types de formations géologiques : les salars (lacs salés que nous avions déjà croisés dans le désert chilien de l’Atacama) et les lagunes.

Un petit rappel s’impose, avant de vous laisser découvrir ces petites merveilles en images.

Le salar est un lac de 2 à 20 mètres de profondeur recouvert d’une très solide couche de sel dont l’épaisseur varie de 10 cm à quelques mètres. L’eau du lac est une solution saturée de sel, lithium (très utile pour la fabrication des batteries en tout genre) et chlorure de magnésium… Autant dire que cette eau n’est pas potable. Certains salars comportent en leur centre des îles qui ne sont autres que les sommets d’anciens volcans submergés. Pour les passionnés de géologie, c’est tout un programme !

Nous verrons aujourd’hui le Salar de Chalviri :

Salar de Chalviri

Salar de Chalviri

Salar de Chalviri

Puis viendront les lagunes, petites merveilles de couleurs car chacune a sa propre identité en fonction des substances contenues dans ses eaux. Vert émeraude pour la Laguna Verde dû à l’arsenic, rouge orangé pour la Laguna Colorada du fait de micro algues, ou bleu clair pour la Laguna Celeste provenant de sa haute concentration en magnésium. Les flamants roses ont trouvé là un environnement qui leur plaît particulièrement puisque leurs silhouettes majestueuses s’affichent fièrement sur les eaux colorées. Quelques lamas paissent aux alentours.

Quand les touristes sont encore rares, c’est un vrai spectacle de calme et de sérénité. On développe la conscience d’être dans un lieu à part, au sein des plus beaux paysages croisés ces derniers mois. Difficile à décrire avec des mots. Alors je vous laisse, en silence, avec les images :

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Hedionda

Laguna Colorada

Laguna Colorada

Laguna Verde et volcan Licancabur

A la fin de cette belle journée, nous avons des couleurs plein les yeux en arrivant à l’hôtel de sel. Il a été construit avec des briques de sel découpées dans le salar d’Uyuni. Bâtiment étonnant, où l’isolation contre le froid est finalement bien meilleure que ce que nous espérions. 

Hôtel de sel aux portes du salar d'Uyuni

La nuit tombe et l’impatience nous saisit, car nous sommes à présent aux portes du Salar d’Uyuni, immensité de sel unique au monde, que nous découvrirons aux aurores demain matin.

Lever de soleil sur le Salar d'Uyuni

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Vie dans les hauteurs boliviennes et rencontre avec la petite Anna

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , on 25 janvier 2010 by Placet

Nous sommes à la fin de ce premier jour de voyage sur la route entre Tupiza et Uyuni. Nous nous apprêtons à passer la nuit chez l’habitant dans le minuscule village de San Antonio de Lipez. Une rare occasion de partager le quotidien de ces familles isolées dans l’altiplano bolivien en plein coeur de la Cordillères des Andes. 

Une autre jeep de touristes nous rejoint, nous serons donc huit au total partagés entre deux dortoirs. En à peine quelques minutes nous faisons la visite des chambres et des sanitaires, comprenant 2 WC et un évier d’eau froide, construits exclusivement pour les touristes, la famille n’en ayant pas à sa disposition. Le confort est précaire…  

Les sanitaires exclusivement pour les touristes

Les dortoirs pour les hôtes

La maison est construite en terre, recouverte d’un toit de tôle ondulée : l’isolation générale est bien maigre, puisque les rares fenêtres sont au mieux fêlées, voire franchement cassées et réparées avec des matériaux de fortune (carton, papier, etc.). L’aile réservée à la famille est composée de deux petites pièces et équipée d’un poêle. Fort utile dans un tel climat, puisque les nuits d’été affichent des températures proches de -10°C et le thermomètre passe largement sous les -20°C pendant les nuits d’hiver. Quand la nuit tombe, nous sommes bercés pour trois heures par le ronron mécanique du générateur d’électricité qui place cette famille au-dessus de bien d’autres de la région : 99% de la population de la province du Sur Lipez n’a pas l’électricité. 

Maison en pisé et au toit en tôle ondulée... Piètre isolation contre le grand froid

Ici encore, comme à beaucoup d’étapes de notre voyage, ce sont les enfants qui vont nous permettre d’aller un peu plus loin que les simples observations matérielles. En effet, David, sportif invétéré, se lance dans une partie de basket éprouvante à 4,200m d’altitude avec trois fillettes du village. Elles ne sont pas aussi curieuses des étrangers que d’autres enfants rencontrés en Asie par exemple. Seule la plus jeune est gaie et spontanée, les deux plus grandes, âgées d’une dizaine d’années, affichent une grande réserve mêlée de réprobation. Finalement elles se laisseront tenter par une partie sur ce terrain de sport au panorama exceptionnel. 

Terrain de basket à 4200m d'altitude. Imprenable vue sur les Andes !

 Lors du dîner, la plus enhardie viendra nous rendre visite sous le prétexte de nous vendre des bracelets artisanaux. Ses vêtements élimés et son petit visage espiègle teinté de poussière en disent long sur les conditions de vie. Grâce aux quelques mots d’espagnol appris ces dernières semaines, nous arrivons à communiquer. Vite, elle laisse les bracelets de côté et se lance dans une série de questions. Elle est curieuse de nos pays, de notre façon de vivre.

On apprend qu’elle s’appelle Anna, a neuf ans et huit frères et soeurs qui se partagent les deux petits pièces voisines. Elle nous demande s’il pleut beaucoup dans nos pays. Un couple d’Anglais, gêné, répond par l’affirmative. Puis veut savoir si on peut boire l’eau de pluie, car ici elle rend malade dit-elle en nous montrant son ventre, il faut la faire chauffer avant de s’en servir. Elle nous apprend que dans l’altiplano la pluie peut se faire rare. On éprouve un certain malaise à lui expliquer que nous avons l’eau potable à domicile…

Elle nous explique ensuite que les pompons colorés que l’on a vus aux oreilles des lamas signalent l’appartenance à un éleveur. Ceux de sa famille -100 lamas au total- ont les pompons vert et jaune. Est-ce un gros cheptel pour une famille de 11 ? Difficile à évaluer. Elle nous apprend que son oncle en possède 1 000 et ajoute « qu’en plus il n’a ni femme, ni enfant ». Nous rions tous de bon coeur. Puis elle veut savoir d’où nous venons, nos âges, nos métiers…

Lamas en troupeau

C’est la seule discussion animée que nous ayons réussi à avoir en Bolivie en près d’un mois de voyage. Les gens ici sont extrêmement distants, quand ils ne sont pas, en de rares occasions, franchement hostiles. Par conséquent, ils n’engagent pas la conversation avec des étrangers facilement. Ce ne fut pas le cas dans les autres pays d’Amérique du Sud où nous avons toujours réussi à lancer quelques joyeuses conversations avec les locaux. Le passé colonial aurait-il en Bolivie laissé davantage de séquelles qu’en Argentine, au Chili ou au Pérou ? Incontestablement : la Bolivie est hors norme dans son repli sur soi. Il nous a semblé que la curiosité et l’envie de s’ouvrir aux autres cultures n’étaient malheureusement que peu présentes au sein des populations amérindiennes, celles que nous rêvions tant de mieux connaître.

Quelles en sont les raisons ?

  • Faut-il l’imputer aux rapports sociaux qui apparemment font que les amitiés se nouent difficilement hors du contexte familial ?
  • Au ressentiment très présent d’avoir été exploités par les grands groupes occidentaux à qui l’Etat bolivien a vendu une partie des ressources naturelles (gaz, minerais…) ?
  • A un très long passé politique où des présidents « blancs », avocats ou militaires, se sont partagé le pouvoir et où les Amérindiens n’ont été finalement représentés qu’en décembre 2005 par un des leurs, Evo Moralés, cultivateur de coca ?
  • A un pays coupé en deux, où les riches de descendance occidentale vivent en bas et les pauvres d’origine amérindienne peuplent les hauteurs de la Cordillère des Andes ?

La liste de griefs est incontestablement assez longue. Mais elle n’est que la conséquence d’un mal qui a des origines bien plus lointaines : l’invasion et la colonisation espagnoles. 500 ans après l’arrivée des premiers Européens, les effets d’une politique coloniale aussi brutale qu’irrespectueuse des traditions et de la spiritualité locales se font toujours ressentir dans un pays où la majorité de la population demeure d’origine amérindienne, contrairement à certains pays voisins (où elle a malheureusement été décimée…). Les cyniques diront que les Français n’ont aucune leçon à donner, et je ne peux qu’acquiescer…

Alors, laissons là ces considérations et remontons sur nos hauteurs « altiplaniennes ». Demain nous partons à la découverte de lagunes d’une beauté rare. Elles resteront pour nous les paysages les plus grandioses croisés en un an.  

Laguna Colorada

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Palette d’ocres et de verts : l’ascension vers l’altiplano bolivien et la découverte du Sur Lipez

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , , , on 22 janvier 2010 by Placet
Nous voilà au départ de ce périple de quatre jours à Tupiza, ville bolivienne à une soixantaine de kilomètres de la frontière argentine. A bord du 4×4, nous sommes six : deux locaux, notre chauffeur Wilmer et notre cuisinière Talia, petite femme pétillante d’une cinquantaine d’années qui s’est présentée comme notre « mama de Bolivia » pour la durée du voyage, et quatre touristes, dont un charmant couple franco-argentin avec qui nous avons déjà planifié des retrouvailles européennes.

Talia jouant avec une petite fille dans un village

Tout d’abord, il nous faut prendre de la hauteur et nous élever de 1,200 m aujourd’hui. La route tourne follement mais, au fur et à mesure de notre ascension, les canyons rouge et ocre s’offrent à la vue et les cactus deviennent de plus en plus nombreux. Si on regarde bien, on a parfois la chance de découvrir une fleur rouge ou jaune à leur sommet : plaisir rare, puisque celle-ci fanera dès le lendemain de sa floraison. Ces cactus géants, si souvent représentés dans les dessins animés, sont réellement impressionnants. Ils peuvent atteindre plus de 5 mètres de haut – après toutefois de longues années, puisqu’ils ne poussent que de un à deux centimètres par an… Je vous laisse faire le calcul.

Canyons et cactus

Fleur de cactus

Progressivement les canyons cèdent la place à de grandes étendues plates et poussiéreuses. Un ciel immense les surplombe, dans lequel les nuages semblent prendre vie. Puis viendra le tour de prairies peuplées de lamas en troupeaux. Nous roulerons douze heures au total ce premier jour et ne croiserons que deux hameaux. Inévitablement naît le sentiment troublant mais reposant d’être soi-même un grain de sable au milieu de cette infinitude… 

Altiplano

Prairies de l'altiplano

Vizcachas bondissant dans les pierres

Ciel immense et nuages prenant vie

Quelle est donc cette terre étrange et changeante, à peine l’ai-je mentalement qualifiée de désert qu’elle se change en pâturage, de plaine qu’elle offre des flancs de montagne à gravir ? Quelle est donc cette contrée qui nous gâte de tous ces contrastes ? Nous sommes dans le Sur Lipez, province située au sud-ouest de la Bolivie et où la densité de population n’est que de 0,3 habitant au km2, où 99% de la population n’a pas accès à l’électricité, 90% ne dispose pas de sanitaire et tous ne parlent pas l’espagnol. Ses habitants vivent exclusivement de l’agriculture et de l’élevage et les lamas forment une grande partie du cheptel.

Un des deux hameaux traversés est en fait la capitale de cette province. Il se nomme San Pablo de Lipez, et nous en visiterons malheureusement l’infirmerie car l’un d’entre nous souffre cruellement de l’altitude. Le lieu est intéressant, on y entre par la rue principale (l’unique rue pour être exact) et on aperçoit, avant même ses premières maisons, son terrain de foot sur lequel quelques joueurs s’entraînent à la course. Mais où trouvent-ils donc tant d’énergie ? A 4,200m d’altitude, pour nos organismes fatigués chaque effort est une bataille, et chaque bouffée d’air aspirée se fait prier à rentrer dans nos poumons. Leur tonus leur vient de la mastication des feuilles de coca qui dilatent les alvéoles pulmonaires et rendent (bien agréablement) euphorique.

San Pablo de Lipez - capitale de la province du Sur Lipez

L’infirmerie est, avec l’église, un des pôles centraux du village et le vieux bâtiment recèle d’affiches incitant à la prévention (planning familial, tuberculose, cancers féminins, etc.).

Les murs de l'infirmerie de San Pablo de Lipez et ses affichages sur la prévention en tout genre

Rappelons que l’espérance de vie moyenne en Bolivie est d’environ 66 ans, ce qui la place au 154ème rang mondial (sur 221 pays répertoriés). Comme nous sommes ici dans une des provinces les plus pauvres du pays, on imagine que les chiffres sont encore plus déplorables, vraisemblablement parmi les plus bas au monde.

Nous reprenons la route et parcourons de nouveaux espaces immenses avec en toile de fond d’impressionnants sommets enneigés se dressant au-dessus de l’altiplano. Notre premier jour est couronné par un soleil couchant aux teintes rougeoyantes.

Sommet andin enneigé

Coucher de soleil

Finalement nous arrivons fourbus par les secousses au deuxième hameau San Antonio de Lipez, où nous nous apprêtons à passer la nuit et faire la rencontre de la petite Anna.

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La Bolivie des hauteurs : une impressionnante palette de couleurs !

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , on 20 janvier 2010 by Placet

Eloignons-nous quelque temps de La Paz pour partir explorer les magnifiques paysages boliviens. La route qui relie Tupiza à Uyuni permet d’en saisir leur incroyable variété et offre à voir, à travers des écosystèmes bien différents, une gamme de couleurs fascinante.

Cette nouvelle chronique se veut une épopée colorée. Elle vous mènera dans les canyons et des prairies de l’altiplano bolivien où gambadent lamas et vicunas puis les lagunes multicolores peuplées de nombreuses espèces de flamants roses et enfin l’incroyable blancheur réfléchissante du Salar d’Uyuni, vide de toute espèce animale.

Le trajet en 4×4 jusqu’à Uyuni s’annonce lent et cahotique ! En effet, nous sommes en hauteur, très haut perchés d’ailleurs. Petit rappel géologico-géographique. Cette partie de la Bolivie que nous nous apprêtons à sillonner fait partie de l’altiplano (« hautes plaines » en espagnol) andin que vous connaissez déjà bien pour vous y être rendus en notre compagnie. En effet, il joint la Bolivie à quatre autres pays : le nord du Chili avec le désert de l’Atacama, l’Argentine et la région au nord de Salta (Cachi, etc.), le Pérou (promis, on vous y emmène bientôt), et enfin l’Equateur (désolés, ce sera pour une autre fois).

L’altiplano andin est la région de hauts plateaux la plus large et haute au monde après le Tibet, s’élevant à plus de 3,700m d’altitude. Vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenus : nous nous apprêtons à circuler entre 4,200 et 5,100m d’altitude. Par conséquent, les nuits seront très fraîches puisque en plein été le thermomètre chute à près de -5°C et les jours sont très lumineux, avec des radiations intenses. L’oxygène pourra se montrer rebelle et trouvera difficilement le chemin de vos poumons, la tête pourra vous tourner, sans parler de votre estomac… Mais ne vous inquiétez pas, certains ne sentiront que faiblement les effets de l’altitude, et puis si vous restez bien assis devant votre ordinateur tout devrait bien se passer :-)

Alors, en voiture !

Voilà un petit aperçu de ce qui vous attend, mais n’hésitez pas à revenir nous rendre visite dans les jours qui viennent pour découvrir en détail et en couleurs chaque étape de ce périple.

Fleur de cactus

Laguna Colorada

Lagune et flamants roses

Lever de soleil sur le Salar d'Uyuni

Sel et eau du salar - effet réfléchissant maximal

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Dimanche matin, rayon de soleil sur La Paz

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , on 15 janvier 2010 by Placet

La Paz en fête

Pentes abruptes, épaisse fumée, engagement politique et circulation intenses, mais surtout un centre-ville animé et rafraîchissant : telles étaient nos premières impressions de La Paz. Après quelques jours, deux inconvénients majeurs de la ville nous sont toutefois apparus. L’impression tout d’abord de n’être pas vraiment en Bolivie, tant le joyeux chaos du centre-ville contraste avec l’ambiance plus réservée, austère -et parfois hostile aux gringos- des quartiers populaires plus en hauteur. La disposition de la ville ensuite dont l’avenue principale, non contente d’être assez pentue, creuse un sillon entre deux collines également abruptes. A chaque tentative pour prendre un peu de hauteur, une sorte de ressort invisible -mélange de gravité et d’air trop rare- nous ramène irrémédiablement vers le Prado et son incessant trafic.

La Paz - parade de rue

La Paz - scène de rue

Après quelques jours, l’impression frustrante domine donc d’arpenter toujours les mêmes blocs autour de la calle Sagarnaga – inévitablement les plus touristiques- et de longer des échoppes de souvenirs, restant ainsi à la surface d’une ville tentaculaire et si manifestement complexe. Etrange sentiment que d’observer les constructions s’entassant jusqu’au sommet des pentes vertigineuses qui entourent la ville et de tenter d’imaginer la vie de leurs habitants, dont certains ne mettent probablement jamais les pieds dans le minuscule périmètre dont nous ne parvenons pas à nous extirper… Rarement une ville nous est apparue aussi imperméable, d’autant que nous ne nous savons pas les bienvenus si l’idée nous prenait d’aller faire un tour dans les hauteurs d’El Alto pour mieux comprendre la vie locale :-) Si l’on y ajoute la grisaille permanente qui donne à la ville un aspect plutôt morose, nos tentatives pour capturer un peu son ambiance -ou au moins quelques effets de lumière intéressants !- sont après quelques jours largement vaines.

La Paz - costumes traditionnels de cholas

La Paz - parade de rue

Alors, lorsque le soleil nous réveille le dimanche matin, c’est notre quête photographique qui va nous donner le courage de nous mettre en route aux aurores vers les marchés du haut de la ville pour nous offrir bientôt notre plus beau moment paceño et l’impression de s’approcher un peu de la population locale. Notre itinéraire nous mène rapidement vers les parties les plus animées de ce grand bazar à ciel ouvert – là encore, peu de sourires mais une ville différente, une lumière exceptionnelle qui donne aux murs craquelés une texture particulière et surtout un semblant d’énergie que nous n’avions pas perçue les jours précédents. Nous prenons quelques photos, montons très haut sur les pentes pour profiter d’une impressionnante vue d’ensemble sur la vallée et nous apprêtons à redescendre lorsque nous apercevons en contrebas les préparatifs d’un défilé. Une dame âgée nous explique avec un air réprobateur que les riches commerçants du quartier s’apprêtent à « faire une nouvelle fois la fête »…

La Paz - parade de rue

La Paz - parade

Nous nous hâtons (plus facile dans le sens de la descente !) et lorsque nous rejoignons la procession, la fête bat déjà son plein. Des cholas (femmes amérindiennes) aux costumes particulièrement élaborés -jupons froufroutants, châles aux couleurs éclatantes, boucles d’oreilles massives et chapeau melon- dansent en rythme, la foule enthousiaste se presse autour d’elles et la musique bat son plein. A ce stade, les danseuses comme les musiciens semblent très appliqués et leur expression presque sévère. Je m’éclipse donc, attiré par des cors de chasse rutilants qui feraient un excellent avant-plan à un groupe de musiciens plus jeunes et nettement moins traditionnels qui s’excitent sur des grosses caisses dans un concert de pétards et de confettis. Prometteur.

La Paz - parade de rue

Effectivement, l’ambiance est nettement plus chaude, quelques bouteilles de l’insipide bière locale -nommée dans un moment d’exubérance Paceña- commencent à circuler et la foule est nettement plus compacte. Je me croirais revenu quelques mois en arrière, lorsque j’étouffais littéralement en tentant de photographier le marché aux poissons de Hoi An, au Vietnam. Pas grave, enfin des sourires autour de moi, et lorsque je rejoins Anne qui était restée pour filmer la procession, je m’aperçois que l’ambiance s’est échauffée également de son côté : danseurs et musiciens défilent désormais une canette à la main, des vendeurs se mêlent à la procession pour profiter de l’aubaine et le rythme est de plus en plus erratique. Plus personne ne semble se soucier des costumes ou de la danse, les tenues sont de plus en plus débraillées et les canettes circulent de main en main. A dose modérée bien sûr, l’alcool n’aurait donc pas que des effets néfastes… :-)

La Paz - parade de rue

La Paz - parade

De retour dans le secteur le plus acharné, la bière commence également à couler à flots, les hommes en costume et chapeau de mafiosi forment des cercles, s’embrassent et font circuler des verres qu’ils descendent à une vitesse terrifiante – il n’est qu’onze heures du matin… Les femmes en font progressivement de même, il est de plus en plus difficile de bouger, on discute avec un peu tout le monde (apparemment, l’alcool rend notre espagnol presque intelligible) et mes photos me semblent de plus en plus réussies au fur et à mesure que je suis le rythme de la foule. D’abord en retard d’une fraction de seconde, je crois bientôt capturer des expressions, des mouvements et des interactions qui seront ce qu’elles seront une fois développées mais me font vivre l’instant de façon particulièrement intense. Miracle de la photo, cet instant aussi joyeux que spontané survient au moment où nous ne nous y attendions plus, alors que plusieurs jours à arpenter les rues de La Paz ne nous avaient offert aucun moment photographique ni interaction privilégiés avec des locaux. Epuisés, nous quittons un peu plus tard la fête alors que -faute de munitions- les participants commencent à s’éparpiller vers les bars environnants où ils passeront sans doute encore un bon moment (la fête est apparemment programmée pour toute la journée). Nous ne repasserons pas pour faire le point, mais la fin d’après-midi ne devrait pas être triste s’ils continuent à ce rythme… Les Paceňos sont bien taciturnes au quotidien, mais ils savent incontestablement faire la fête !

PS : merci à Anne pour toutes les photos et vidéos puisqu’une fois encore, c’est grâce à son petit appareil digital qu’on peut partager avec vous quelques images sur le blog… Décidément, le numérique n’a pas que des inconvénients :-)

La Paz - parade de rue

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La Paz, la mal nommée – ses pentes, ses manifestations, son brouhaha, sa fumée et… ses zèbres

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , , , , , , , , , , on 8 janvier 2010 by Placet

La Paz - centre-ville

Deux semaines déjà que nous sommes en Bolivie – dans l’extraordinaire altiplano tout d’abord (Sud Lipez et salar d’Uyuni), qu’Anne vous contera dès qu’elle aura mis un peu d’ordre dans nos photos, puis la très décevante Sucre, dont le centre-ville propret et atrocement touristique met une barrière difficile à franchir entre les visiteurs et la population locale. Et depuis quelques jours à La Paz, au bouillonnement et à l’aspect débraillé si rafraîchissants après l’architecture coloniale trop bien conservée de Sucre. Recueil de nos premières impressions après deux jours dans la ville.

La Paz - marché de rue, calle Sagarnaga

La Paz, capitale administrative du pays, est tout d’abord la capitale la plus haute du monde. Une distinction qui pourrait n’être qu’honorifique mais se rappelle en fait à chaque instant à nos organismes fatigués lorsque nous arpentons ses rues férocement pentues. Non contente de s’élever à une altitude moyenne proche de 3 700 mètres, la ville s’étend sur plus de mille mètres de dénivelée entre le quartier résidentiel de Zona Sur et les abords d’El Alto, une des communes les plus pauvres de Bolivie. Comme dans le reste du pays, les riches sont en bas et les pauvres en haut, sauf qu’ici la topographie de la ville la rend particulièrement vulnérable aux blocages régulièrement initiés par les populations du « haut » ou les paysans des environs. Entre blocages et manifestations, la ville porte d’ailleurs bien mal son nom : les altercations entre police et manifestants sont apparemment fréquentes et plutôt violentes, et les slogans politiques qui tapissent les murets longeant la descente de l’aéroport vers la ville confirment le fort engagement politique des Paceños. Engagement qui semble s’être mué en un plébiscite d’Evo Morales, élu en 2005 et dont le nom et celui de sont parti -M.A.S.- monopolisent l’espace sur les murs et ont du faire exploser les ventes de peinture bleue…

La Paz - zèbre réglant la circulation

Malgré ces fortes inégalités, toutes les classes sociales convergent chaque matin vers le centre historique de la ville, où elles cohabitent sans problème apparent et donnent au centre-ville un aspect joyeux et bariolé. Cadres pressés en costume, adolescents aux tenues occidentalisées, cireurs de chaussures cagoulés mâcheurs de coca et innombrables policiers en tenue jouent des coudes avec les cholas, femmes d’origine amérindienne au visage buriné qui règnent sans partage sur les restaurants de rue, les boutiques d’artisanat et les stands de marché noir. Ces femmes d’affaires avisées se distinguent par leur allure fière et leurs tenues soignées, couronnées du caractéristique chapeau melon apparemment introduit au début du siècle par des marchands italiens non moins avisés. Noirs ou marron, magnifiquement feutrés et portés si haut qu’on se demande comment ils tiennent, ces couvre-chef font partie intégrante du paysage paceño, notamment lors des marchés du week-end qui prennent apparemment l’apparence d’un océan de chapeaux melons. Retrouverons nous le charme et le graphisme des nón bài thơ (chapeaux coniques) vietnamiens ? On vous en dira plus lundi, mais même en semaine les pentes pavées du centre de la ville s’apparentent à un marché géant où ponchos et pulls en alpaga disputent la vedette aux bijoux en argent et -plus morbide mais prisé des locaux- aux foetus de lama…

La Paz - vieux bus brinquebalant

Energie, mouvement constant et plaisir visuel donc, mais on ne peut en dire autant pour l’ouïe et l’odorat : la foule piétonne de la ville partage à ses risques et périls les rues avec une quantité impressionnante de taxis, de bus aussi bariolés qu’antédiluviens et de minibus qui font la liaison entre les différents quartiers de la ville. Les vieux bus américains (Dodge, GMC) reconvertis ont en effet bien de la peine à gérer les pentes terrifiantes de la ville, notamment dans le sens de la montée, et vomissent régulièrement d’épouvantables gerbes d’une fumée épaisse et grisâtre qui prend les passants à la gorge et provoque des quintes de toux terribles… Quant à l’animation sonore, ce sont les adolescents penchés à la portière des minibus qui s’en chargent, en beuglant sans interruption les destinations du véhicule à bord duquel ils se trouvent lorsqu’ils ne prélèvent pas auprès des passagers le boliviano (dix centimes d’euro !) dont on doit s’acquitter pour voyager en centre-ville. Stops et passages piétons ont un rôle purement décoratif et tout le monde traverse entre les véhicules sur l’avenue principale, le Prado, ajoutant à l’intense confusion du centre-ville.

La Paz - zèbre réglant la circulation

Heureusement, et pour finir sur une note franchement réjouissante, il y a les zèbres ! Phénomène typiquement paceño, ces jeunes femmes en costume de zèbre (il y a aussi quelques ânes, mais on n’a pas trop saisi la distinction) régentent la circulation aux carrefours les plus animés dans un mélange de fantaisie (danse devant les voitures au feu rouge) et de fermeté (pour faire circuler les minibus qui persistent à racoler aux intersections). Avec une pêche incroyable, ces zèbres infatigables et très sympas avec les enfants qui semblent les adorer sont un vrai rayon de soleil dans un centre tout de même harassant. C’est décidé, demain, on retourne les voir !

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(Not so) Easy Riders – à la découverte des « routes » boliviennes

Posted in Voyage - Bolivie with tags , , , , , on 1 janvier 2010 by Placet

Au premier mois de notre périple -il y a maintenant une éternité-, nous avions partagé avec vous une vidéo de ce qui reste notre plus beau voyage en bus, un périple en troisième classe au milieu de la Thaïlande (http://anneetdavid.wordpress.com/2009/04/01/easy-riders/). Bus brinquebalant, musique étonnante, décor sympa et trajet le nez au vent – tous les ingrédients étaient réunis pour un moment mémorable. Il le fut, tout en ayant l’avantage d’être relativement court et de ménager ainsi nos vertèbres tout de même soumises à rude épreuve.

Quelques milliers de kilomètres plus tard, c’est en Bolivie que nous avons retrouvé ce sentiment étonnant d’un trajet qui soit en lui-même une aventure. Pourquoi celui-ci, alors que d’autres ont eu chacun leurs mérites – confortable, terrifiant, traversant des décors superbes ou simplement mémorable à force d’être trop long ? La musique sans doute y contribue largement, avec un mélange étonnant de folclore local et de morceaux étonnamment mixés dans un mélange de rock, country et on ne sait trop quoi sur fond de flûte andine… Pour la première fois depuis bien longtemps, elle se substitue pour notre plus grand bonheur à une série de films débiles où de gentils et courageux héros américains tuent une invraisemblable colonie de méchants aussi moches que perfides :-) Le bus terriblement débraillé aussi – préhistorique, en retard, surpeuplé et franchement sale, mais avec un certain caractère. La route certainement, ou plutôt la piste boueuse et caillouteuse tristement défoncée et dont les amortisseurs périmés du bus nous restituent chaque ornière, nous donnant l’impression d’être assis sur une colonie de ressorts. Le paysage enfin, mélange de vastes étendues vertes peuplées seulement de quelques cactus, de routes de montagne étonnantes et de villages en adobe où les slogans politiques -vestiges des récentes élections présidentielles- recouvrent toutes les surfaces imaginables à l’exception des vaches et des ânes. Sans oublier les nombreux lits de rivière que le bus traverse avec plus ou moins d’aisance…

Les vidéos ci-dessous tentent de restituer la saveur -rarement douce, parfois amère mais très originale !- de ce long trajet (sept heures et demi pour un peu plus de 200km et un seul arrêt…) entre Tupiza et Potosi, dans l’ouest du pays. Plus tristement, elles évoquent aussi le manque d’infrastructures d’un pays « coupé en deux », les plaines de l’est concentrant les richesses du pays -en gaz notamment- alors que les terres hautes de l’ouest, essentiellement habitées par la population amérindienne, en restent le parent pauvre – mais nous y reviendrons…

Sur fond musical, le premier film évoque une traversée de village… :

… Et le second l’état de la route (n’hésitez pas à zapper les trente premières secondes) :

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Joyeux Noël de Bolivie / Merry Christmas from Bolivia…

Posted in Voyage - Bolivie on 23 décembre 2009 by Placet

To our English-speaking friends, the English version is just below the French one!

… De Tupiza, coin particulièrement reculé d’où nous partons demain pour 4 jours de trekking à la découverte des salars (lacs salés) d’Uyuni. L’idée est de geler la nuit (-15°C) et de cuire la journée à plus de 4 500m d’altitude, mais on est très impatients tant le paysage a l’air extraordinaire ! On vous tiendra au courant…

En attendant, le charmant lama ci-dessous se joint à nous pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de Noël. Profitez-en bien et, contrairement à notre nouvel ami, consommez avec modération !!! :-)

 A très bientôt,

Donnez-nous de vos nouvelles.

Anne & David

Bon appétit !

 … From Tupiza, a rather remote place, from where we leave tomorrow for a 4-day trek across the Uyuni salt flats (salar). We expect to freeze at night (-15°C) and bake during the day at over 13,000ft high, but we really look forward to it as the landscape seems truly out of this world! We’ll keep you posted…

Meanwhile, the charming llama above joins us in wishing you a merry Christmas. Enjoy yourself, and unlike our new friend, eat and drink moderately !!! :-)

Till very soon

Keep in touch.

Anne & David

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