Archive for the Voyage – Australie Category

Queensland : îles paradisiaques, béton et kéké des plages

Posted in Voyage - Australie with tags , , , , , , , , on 11 novembre 2009 by Placet
Iles Whitsunday - Hamilton island

Iles Whitsunday - Hamilton island

Après Sydney, Uluru et Alice Springs, place à la côte est de l’Australie, son sable blanc et sa barrière de corail. Le mythe paradisiaque de la Great Barrier Reef et des plages australiennes va-t-il résister, et qu’allons nous trouver derrière les images de carte postale ?

Réponse après une dizaine de jours : même si les plages brûlées par le soleil ne sont décidément pas notre tasse de thé, les décors naturels au large de la côte tiennent incontestablement leurs promesses. C’est notamment le cas des îles Whitsunday, notre première étape après un passage express (deux heures, le temps de changer de bus !) à Cairns. Partis tôt le matin, nous profitons bientôt de notre première expérience de nage avec palmes et tuba pour découvrir de jolis massifs coralliens. La marée est basse, on nage tout près des coraux aux formes étranges et aux couleurs superbes. Une espèce bleue violette me tient notamment captivé, de même qu’une sorte de gros champignon à l’étrange couleur marron et aux formes psychédéliques…

Whitehaven beach

Whitehaven beach

Iles Whitsunday - Hamilton island

Iles Whitsunday - Hamilton island

Puis on remonte dans le bateau pour aller marcher sur l’île de Whitehaven, au sable parfaitement blanc et à l’eau turquoise transparente. Le soleil tape fort, mais on se retranche dans un sous-bois pour profiter d’un excellent barbecue avant de nager un peu puis de prendre le chemin du retour. Une très belle journée dans un endroit décidément pas comme les autres, voir photos ci-dessous :

Décor assez joli également sur l’île de Lady Musgrave, d’où nous découvrons quelques jours plus tard la Great Barrief Reef ou grande barrière de corail. Trajet nettement plus chaotique, une bonne moitié des passagers est malade, ce qui réjouit manifestement l’équipage.
Lady Musgrave island

Lady Musgrave island

Pour le reste, si les paysages au large de la côte sont effectivement somptueux, la fête s’arrête dès qu’on met un pied sur la terre ferme. Les villes de la côte sont sans intérêt et le bord de mer a été massacré pour faire place à des résidences touristiques sans charme et des chaînes de fast food sans saveur. Plus bas sur la côte, on atteint le comble du mauvais goût à Surfers Paradise, qui (vu du bus, nous ne nous sommes pas arrêtés !) offre un mélange architectural intéressant à mi-chemin entre l’Alexanderplatz de Berlin -pour les tours bétonnées- et Las Vegas -pour le clinquant. Apparemment, beaucoup de succès auprès des touristes locaux :-)

Great Barrief Reef

Great Barrief Reef

Mais le béton n’est pas le pire fléau du Queensland, l’Etat qui couvre la côte australienne entre Cairns et Brisbane. Non, le pire désagrément d’un séjour dans la région est le kéké des plages ! Dans sa version générique, le kéké est une espèce très répandue qu’on retrouve sur toutes les plages du monde : frimeur, vain, satisfait de lui-même, pas très malin et rigoureusement ignorant du monde qui l’entoure. Le personnage de Popeye dans Les Bronzés en quelque sorte, irritant mais inoffensif et finalement amusant à force d’être niais. Au Queensland malheureusement, le kéké a muté en intégrant des caractéristiques très australiennes. Sa tendance à l’auto-glorification dépasse l’entendement (l’un deux nous a demandé à la fin d’une conversation « si ça nous avait plu »), son coté nationaliste et donneur de leçons nous a collé des pulsions meurtrières difficiles à réfréner et son absence totale d’empathie plombe définitivement l’ambiance déjà peu enthousiasmante de la côte queenslandaise.

Nymphe whitsundienne

Nymphe whitsundienne

Comme les nombreux amis australiens que nous avions rencontrés à Londres étaient bien différents et très sympathiques, nous avons tenté de comprendre l’origine de cette particularité. Cause ou conséquence de cette « particularité locale », le Queensland était jusqu’à la fin des années 80 une république bananière dirigée par un Premier Ministre corrompu régnant d’une main de fer sur un régime étonnamment totalitaire – presse bâillonnée, opposition politique inexistante, mépris des fonctions parlementaires, discrimination contre les aborigènes et interdiction du droit de manifester. Tout ceci perfidement expliqué par des habitants de l’Etat voisin de Nouvelle-Galles du Sud et malheureusement corroboré -en pire- par de plus amples recherches… Si les exemples de tels maux sont malheureusement nombreux dans des régimes en principe démocratiques, une telle accumulation laisse tout de même rêveur, surtout il y a moins de vingt-cinq ans. Plus grave, lorsque le Premier Ministre Joh Bjelke-Petersen a enfin été poussé à la porte après la découverte d’un schéma de corruption à grande échelle au sein de la police et du gouvernement, cela faisait vingt ans que la population de l’Etat le maintenait au pouvoir. Peut-être le Queensland est-il effectivement un état à part en Australie…

Enfin, et pour revenir à nos moutons, si vous décidez malgré tout d’aller au Queensland, munissez-vous de lunettes pour vous protéger du soleil, et de boules Quies pour vous prévenir des kékés !

PS : et pour me faire pardonner de cet article grognon, une dernière photo bien touristique :

Rions un peu - apprenti plongeur sur la barrière de corail

Rions un peu - apprenti plongeur sur la barrière de corail

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

Dr Jekyll et Mr Hyde : l’étonnant Opéra de Sydney

Posted in Voyage - Australie with tags , , , , , , , , on 2 novembre 2009 by Placet

A peine arrivés à Sydney, une de nos premières visites a été pour son bâtiment le plus célèbre, le Sydney Opera House. Situé dans le port de Sydney et voisin du célèbre pont (Harbour Bidge), l’Opéra héberge en fait cinq salles dont les deux principales sont l’Opera Theatre et le Concert Hall. Conçu par l’architecte danois Jørn Utzon, il est mondialement connu pour son architecture originale qui en a fait une icône de la ville. En Australie, il est également fameux pour sa construction longue et tumultueuse et son acoustique problématique (pour rester poli). Intéressons-nous tour à tour à ces trois caractéristiques…

Le côté Mr. Hyde tout d’abord, c’est l’extérieur : le bâtiment est véritablement différent et superbe, notamment en fin d’après-midi, lorsque le soleil couchant produit avec ses parois vitrées des jeux de lumière étonnants. Sa situation contribue également largement à le mettre en valeur ; situé à la pointe du port de Sydney, l’Opéra bénéficie ainsi d’une vue dégagée de l’esplanade comme de la baie, où la vue à partir des ferries qui partent où arrivent de Manly Beach est somptueuse. La toiture enfin, structurée en deux séries de trois « coques » de béton recouvertes de plus d’un million de tuiles de céramique blanche, donne au bâtiment son aspect unique. L’oeil ne trouve pas de point d’ancrage devant cette structure à la fois très ordonnée et complexe, mélange de rondeurs et de pointes, si bien qu’on a l’impression d’observer une structure différente à chaque fois que l’on se déplace de quelques mètres. C’est assez grisant, une douzaine d’Opéras en un ! Pas facile à expliquer comme sentiment, mais nous l’avons redécouvert avec un égal plaisir à chacune de nos visites. Allez, c’est plus simple en photos :

Le côté Dr Jekyll du bâtiment, c’est tout d’abord l’interminable saga de sa construction. Débutée en 1957 avec un budget de 7 millions de dollars australiens et une livraison prévue pour 1963, celle-ci s’est finalement achevée en 1973 avec un coût total de 102 millions d’AU$ ! Marquée par des difficultés techniques liées au caractère sans précédent du projet mais surtout des changements politiques, elle a vu Utzon démissionner en 1966 en raison du manque de support du nouveau gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud. Si les fondations et la toiture étaient alors largement terminés et reflètent largement les plans de l’architecte danois, l’intérieur a été complètement revu suite à sa démission. Son projet de grande salle unique a ainsi été abandonné pour faire place à deux salles de taille moyenne (une pour l’opéra et l’autre pour les concerts), tout comme ses plans en matière d’acoustique.

Cet abandon est d’ailleurs la source du second aspect « jekyllien » de l’Opéra – l’acoustique très critiquée de ses deux salles principales. L’Opera Theatre souffre apparemment de nombreux maux dont une scène trop étroite, une machinerie vétuste et un niveau sonore excessif dans l’orchestre, qui menace l’audition des musiciens et oblige à adapter la programmation pour ne pas dépasser les quotas légaux de décibels auxquels ils sont exposés chaque semaine ! Quant au Concert Hall dans dans lequel nous avons eu la chance d’assister à une performance (Dvorak et Haendel), nous pouvons effectivement témoigner que l’acoustique n’est pas au top (la preuve, même des novices comme nous avons pu nous en rendre compte !). La complexité architecturale de la salle, combinée au changement d’architecte en cours de projet, ont manifestement eu raison de son acoustique. Des différents remèdes administrés au cours des années, la suspension de « nuages » en plexiglas au-dessus de la scène est certainement la plus spectaculaire, sinon la plus efficace : des tests étaient en cours au moment où nous assistions au concert, où l’intérieur des « nuages » avait été comblé pour accroître leur efficacité. Tests que la presse australienne, dans son vocabulaire aussi imagé que poétique, comparait à un « fourrage de beignets » (filling the doughnuts)… Ironiquement, les projets de rénovation en cours -notamment pour l’Opera Theatre- s’inspireraient directement des plans initiaux de Jørn Utzon -son fils est d’ailleurs associé au projet-, alors que l’architecte danois n’a jamais refoulé le sol australien suite à sa démission…

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Australie – Uluru : terre sacrée, roche de mystères

Posted in Nos créations, Voyage - Australie with tags , , , , , , , on 30 octobre 2009 by Placet

Le désert australien et la roche d'Uluru

Changement de décor aujourd’hui avec la découverte du désert australien, de la roche d’Uluru et du sentiment étrange d’être perdus au milieu de nulle part.

Isolée en plein coeur de l’Australie, à plus de 500km de la ville la plus proche (Alice Springs), la roche d’Uluru est pourtant une curiosité qui attire les touristes australiens et étrangers. Elle tient aussi une place à part dans la culture et spiritualité aborigènes, car elle représente pour eux un lieu sacré de culte et de cérémonies initiatiques. Uluru a une histoire mouvementée et représentative de la colonisation de l’Australie dans son ensemble.

En 1873, les colons se sont approprié la roche et l’ont baptisée alors du nom anglicisé d’Ayers Rock.  Au départ, ils ont installé sur le territoire des troupeaux, mais les réserves d’eau étant bien maigres dans le désert, l’accès à l’eau et donc les conditions de vie sont devenus de plus en plus difficiles pour les populations indigènes de la région, les Anangu (ou Pitjantjatjara). Coup de grâce quand en 1930 l’exploitation touristique du lieu a commençé. Pour les Anangu, la roche étant sacrée, elle est comme souillée lorsqu’elle est gravie hors d’un contexte spirituel, ce qui malheureusement n’est pas très bien compris et même accepté de la part de nombreux touristes…

Il a fallu attendre 1985 ppour que l’Etat australien rende enfin la propriété du lieu aux Aborigènes, ainsi que son nom d’origine : fini Ayers Rock et retour d’Uluru !  Mais  l’attrait financier reste encore trop fort, puisque même si les Anangu en sont les propriétaires officiels, on leur a imposé d’en concéder l’exploitation commerciale à une société publique pour 99 ans. Le résultat : un accord de polichinelle, puisque la pierre est toujours régulièrement souillée par les visiteurs et la manne financière tombe directement dans la poche de l’Etat… Et quelle manne : les touristes sont très nombreux et les prix des logements exorbitants (comptez plus de 70 euros pour une nuit sous une tente dans un camping de troisième zone…).

"Les colons et les aborigènes australiens", Anne Placet 2009, pastel à l'huile

Mais laissons là les considérations économiques et repartons à l’exploration de cette roche mystérieuse.

Elle jaillit à l’horizon dans toute sa couleur orangée, du haut de ses 350 mètres et avec une circonférence de 9,4 km. Point culminant et improbable sur une étendue désertique tout à fait plate par ailleurs. Ce contexte lui donne une présence irréelle, à tel point que j’ai cru tout d’abord, un peu naïvement, qu’il s’agissait d’une météorite qui se serait écrasée sur terre il y a des millions d’années. En creusant un peu, nous avons compris que sa génèse fut un peu moins poétique, mais tout aussi violente puisqu’il s’agit d’un ancienne zone volcanique. Cette roche, qui me donnait l’impression d’un éléphant couché, n’a donc rien d’extraterreste…

"Uluru graffiti style - l'éléphant couché", Anne Placet 2009, acrylique sur toile

Mais ces explications géologiques n’enlèvent rien au mystère. Les Anangu, eux, y ont vu un lieu mythique où la création du monde a pris place et expliquent par de nombreuses fables comment la pierre est née, ainsi que chaque irrégularité à sa surface. Tout cela est présenté dans le petit musée au pied de la roche, ainsi que beaucoup d’éléments sur le mode de vie traditionnel aborigène. Fascinant de voir comment ils se sont servis des ressources rares du désert pour créer un mode de vie plein de coutumes et de rites. Ce qui amène malheureusement à faire rapidement un constat bien plus sombre : leur culture est aujourd’hui en voie de disparition…

On trouve également dans le musée des témoignages d’anciens touristes repentants, qui n’ont pas résisté et sont partis avec dans leurs poches un peu de poussière de roche et des gravats. Ils expliquent comment en désobéissant aux lois Anangu, ils ont souffert des pires malheurs depuis leur retour (morts subites et maladies graves dans leurs familles) et renvoient les « objets » volés à leurs propriétaires, espérant ainsi chasser la terrible malédiction.

Pour notre part, nous avons trouvé la roche et le ciel du désert bien fascinants et sommes repartis sans gravas et poussières, mais avec des photos à l’atmosphère mystérieuse. A vous de juger de la magie du lieu :

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Lancement de la chronique australienne

Posted in Voyage - Australie with tags , , , , , , , on 29 octobre 2009 by Placet
Le légendaire kangourou

Le légendaire kangourou

Alors que nous avons quitté l’Australie il y a maintenant 2 semaines et rejoint Buenos Aires pour le début de notre exploration du continent sud américain, il est grand temps de vous faire partager nos impressions australiennes.

Nous allons donc ces prochains jours vous faire découvrir : Sydney et son opéra, le désert et la roche d’Uluru, Alice Springs et la triste rencontre avec les aborigènes, la côte Est avec ses îles de sable blanc et la barrière de corail.

Mais si nous nous en tenions juste à ces expériences touristiques, notre panorama de l’Australie serait bien loin d’être complet. Il y a (hélas) beaucoup plus que ces paysages paradisiaques…

Mais je ne vous en dit pas trop pour vous laisser le loisir d’en savoir davantage dans les jours à venir.

En voiture donc, pour cette chronique australienne !

PS : nous continuerons en parallèle de vous faire partager notre périple argentin en temps réel et quelques derniers souvenirs du Japon.

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