Archive for the Nos créations Category

"Un Tour du Monde, Deux Regards" – Le film !

Posted in Nos créations with tags , , on 27 octobre 2011 by Placet

Le voilà : le film de notre tour du monde d’un an. Nous avons eu la joie de le projeter en public fin septembre à l’Espace Simon Lefranc pour clôturer notre exposition.

Il met en scène de nouveau nos deux regards : noir & blanc avec les photos de David et couleur avec les films et les peintures d’Anne.

Si vous n’avez pas 30 minutes, visionnez les 6 dernières minutes, c’est l’apothéose avec le Brésil (répétitions du carnaval à Rio dans le Sambodromo et match à Maracana).

Vos commentaires sont les bienvenus.

L’exposition : "UN TOUR DU MONDE, DEUX REGARDS"

Posted in Art, Nos créations with tags , , on 5 septembre 2011 by Placet

12 mois à sillonner la planète, des milliers de photographies argentiques, une centaine de dessins et peintures, 150 articles sur notre blog…

Nous voulions de nouveau donner vie à ce fabuleux voyage et le partager avec vous. C’est chose faite !

Nous vous invitons à venir découvrir notre exposition conjointe "Un Tour du Monde, Deux Regards" du 1er au 30 septembre 2011 au Pôle Simon Lefranc, 9 rue Simon Lefranc dans le 4ème (métro L11 Rambuteau ou Hôtel de Ville).

L’exposition est ouverte du lundi au vendredi de 10h à 20h30 et le samedi de 10h à 16h30. Le samedi après-midi est le meilleur moment pour visiter tranquillement et prendre un bon café dans la cour intérieure au calme de l’agitation du Marais.

Nous serions ravis également de vous retrouver le 29 septembre à 20h30 pour notre soirée cocktail "Vernissage-Décrochage" durant laquelle nous projetterons le film court que nous avons réalisé.

Pour plus de détails sur le programme de la soirée, cliquez sur les images:

Synopsis de l’exposition :

« UN TOUR DU MONDE, DEUX REGARDS »

En 2009, Anne et David embarquent sac au dos pour un tour du monde d’un an. Objectif : vivre l’instant présent et partager « en direct » la réalité et le quotidien de nouvelles cultures, loin des écrans "déformants" des médias.

En plus d’un blog tenu à quatre mains (http://anneetdavid.wordpress.com/), Anne – par ses peintures et collages prélevés au gré de leur parcours – et David – muni d’un appareil argentique aussi âgé qu’infatigable – ont ramené un double témoignage « croisé » de cette aventure, qu’ils vous proposent de partager dans cette exposition.

De la Thaïlande au Japon, de l’Australie à la Patagonie et au Brésil, ils vous proposent de parcourir des univers très différents qui, malgré une mondialisation économique croissante, s’ignorent et gardent des spécificités culturelles très fortes. Portrait d’un monde contrasté, passionnant et en constant mouvement, parfois dur mais toujours plein d’énergie et d’espoir.

"Sur les murs de Buenos Aires" : suite de la série !

Posted in Nos créations, Voyage - Argentine with tags , on 15 décembre 2009 by Placet

Nouveau passage à Buenos Aires et nouvelle session de "prélévements" au hasard des rues de bribes d’affiches collées à la sauvette. Quel bonheur de retrouver la poésie des murs de la capitale et de la voir se reconstituer graduellement sur la toile, puis d’ajouter au pinceau une touche plus personnelle !

Rappel de mes impressions lors de notre premier passage :  http://anneetdavid.wordpress.com/2009/11/13/en-avant-premiere-nouvelle-serie-de-peintures-%c2%ab-sur-les-murs-de-buenos-aires-%c2%bb/

Ci-dessous, venez découvrir cette série en images et n’hésitez pas à me laisser vos remarques et impressions, elles me sont très utiles pour continuer !

"Esperanza", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Hommage au père du tango", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Portenos", collage et aquarelle sur papier, 40x30cm, ©Anne Placet 2009

"Evita", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Walter, hommage aux émigrés italiens", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Argentina", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Wall", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"31 de Octobre", collage et sur toile, 45x45cm, ©Anne Placet 2009

"Besoin d'aide ?", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

"Buenos Dias", collage et encre sur papier, 40x30cm, ©Anne Placet 2009

Et pour finir un petit pied de nez nombriliste :

"Heureux qui comme Ulysse a fait un long voyage", collage et acrylique sur toile, 50x70cm, ©Anne Placet 2009

© Anne and David Placet and http://anneetdavid.wordpress.com, 2009. Unauthorized use and duplication of this material (texts, pictures and videos) without express and written permission from this blog’s authors is strictly prohibited.

D’une pelouse à l’autre – en (quasi-) direct du Campo Argentino de Polo

Posted in Nos créations, Voyage - Argentine with tags , , , , , , , , , , on 9 décembre 2009 by Placet
NB : en avant-première dans cet article, j’ai enfin fait scanner -pour la première fois du voyage- quelques photos noir et blanc shootées en argentique. Petit échantillon et scan de qualité moyenne, mais c’est un premier aperçu ! Avec un peu de travail au retour, on prévoit une petite exposition et un livre de nos travaux respectifs – affaire à suivre !
 

Argentine Open

Deuxième séjour à Buenos Aires et nouvelle excursion pour assister à une épreuve sportive, cette fois-ci dans une ambiance radicalement différente : finis les cris, les chants et les insultes des stades de foot, place au glamour et à l’ambiance policée du polo. Par chance, notre retour dans la capitale argentine coïncidait en effet avec la phase finale du championnat de polo. A peine arrivés et avant que le temps ne se gâte, nous avons bondi sur l’occasion, sauté dans le métro et nous sommes rendus au stade de Palermo, dans les quartiers huppés du nord-ouest de la ville.

Campo Argentino de Polo

Avant même d’évoquer l’ambiance, qu’est-ce qui change par rapport au foot ? Quatre joueurs par équipe au lieu de onze, une toute petite balle contre une grosse, un terrain bien plus grand (forcément, ce sont les chevaux qui courent) et des parties découpées en séquences beaucoup plus courtes : huit séquences de sept minutes chacune (les chukkas ou chukkers) contre deux mi-temps de quarante-cinq au football (simple rappel pour nos lectrices). Pas facile à suivre -et encore moins à photographier- car on est le plus souvent très loin de la balle, mais la rapidité des chevaux et la maîtrise des joueurs sont impressionnantes.

Argentine Open - Campo Argentino de Polo

Campo Argentino de Polo

Au fait, d’où vient le polo ? S’il a souvent une image très britannique, le polo est en fait apparu pour la première fois en Perse, quelques siècles avant notre ère. D’abord jeu d’entraînement pour unités de cavalerie et bataille miniature pour tribus guerrières, il est devenu le sport préféré de la noblesse iranienne des deux sexes avant de s’étendre au Moyen Age à l’ensemble du continent asiatique. Le nom polo serait d’ailleurs dérivé du tibétain pulu, qui signifie « balle ». A la fin du 19è siècle, des soldats anglais qui pratiquaient le polo à Calcutta l’ont exporté vers l’Angleterre, qui s’est hâtée de codifier les règles sur la base desquelles elle a contribué à lui donner un rayonnement mondial. Sport olympique entre 1900 et 1939, le polo a ensuite vu sa popularité décliner (sport élitiste, mal adapté à la diffusion TV) au point de n’être plus pratiqué professionnellement que dans une quinzaine de pays. Il connaît toutefois un net regain de popularité depuis quelques années, notamment en Asie du sud-est.

Argentine Open

Argentine Open - Campo Argentino de Polo

Aucun souci d’assiduité en Argentine, le pays domine le polo au niveau mondial, organise les trois principaux tournois et continue à former les meilleurs joueurs ! Le 116è Argentine Open s’annonce donc très relevé, les huit équipes participantes ont un classement d’au moins 31 et jusqu’à 40 (le maximum possible) pour les meilleures. Et dès le premier match, nous sommes impressionnés par la qualité du spectacle : les joueurs n’hésitent pas à écarter le jeu et à imposer à leurs chevaux courses folles et changements de direction brutaux, et les contacts ne sont pas rares. Le jeu est très construit, chaque joueur à son rôle (organisateur, attaquant, défenseur) et des buts très rapides succèdent à des phases de jeu beaucoup plus longues où aucune équipe ne parvient à faire la différence. Les chevaux sont constamment sollicités et les joueurs changent fréquemment de monture, parfois en cours de jeu.

Argentine Open - préparation des chevaux

Nous avons d’ailleurs passé de longs moments à l’écart du terrain à observer l’équipe qui prépare les chevaux, les harnache et les soigne ou réajuste leurs fers lorsqu’ils reviennent se reposer, ruisselants, après de longues courses échevelées. Moments pleins de calme et de sérénité où les jeunes assistants comme le maréchal-ferrant arrivent à créer une relation de confiance avec des chevaux parfois nerveux afin que ceux-ci, une fois en piste, obéissent parfaitement aux commandes des joueurs. Une gamme de montures performantes est d’ailleurs essentielle à la compétitivité d’une équipe, et nous avons été surpris de voir que chaque joueur participant au tournoi utilisait plus d’une dizaine de chevaux, dont les caractéristiques et l’ascendance sont soigneusement détaillées dans la brochure de présentation des équipes. Une industrie significative et certainement lucrative de la reproduction et de l’élevage s’est d’ailleurs développée autour du polo et certaines des équipes se financent en partie de cette façon.

Campo Argentino de Polo

Argentine Open

Spectacle unique en tout cas et complètement nouveau pour nous, avec même un peu de suspens dans le dernier match auquel nous avons assisté et qui a vu la victoire des outsiders Indios Chapaleufú sur Ellerstina, le favori du tournoi qui n’avait plus été battu depuis douze matches en tournois officiel. Score final de 14 à 13, 13 buts marqués par Ellerstina contre 8 à Chapaleufú mais le handicap de 6 points avec lequel Ellerstina débutait la partie (handicap d’équipe de 40 contre 34) lui a été fatal… Scènes d’après match détendues et chaleureuses dans le stand des vainqueurs, avec des enfants courant dans tous les sens alors que conjoints et amis viennent féliciter les joueurs couverts de poussière. Ambiance plutôt familiale, renforcée par le fait que les meilleures équipes sont constituées en partie (voire en totalité pour une des équipes inscrites) de joueurs de la même famille. Un sport décidément à part !

Argentine Open - ambiance des gradins

Argentine Open - public

Un petit bémol pour terminer sur l’ambiance : à notre première visite notamment, l’atmosphère était plus proche d’une garden party que d’une épreuve sportive et on en aurait presque oublié d’aller voir le jeu tant le spectacle était cocasse sur l’allée centrale et dans les stands des sponsors. Le stade ressemblait alors à une concession Mercedes et le public, digne du festival de Cannes, semblait plus soucieux de networker ou de s’afficher (bizarrement, beaucoup de femmes très jeunes et tentant d’être jolies et de monsieurs plus âgés et très fiers) que de profiter du spectacle sur le terrain. On se serait cru en deuxième semaine de Roland-Garros – bof bof. Même si une bonne dose de « réseautage » est indissociable de ce type d’événements, on était assez contents à notre second passage, un jour de semaine, de retrouver un public plus passionné et des gradins enfin animés. On reste loin de l’ambiance footeuse du superclasico, mais on s’éloigne un peu de Gala et Paris Match !

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En avant première, nouvelle série de peintures : « Sur les murs de Buenos Aires »

Posted in Nos créations, Voyage - Argentine with tags , , on 13 novembre 2009 by Placet

Buenos Aires est pleine de vie et de couleurs et a le charme fané des vieilles villes d’Europe. L’architecture y est pour beaucoup, puisque sur quelques dizaines de mètres on croise des maisons de style hispanique, Hausmanien, Bauhaus ou encore art nouveau.

Le graphisme des murs joue un rôle important également. De nombreuses affiches placardées à la sauvette se superposent en de multiples épaisseurs. Leurs surfaces sont texturées, pleines de lambeaux déchirés et leurs couleurs souvent vives. Leurs messages forts s’étalent au rythme de grosses lettres noires qui s’enchaînent joyeusement et anarchiquement.

Ces affiches sont précieuses : elles sont les messages d’une ville, la voix de sa population. Les Argentins ont beaucoup souffert ces 50 dernières années, passant à travers une succession de dictature et désastres économiques… Un passé bien lourd à assumer, mais pourtant on sent au sein de la population une force vive qui résiste et proteste, comme les mères et grands-mères de la Plaza de Mayo qui se réunissent tous les jeudis après-midi en souvenir de tous leurs enfants « disparus » pendant la « Sale Guerre » sous la dictature de 1976 à 1983… Ces cris de révolte, ainsi que l’histoire et les passions de ses habitants, sont visibles sur les murs de Buenos Aires : une sorte de carte d’identité à grande échelle de la ville.

Ainsi j’ai croisé Carlos Gardel le père du tango, Juan et Evita Peron, de nombreux messages politiques, des symboles nationaux comme le soleil argentin et aussi des couleurs et des formes nées par hasard de la superposition et de l’arrachage sauvage. Beauté visuelle que j’ai recueillie et dont je me suis inspirée pour créer ma série à base de mixed média (peinture acrylique et collages).

Voyager contraint à travailler sur des supports de petite dimension, mais dans un élan d’enthousiasme j’ai osé voir grand en achetant des toiles de 50 x 70 cm, plutôt que l’épais papier Canson A3qui m’accompagne habituellement. Les trajets sac au dos ne cesse de me rappeler à quel point mon idée a un poids :-)

Venez découvrir un extrait de cette série en image (les toiles seront montées sur un cadre en bois à leur retour). N’hésitez pas à me faire partager vos impressions !

HOMMAGE A CARLOS GARDEL, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009
HOMMAGE A CARLOS GARDEL, acrylique et collage sur toile, 50×70 cm, ©Anne Placet 2009
WALLS, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

WALLS, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

ARGENTINA, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

ARGENTINA, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

EVITA, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

EVITA, acrylique et collage sur toile, 50x70 cm, ©Anne Placet 2009

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Australie – Uluru : terre sacrée, roche de mystères

Posted in Nos créations, Voyage - Australie with tags , , , , , , , on 30 octobre 2009 by Placet

Le désert australien et la roche d'Uluru

Changement de décor aujourd’hui avec la découverte du désert australien, de la roche d’Uluru et du sentiment étrange d’être perdus au milieu de nulle part.

Isolée en plein coeur de l’Australie, à plus de 500km de la ville la plus proche (Alice Springs), la roche d’Uluru est pourtant une curiosité qui attire les touristes australiens et étrangers. Elle tient aussi une place à part dans la culture et spiritualité aborigènes, car elle représente pour eux un lieu sacré de culte et de cérémonies initiatiques. Uluru a une histoire mouvementée et représentative de la colonisation de l’Australie dans son ensemble.

En 1873, les colons se sont approprié la roche et l’ont baptisée alors du nom anglicisé d’Ayers Rock.  Au départ, ils ont installé sur le territoire des troupeaux, mais les réserves d’eau étant bien maigres dans le désert, l’accès à l’eau et donc les conditions de vie sont devenus de plus en plus difficiles pour les populations indigènes de la région, les Anangu (ou Pitjantjatjara). Coup de grâce quand en 1930 l’exploitation touristique du lieu a commençé. Pour les Anangu, la roche étant sacrée, elle est comme souillée lorsqu’elle est gravie hors d’un contexte spirituel, ce qui malheureusement n’est pas très bien compris et même accepté de la part de nombreux touristes…

Il a fallu attendre 1985 ppour que l’Etat australien rende enfin la propriété du lieu aux Aborigènes, ainsi que son nom d’origine : fini Ayers Rock et retour d’Uluru !  Mais  l’attrait financier reste encore trop fort, puisque même si les Anangu en sont les propriétaires officiels, on leur a imposé d’en concéder l’exploitation commerciale à une société publique pour 99 ans. Le résultat : un accord de polichinelle, puisque la pierre est toujours régulièrement souillée par les visiteurs et la manne financière tombe directement dans la poche de l’Etat… Et quelle manne : les touristes sont très nombreux et les prix des logements exorbitants (comptez plus de 70 euros pour une nuit sous une tente dans un camping de troisième zone…).

"Les colons et les aborigènes australiens", Anne Placet 2009, pastel à l'huile

Mais laissons là les considérations économiques et repartons à l’exploration de cette roche mystérieuse.

Elle jaillit à l’horizon dans toute sa couleur orangée, du haut de ses 350 mètres et avec une circonférence de 9,4 km. Point culminant et improbable sur une étendue désertique tout à fait plate par ailleurs. Ce contexte lui donne une présence irréelle, à tel point que j’ai cru tout d’abord, un peu naïvement, qu’il s’agissait d’une météorite qui se serait écrasée sur terre il y a des millions d’années. En creusant un peu, nous avons compris que sa génèse fut un peu moins poétique, mais tout aussi violente puisqu’il s’agit d’un ancienne zone volcanique. Cette roche, qui me donnait l’impression d’un éléphant couché, n’a donc rien d’extraterreste…

"Uluru graffiti style - l'éléphant couché", Anne Placet 2009, acrylique sur toile

Mais ces explications géologiques n’enlèvent rien au mystère. Les Anangu, eux, y ont vu un lieu mythique où la création du monde a pris place et expliquent par de nombreuses fables comment la pierre est née, ainsi que chaque irrégularité à sa surface. Tout cela est présenté dans le petit musée au pied de la roche, ainsi que beaucoup d’éléments sur le mode de vie traditionnel aborigène. Fascinant de voir comment ils se sont servis des ressources rares du désert pour créer un mode de vie plein de coutumes et de rites. Ce qui amène malheureusement à faire rapidement un constat bien plus sombre : leur culture est aujourd’hui en voie de disparition…

On trouve également dans le musée des témoignages d’anciens touristes repentants, qui n’ont pas résisté et sont partis avec dans leurs poches un peu de poussière de roche et des gravats. Ils expliquent comment en désobéissant aux lois Anangu, ils ont souffert des pires malheurs depuis leur retour (morts subites et maladies graves dans leurs familles) et renvoient les "objets" volés à leurs propriétaires, espérant ainsi chasser la terrible malédiction.

Pour notre part, nous avons trouvé la roche et le ciel du désert bien fascinants et sommes repartis sans gravas et poussières, mais avec des photos à l’atmosphère mystérieuse. A vous de juger de la magie du lieu :

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Japon – Dimanche après-midi à Yoyogi Park, Tokyo

Posted in Nos créations, Voyage - Japon with tags , , , , , , on 28 octobre 2009 by Placet
Magicien à Yoyogi Park, Tokyo - pastel à l'huile

Magicien à Yoyogi Park, Tokyo - pastel à l'huile

Yoyogi Park est un des plus grands parcs de Tokyo, un vrai poumon de verdure dans une métropole de près de 13 millions d’habitants où le ciment domine le paysage urbain. On nous avait dit qu’une promenade un dimanche après-midi était un incontournable pour qui veut mieux comprendre cette ville. On ne nous avait pas menti…

Tout Tokyo semble s’y donner rendez-vous. Le site abrite le vieux stade des Jeux Olympiques de 1964 et était il y a quelques décennies le lieu de rassemblement des blousons noirs qui venaient danser le rock. Leur rassemblement pouvait donner lieu à des batailles entre gangs assez violentes. Lors de notre promenade, nous y avons trouvé une atmosphère gaie et sereine.

Des groupes de danseurs sont assemblés en demi-cercle, la stéréo à fond lance des vieux tubes des années 60, où une place de choix est réservée au King bien sûr. Un ou deux danseurs s’agitent pleins de conviction au milieu du cercle et les autres, patiemment, tapent dans leurs mains en rythme. Tous sont concentrés. Leur attitude est extrêment typique de la culture japonaise : jamais on ne manifeste bruyamment son adhésion. On adhère certes, mais en silence et avec force. On s’implique, on rentre dans le "rôle de" et on doit le tenir avec excellence.  Quand on regarde ces scènes avec des yeux de latin judéo-chrétien, on peut trouver leur impassibilité parfois assez déroutante, voire l’intepréter comme un manque de conviction. Ce serait une erreur ! Ils sont réellement engagés dans leur rôle, y mettent énormément d’efforts, s’en font un devoir…

Autre rencontre étonnante, celle avec  les Cosplay Zoku ou Manga Girls. Vous en avez certainement entendu parler. Ce sont ces adolescentes qui  s’habillent à la mode gothique ou bien comme leurs personnages de manga préferés. Elles passent la journée du dimanche dans ce parc, toutes assemblées sur quelques métres carrés et semblent venir discuter entre elles de leurs tenues. Nous avons été saisis d’un malaise à la vue de ces personnages quasi surnaturels, aux fausses cicatrices dessinées sur le visage et dans le cou et aux lentilles de contact rouge sang. Un mélange déconcertant de tenues suggestives et de signes de l’enfance, comme les peluches qui les ont accompagnées jusque là attachées sur leurs sacs de voyage . Elles sont toute entière dans l’ambiguité : érotiques et puériles, exhibitionnistes et pudiques (refusant opiniâtrement d’être prises en photo).

C’est là le signe d’une société bien étrange où les dessins animés de manga présentant des écolières en uniforme nourrissent l’industrie des films érotiques. Un besoin certain de s’évader d’un monde et d’une culture où la notion de devoir, évoquée auparavant, est si forte qu’elle finit par broyer l’individu et ne lui laisser d’autre marge de liberté que de vivre une vie parallèle dans un monde créé de toute pièce. Un constat un peu triste…

Cosplay Zoku (Manga Girls) - Yoyogi Park Tokyo
Cosplay Zoku (Manga Girls) – Yoyogi Park Tokyo

Pour voir plus de photos, cliquez sur le lien :

http://www.flickr.com/photos/36264623@N08/sets/72157622142191865/detail/

Notre dernière découverte du jour était tout en fanfare. Du haut d’un pont nous avons entendu une musique latino retentir et avons progressivement vu apparaître une foule s’agitant en rythme. La musique était bien d’un tout autre genre que celle des rockers crooners du début de promenade, car cette fois-ci il s’agissait d’un festival brésilien tout en exubérance et haut en couleur , comme un prémice à la suite de notre voyage…

Nouvelle session de dessin : "Un Tango vers l’Abstraction"

Posted in Nos créations, Voyage - Argentine with tags , , , , on 23 octobre 2009 by Placet

Le tango m’a fascinée et m’a donné envie de me lancer dans une nouvelle  série de dessins au pastel. Si la découverte vous tente, suivez-moi :

Un dimanche soir, Plaza Dorrego à Buenos Aires, la fin d’une chaude journée. Des guirlandes d’ampoules colorées s’allument dans la nuit. Un haut-parleur se met soudain en marche et lance une vieille chanson de Carlos Gardel à la foule de passants qui s’assemblent en cercle.

Lui, le latino des clichés, l’oeil noir et rieur, un air assumé de mauvais garçon, les cheveux attachés en grande tresse pudiquement cachée dans la chemise, l’incontournable costume rayé s’avance langoureusement vers Elle.

Elle, beauté du sud, pleine d’une assurance faite d’un mélange de malice et d’immense sensualité. Femme fatale, mais accessible, à la robe rouge et aux chaussures haut perchées.

Ils entament doucement leur danse et les détails des corps et des tenues sont encore visibles. Les pas s’enchaînent dans un rythme lent, les gestes sont décomposés.

Un Tango vers l'Abstraction, N°1, pastel sec

Un Tango vers l'Abstraction, N°1, pastel sec

Puis, le mouvement s’accélère et prend le pas sur le détail des corps.
Un Tango vers l'Abstraction, N°2, pastel sec

Un Tango vers l'Abstraction, N°2, pastel sec

Et sur les rétines, il ne reste finalement que la fusion des couleurs éclatantes.

Un Tango vers l'Abstraction, N°3, pastel sec

Un Tango vers l'Abstraction, N°3, pastel sec

Pour notre 100è article, un peu de théâtre japonais

Posted in Nos créations, Voyage - Japon with tags , , , , , , , , on 9 octobre 2009 by Placet

Voilà maintenant sept mois que nous sommes partis et avons commencé ce blog. N’ayant au départ d’autre ambition que de maintenir le contact avec famille et amis, nous nous sommes pris au jeu et, sept mois et 100 articles plus loin, nous sommes devenus accros !

Pour ce centième article, partons à la découverte du Kabuki, déclinaison épique du théâtre japonais, que nous avons découvert lors d’une représentation au théâtre Kabuki-za de Tokyo.  Un peu d’histoire, et quelques DESSINS en fin d’article !

Le mot kabuki (歌舞伎) est composé de 3 idéogrammes signifiant respectivement chant (), danse () et habileté technique () et peut être traduit comme "l’art de chanter et danser". Né en 1603 à Kyoto, le kabuki a connu de nombreuses mutations durant son premier siècle d’existence. Il fut officiellement créé lorsqu’une danseuse, Okuni, assembla une troupe d’acteurs spécialisés dans des pièces mêlant chants et danses sans intrigue particulière, mais dans un style flamboyant et coloré rapidement dénoncé comme cacophonique et scandaleux. Repris ensuite par des prostituées qui donnèrent aux danses un caractère nettement suggestif, le kabuki « féminin » fut rapidement interdit, laissant progressivement la place aux troupes exclusivement constituées d’hommes (yarō kabuki).

A partir de 1650, la préférence affichée du shogunat alors au pouvoir pour les formes de théâtre plus traditionnelles du kyogen et du entraîne un repositionnement radical du yarō kabuki vers une mise en scène sophistiquée et un jeu très stylisé. Deux styles se détachent rapidement, le style « souple » (wagoto au jeu réaliste et aux intrigues romantiques, très prisé à Kyoto) et le style « rude » (aragoto au jeu outré sur les thèmes de la guerre et de l’héroïsme, en vogue dans la plus remuante Edo). 

Le kabuki se formalise ensuite sous l’ère Genroku (1673-1735), durant laquelle il se développe parallèlement au bunraku (théâtre de marionnettes). C’est alors que sont formalisés deux éléments désormais emblématiques du théâtre de kabuki : le mie (suspension du mouvement de l’acteur marquant un moment clé de l’intrigue) et le keshō (maquillage à base de poudre de riz qui indique sans ambiguïté le type de personnage représenté). Le visage très pâle des acteurs leur donne naturellement une expression dramatique amplifiée par les lignes de couleur qui servent également à indiquer la nature du personnage (rouge pour les héros, bleu pour les caractères négatifs, vert pour les êtres surnaturels et violet pour les personnages nobles par exemple).

Tout comme ses « cousins » nô, kyogen et bunraku, le théâtre de kabuki a connu des fortunes diverses au cours des deux derniers siècles. Ayant élargi son répertoire vers une gamme plus large de sujets et adopté des mises en scènes spectaculaires, il bénéficie aujourd’hui d’un vif regain d’intérêt auprès du public. Comme dans le même temps les structures se sont réduites (nombreux théâtres détruits, moins d’une centaine d’acteurs professionnels), il est parfois difficile d’obtenir des billets, notamment pour les pièces les plus longues qui peuvent durer jusqu’à quatre heures.

Nous nous sommes donc contentés d’une pièce courte (1h30 environ), qui nous a largement permis d’observer un monde bien à part. Les costumes traditionnels japonais sont absolument magnifiques. Les jeux de scène surprennent par leur lenteur, ils se développent à la fois dans la durée et dans l’espace. Les acteurs aux maquillage fascinant, mi-homme, mi-femme, miment à l’aide de gestes extrêmement appliqués et mesurés aussi bien des scènes de combat que des échanges amoureux. Le tout assorti de chants et musiques aux sonorités étranges, qui peuvent sembler plutôt dissonants pour une oreille occidentale !

Enfin, le public est réellement passionné et on sent l’émotion qui saisit les habitués, souvent des femmes d’ailleurs. Il n’est pas rare de voir les plus passionnés rester du matin au soir (soit 6 à 7 heures de représentation) et les amateurs les plus avertis font, de leur siège au dernier rang, le lien entre le public et la scène grâce au kakegoe : au moment du mie (cf. ci-dessus), les spécialistes crient le nom de l’école à laquelle appartient l’acteur (yagō) pour exprimer leur satisfaction et attirer l’attention des néophytes sur une scène particulièrement réussie. Cette pratique, qui obéit à des codes très stricts, est réservés à un petit groupe d’amateurs -essentiellement des hommes âgés- qui hante régulièrement les coulisses du Kabuki-za ; honte à qui crierait le yagō au mauvais moment !

Si les jeux de scène et les changements de costume en pleine action (avec l’aide d’assistants vêtus de noir) sont particulièrement impressionnants, c’est aussi l’esthétisme du kabuki qui m’a marquée et inspiré une série de dessins à l’encre de Chine et collages. J’ai notamment tenté de capturer le thème de l’androgynie personnifié par les onnagata, acteurs masculins spécialisés dans les rôles féminins. J’ai ajouté également deux portraits inspirés cette fois-ci du théâtre nô dans lequel les acteurs revêtent de superbes masques très expressifs.

 

Hiroshima

Posted in Nos créations, Voyage - Japon with tags , , , , on 3 octobre 2009 by Placet

Le 6 août 1945 à 9h15, un avion B-29 lâche une bombe atomique appelée "Little Boy" au-dessus d’Hiroshima, la 7ème ville la plus peuplée du Japon. En quelques minutes la moitié de la ville a disparu, plus de 70 000 personnes sont mortes ou disparues, 140 000 blessés et plus d’une centaine de milliers de personnes ont  reçu une dose de radiations qui les affectera dans leur chair à vie.

Les destructions furent massives dans un rayon de 4,5 kilomètres, une pluie noire  radioactive s’est abattue au-dessus de la ville, aussi mortelle que la poussière radiaoctive elle-même. Les survivants sont comme brûlés, assoiffés ils tentent de boire cette eau empoisonnée tombant du ciel…

Une vision d’horreur, une véritable apocalypse. 

Sujet extrêmement polémique. 

Les pro-Américains soutiennent que c’était là le seul moyen de faire capituler un Japon  que rien ne semblait pouvoir arrêter.

Les pro-Japonais expliquent que les Etats-Unis devaient justifier des investissements gigantesques dans le développement de la bombe atomique et qu’ils ont bombardé sans prévenir une population civile. 

D’autres enfin soupçonnent les américains d’avoir bombardé le Japon pour obtenir le crédit de la capitulation japonaise avant que l’URSS, liée jusque-là au Japon par un pacte d’anti-agression, ne décide à son tour d’entrer en guerre.

Peu importe le motif, rien ne pourra jamais justifier un tel massacre.

Ce qui m’a marquée, c’est qu’au fond de l’horreur, il y a toujours de l’espoir. Aujourd’hui la ville, en dehors de la zone consacrée au mémorial, est tout à fait gaie, il n’y a aucune différence avec une autre ville japonaise et la population est même très encline à la fête le samedi soir… Juste après l’explosion de la bombe, nombreux furent ceux qui ont dit que l’herbe mettrait 75 ans à repousser. Moins de 6 mois après, les premiers bourgeons sortaient du sol. Une belle image, qui montre que la force de Vie est plus forte que tout. Voici une série de dessins que j’ai construits sur ce thème.

Hiroshima série n°1

Série Hiroshima n°2

Hiroshima Série n°3

 

64 ans plus tard, les leçons n’ont pas été tirées du drame et malheureusement le débat sur l’arme nucléaire est très loin d’être tranché.

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus :

vous trouverez ci-dessous un lien vers le journal du Dr Michihiko Hachiya, témoignage bouleversant d’une victime de l’explosion atomique

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/temoig_dr_hachiya.htm

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